La CAF n’a pas de cœur

La CAF n’a pas de cœur

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On ne le dira jamais assez, certains organismes, à l’instar de la Confédération africaine de football, ne sont pas moins complices de la mal gouvernance, financières et économiques des pays africains. Surtout les pays où règnent les  présidents qui cherchent à tout prix la légitimité qui leur manque cruellement.  C’est ainsi que la fameuse CAF, n’a d’yeux que sur l’organisation d’une Coupe d’Afrique des Nations, peu importe si le pays d’accueil manque du strict minimum : les écoles, les collèges, lycées et universités ; les dispensaires, les centres médicaux et hôpitaux dignes de ce nom où les routes praticables en toutes saisons. Pour la CAF, l’essentiel est d’organiser sa CAN même si le pays qui l’accueille peut sombrer financièrement, une fois les lampions de la célébration s’éteignent.

L’organisation de la 31e édition de la CAN qui prend fin cette fin de semaine au Gabon en est la parfaite illustration. Voilà un pays qui  traverse une crise sociale sans précédent, avec plusieurs administrations publiques en grève, pour des raisons de mauvaises conditions de travail ; un pays où le secteur névralgique de l’éduction est bloqué, mais qui organise une coupe d’Afrique des nations dont le coût (plus de 450 milliards de nos francs) aurait pu résoudre plusieurs problèmes. Surtout que le Gabon, il y a cinq ans a co-organisé l’édition de 2012, avec la République sœur de la Guinée Equatoriale. Autrement dit, si les dirigeants de la CAF étaient peu critiques, ils  auraient dû remettre l’organisation de la compétition à un pays qui compte des infrastructures inhérentes à l’organisation d’une telle manifestation. Elle aurait pu échoir à l’Algérie, qui avait déjà organisé cette compétition en 1990, et donc mieux lotie que le Gabon en termes d’infrastructures, qui était d’ailleurs dans la course. Mais bien malin celui qui peut objectivement donner les raisons qui ont milité pour l’attribution de cette 31e édition de la CAN au Gabon, dont l’organisation est, c’est un euphémisme, tirée par les cheveux, au regard de l’état  des stades d’Oyem et de Port Gentil inachevés et de l’aéroport d’Oyem qui ne répond pas aux normes requises. Il a fallu faire recours à l’aéroport international de Mongomo, en Guinée Equatoriale pour combler le vide. Un comble !

Un rafistolage qui confirme que le Gabon n’était pas prêt. Honte donc à la CAF d’avoir montré ses limites dans sa manière politicienne d’attribuer les compétitions.

Dans une interview accordée à un confrère Français, l’icone du football africain Joseph Antoine Bell, ne croyait pas si bien dire. Selon lui : « Quand  vous arrivez dans une ville, le plus bel édifice  est le stade, c’est le plus  couteux ». Le cas d’Oyem. Il poursuit : « On n’a pas de crèche, mais on a des stades ». Comme pour dire que les priorités de la CAF et les dirigeants des pays concernés, consistent à faire et à se faire plaisir. Toute chose qui est aux antipodes des besoins élémentaires que réclament les populations.

j y N

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