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Panthères du Gabon : Patrice Neveu,  l’homme de la situation ?

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Le jeudi 23 mai dernier, à l’issue d’une rencontre, au palais des Sports, entre le ministre des Sports, Alain-Claude BILIE-BY-NZE, et la Fédération Gabonaise de Football, représenté par son président, Pierre-Alain MOUNGUENGUI, le technicien français Patrice NEVEU a été officiellement annoncé comme nouveau sélectionneur de l’équipe nationale A de football, avec pour mission première, de qualifier les Panthères pour la Coupe d’Afrique des Nations (CAN) 2021, prévue au Cameroun voisin.

Pour une période de deux (2) ans, renouvelable en cas de résultats satisfaisants, à l’âge de soixante-cinq (65) ans, l’ancien joueur d’Angoulême-Soyaux Charente (national 3 française) prend la tête d’une sélection qui occupe le 90ème rang mondial au classement FIFA, en remplacement de Daniel COUSIN, n’ayant pu qualifier le Gabon pour la CAN égyptienne, qui débute ce juin. Une non-qualification ressentie comme une véritable humiliation pour le pays. « C’est une sélection qui a un gros potentiel et je dois montrer que je suis capable de lui donner une nouvelle impulsion », a déclaré l’ancien sélectionneur des Grenadiers d’Haïti. Son palmarès demeure, à ce jour, vierge ; ce qui fait dire à certains qu’il n’est pas très différent de l’ancien capitaine et buteur gabonais, en ce sens qu’il doit, lui aussi, faire ses preuves. La FEGAFOOT a également nommé Raphaël Nzamba Nzamba au poste de Directeur Technique National (DTN).

S’il est inconnu du public sportif gabonais, Patrice NEVEU est, cependant, entraîneur depuis trente (30) ans. Homme de défis, il a laissé de bons souvenirs, dans l’ensemble, partout où il est passé ; que ce soit en Guinée, où il est nommé à la tête du Syli National, de 2004 à 2007, qu’il qualifie pour la CAN 2006 en Egypte – c’était la grande époque des Pascal Feideinou, Fodé Mansare, Kaba Diawara ou Ismaël Bangoura – au cours de laquelle la sélection s’incline en quarts de finale face au Sénégal, après un 1er tour où elle est sortie invaincue et en tête de son groupe face à l’Afrique du Sud, la Zambie et la Tunisie, championne d’Afrique en titre à ce moment-là. En outre, il mène le Syli de Guinée de la 92ème à la 22ème place du classement mondial FIFA ; en Haïti, il prend les rênes de la sélection le 22 décembre 2015 et offre une première qualification à la Copa America Centenario, en battant Trinité-et-Tobago en match de barrage, sur le plus petit score (1 but à 0). Mais c’est surtout sa performance en Mauritanie qui reste l’une des plus marquantes de sa carrière, si ce n’est la plus marquante, d’autant plus que le Gabon, actuellement, se trouve dans une situation similaire, au moment de l’arrivée du technicien français. En effet, nommé à la tête de la sélection mauritanienne en janvier 2012, NEVEU veut remettre de l’ordre et réorganiser le football du pays, ce qui lui vaut des critiques. S’attelant à remettre sur pied une équipe qui est tombée au 206ème rang mondial et suspendue de toute compétition continentale, il est rapidement reconnu pour son travail. Il s’appuie sur des joueurs évoluant aussi bien sur le continent noir, le vieux continent et au niveau local. Ses efforts seront fructueux lorsqu’à l’ultime journée des qualifications pour le Championnat d’Afrique des Nations (CHAN) 2014, prévu en Afrique du Sud, grâce à une victoire (2 buts à 0) face au Sénégal, La Mauritanie décroche une qualification historique à un tournoi continental. En trente (30) mois de fonction, le natif de Pré-Saint-Evroult fait gagner soixante-treize (73) places à la Mauritanie au Classement FIFA (de la 206ème à la 133ème), soit la 7ème progression des 54 pays affiliés à la Confédération Africaine de Football (CAF).

Apparaissant comme un homme de caractère et de devoir, notamment lorsqu’il était joueur – ce qui lui a valu de porter souvent le brassard de capitaine -, l’on ne peut que supposer qu’il pourra faire face à certaines situations souvent décriées dans la « tanière » comme les cas d’indiscipline. « J’ai besoin de toutes les énergies autour de moi », avance Patrice Neveu qui compte sur Pierre Emerick AUBAMEYANG (PEA) pour les prochaines campagnes ; « J’espère le rencontrer au plus vite ainsi que d’autres cadres pour les écouter », poursuit-il, lui qui devra passer beaucoup de temps au Gabon, comme l’indique son contrat. Pour ce qui est des influences extérieures, on se rappelle que l’ancien entraîneur du club d’Horoya AC (D1 guinéenne) n’avait pas hésité à quitter son poste 2 jours après avoir qualifié ledit club pour les quarts de finale de la ligue des champions africaine – sans raison officielle, mais officieusement, on parle de relation conflictuelle avec le président du club, l’homme d’affaires guinéen Mamadou Antonio SOUARE -. Sur ce plan, il est aisé de penser qu’il n’acceptera pas que l’on interfère dans son travail et préfèrera démissionner.

En définitive, le profil de Patrice Neveu semble tout à fait correspondre à ce qu’il faut pour reconstruire la sélection. Cependant, comme dit le proverbe, « C’est au pied du mur qu’on juge le maçon ». Il devra convaincre, comme Alain GIRESSE avant lui, qui fit du Gabon, avant la CAN 2010 en Angola, la 3ème équipe africaine et la 40ème mondiale, ex-æquo avec le Mexique.

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