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Football: Panthères du Gabon : un aggiornamento s’impose

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Les Panthères du Gabon vont-ils refaire peau neuve/©DR

Au-delà des analyses tintées de tribalisme et de jalousie contre certains joueurs, notamment à l’endroit de Pierre Emerick Aubameyang, le football gabonais doit être repensé et géré par les professionnels de cette discipline. Car, la trop forte implication du politique a toujours donné plus de place aux imposteurs. Résultats des courses : l’amateurisme prend le dessus sur une discipline sportive qui a besoin des vrais connaisseurs.

Dans l’une de ses publications sur sa page Facebook, datée du 10 mars dernier, Rémy Ebanega, ancien  footballeur professionnel, ancien international gabonais, licencié en management du sport (Université Claude Bernard de Lyon 1) et président de l’association nationale des footballeurs professionnels du Gabon (ANFPG), a résumé la pratique du football et de la politique sportive du Gabon en ces termes : «Le constat fait sur notre football, en se limitant que sur ces 10 dernières années, est déplorable. Nous pouvons ainsi définir la gouvernance de notre football ou notre politique sportive comme une politique de l’urgence, où le plus important est de répondre, par tous les moyens, au problème qui se présente à nous.»

Ainsi dit, on peut dire que la qualification des Panthères du Gabon à la CAN 2019 qui se jouera en Egypte en juin prochain, s’inscrivait dans cette logique. L’essentiel étant, pour les partisans de cette politique d’urgence, de participer à une phase finale d’une CAN. Avec la chance de se faire éliminer au premier tour, à défaut d’un exploit pour atteindre les quarts de finale. Avant de reprendre avec le même amateurisme, l’improvisation et la même imposture pour l’édition 2021. Ainsi de suite. Jusqu’à quand va-t-on gérer le football en particulier et le sport en général, de cette manière ?

« Pallier l’urgence et l’improvisation ne riment pas avec résultats positifs, performance et compétitivité », poursuit l’ancien joueur du FC 105 (Gabon) et CA Bastia (France). Il précise que : « le sport est un enjeu capital dans le développement social d’une population. Et la concentration de l’information à travers les médias et les réseaux sociaux nous empêche aujourd’hui de cacher nos limites ». D’où, la nécessité d’une nouvelle gouvernance du football et du sport au Gabon, afin d’être au diapason avec les normes internationales.

Des normes qui exigent qu’un pays ait un véritable championnat de football, avec des équipes bien structurées qui comptent différentes catégories. Des équipes ayant des stades dignes de ce nom, aussi bien pour les entrainements que pour les matchs officiels. Des équipes de football  où les principaux acteurs, c’est-à-dire, les joueurs et encadreurs sont mis dans des conditions optimales. Des équipes qui disputent des compétitions nationales (championnats et coupes nationales), sans rupture. Des clubs gérés comme des entreprises et non comme des épiceries du quartier et par des individus qui ont profité parfois de leur statut de responsable dans la haute administration. Des équipes qui peuvent être emmenées à participer valeureusement aux compétitions continentales et, pourquoi pas, être un vivier pour des différentes équipes nationales.

Mais il en est, malheureusement pas le cas. Trop de rafistolage et bricolage de quelques aventuriers tuent notre football. Au Gabon, le ‘’politique’’ décide de tout ce qu’il veut, à la place du footballeur et de l’encadrement. Et comble de malhonnêteté, c’est à lui, et à lui tout seul, de prendre les décisions, en cas d’échec. Sans se reprocher de sa très forte présence dans un milieu qui n’est en réalité pas le sien. Comme c’est le cas en ce moment.

La malhonnêteté est encore plus criarde, lorsque quelques ‘’analystes’’ s’invitent hâtivement à la campagne de diabolisation de ceux qui, à leurs risques et péril, vont de pays en pays, pour représenter le Gabon à travers son équipe fanion. Avec une légèreté  déconcertante, ces fameux analystes, par leurs attaques, poussent à la porte, un joueur qui fait la fierté du Gabon à travers le monde. Toujours au top des meilleurs buteurs de la planète, Pierre Emerick Aubameyang, continue de faire connaître le Gabon. Premier meilleur buteur étranger et africain de la Bundesliga (championnat de première division allemande), 17 buts en championnat anglais, derrière Sergio Agüero (18 buts), PEA est, sans doute, l’un des meilleurs buteurs du monde de ces dernières années. Il est évident qu’il doit cela à ses partenaires qui connaissent comment il faut l’alimenter. Les mêmes partenaires qu’il n’a pas à l’équipe nationale du Gabon. Et c’est là où le bât blesse. Et les ‘’analystes’’, de pure mauvaise foi, s’en délectent pour tenter de tromper quelques naïfs.

Malgré cela, en 59 sélections, PEA a inscrit 24 buts. Lorsque Jorge Weah, seul africain ayant obtenu un ballon d’or, meilleur footballeur Fifa, meilleur buteur de la Champion’s  league avec 8 buts(1995), avec ses 61 sélections, a marqué 21 buts avec sa sélection nationale, le Libéria, où il était le capitaine indiscutable. Il a à son actif une seule participation à la Can 1996 en Afrique du sud. La vérité est que comme le Libéria qui avait un joueur à l’aura internationale, le Gabon de PEA n’a pas aussi des co-équipiers de très haut niveau.

Avec une bonne gouvernance du football, le Gabon connaitra, certainement, beaucoup d’Aubameyang, dans les grands championnats de football de la planète et une grande équipe nationale qui ferait la fierté du pays.

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