Accueil Sport Le sport au Gabon : A quand la fin de l’improvisation ?

Le sport au Gabon : A quand la fin de l’improvisation ?

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A quand la fin de l'improvisation dans le sport/©DR

Le 02 mai dernier, le ministre de la Jeunesse et des Sports, Alain Claude Billie –Bi- Nze, a convié les joueuses de la sélection nationale féminine de basketball et les responsables de la Fédération Gabonaise de Basketball (FEGABAB) à une réunion de concertation, mais les unes et les autres, visiblement très en colère, ont décliné l’invitation au Palais des Sports. En cause, la décision du ministère de tutelle de ne pas envoyer l’équipe nationale féminine prendre part aux éliminatoires de l’Afro basket au Cameroun et aux jeux africains devant se tenir au Maroc cette année. En lieu et place de cette réunion, ce fut une déclaration devant la presse animée par le secrétaire général du ministère des sports, Frédéric Ndounda.

Selon ses propos, cette mesure a été motivée par le fait de « l’inexistence d’un championnat national féminin, depuis plus de trois (3) ans, de la mise en regroupement de l’équipe, sans communiquer sur les conditions de ce regroupement et la constitution de la sélection nationale sans, l’accord préalable du ministère »  D’après le secrétaire général, cette décision traduit « la volonté du gouvernement de s’assurer, désormais des participations honorables des sélections nationales du Gabon sur la scène continentale, afin de rompre avec l’improvisation, les approximations et la récurrence des défaites qui n’honorent guère le pays ».

Improvisation !!! Le mot est lâché. Dans un premier temps, cette mesure n’est pas dénuée de sens et apparaît même tout à fait logique. Cependant, par ricochet, elle soulève les sempiternelles questions liées à la préparation des sélections sportives nationales : certes, il faut éviter qu’elles fassent piètre figure sur la scène continentale et, pourquoi pas un jour, internationale, mais que fait-on, au préalable, pour obtenir de bons résultats ?

Comme dit le proverbe, « les mêmes causes produisent les mêmes effets ». Ce n’est pas la première fois que l’improvisation est utilisée pour justifier le fait que le Gabon ne participe pas à une compétition sportive continentale. Pour rappel, en 2017, le gouvernement de l’époque avait invalidé la participation des Panthères A’ au Championnat d’Afrique des Nations (CHAN) « Kenya 2018 ». A ce moment, la ministre des Sports, le Docteur Nicole ASSELE, avait soutenu « qu’en dépit d’énormes moyens investis par l’Etat au bénéfice du sport et du football en particulier, les résultats demeurent largement insuffisants (…) aussi, le ministère en charge des Sports, principal régulateur de la pratique sportive au Gabon, veille-t-il désormais à ce que la participation des sélections nationales gabonaises n’obéisse plus jamais à la philosophie du Baron de Coubertin où l’essentiel est de participer ».  Le Docteur ASSELE mettait déjà l’accent sur l’impréparation des Panthères du Gabon, toute discipline confondue. Depuis lors, pourquoi le mal persiste-t-il ? Comment se fait-il que des enseignements n’aient pas été tirés de toutes ces déconvenues ? Pour preuve, la sélection féminine de football, qui s’est brillamment qualifiée pour le second tour des éliminatoires des jeux olympiques Tokyo 2020, a perdu son premier match face son homologue congolaise, entres autres raisons, parce que certaines de ses « pièces maîtresses » avaient un problème de passeport – encore un autre récurrent-,  obligeant le staff à aligner des joueuses de catégories inférieures.

C’est bien de vouloir éviter au pays d’être ridicule à l’international, mais bien agir en amont est encore mieux, notamment en mettant en place une réelle politique sportive, avec des championnats qui débutent et vont à leur terme et, ce dans toutes les disciplines. D’autant plus que cette non-participation entraînera surement des pénalités à payer.

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