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Election à la Fégafoot: La délocalisation, une des stratégies de Pierre Alain Mounguengui

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En décidant d’organiser le congrès électif d’abord le 31 mars, puis le 21 avril 2018 à Lambaréné, après Cocobeach (Ligue de l’Estuaire) et Mitzic (Ligue du Woleu Ntem),le président sortant, confirme que la délocalisation, fait partie des stratégies pour sa réélection à la tête du comité exécutif de la FEGAFOOT.

 Dans sa logique de passage en force, Pierre Alain Mounguengui poursuit avec ses errements. La nouvelle trouvaille est la désignation de la ville de Lambaréné, la capitale provinciale du Moyen Ogooué, pour abriter les travaux du congrès électif de la FEGAFOOT, rencontre qui devrait aboutir, si tout se passe dans les règles de l’art, au renouvellement du comité exécutif de cette institution sportive, le 21 avril 2018.

               Cette pratique n’est pas nouvelle pour la bande à Pierre Alain Mounguengui. Dans un passé récent, en voulant à tout prix hisser à la tête de la ligue de football de l’Estuaire un des siens, Serge Mombo, ce qu’elle réussira d’ailleurs à faire, l’élection est délocalisée à Cocobeach, où n’ont été pris en charge que les potentiels électeurs de l’unique candidat, après avoir écarté tous les autres adversaires. La même stratégie est utilisée dans la ligue provinciale du Woleu Ntem. Là-bas, les magouilleurs du cercle à Pierre Alain Mounguengui laissent Oyem pour organiser l’élection à Mitzic. Malgré l’annulation de ces deux élections par le ministère des sports, la FEGAFOOT va tout simplement les maintenir en poste. Une chose est sûre, cette stratégie de délocalisation des élections obéît à une volonté de ses initiateurs de fuir un environnement hostile à leur candidature et à mieux mettre en place leurs méthodes de manipulation de l’électorat.

La mauvaise situation économique actuelle touche plusieurs secteurs du pays, et la FEGAFOOT n’est pas épargnée. La preuve, par manque de moyens financiers, Pierre Alain Mounguengui et ses amis n’ont pas pu organiser la coupe du Gabon interclubs de football saison 2016-2017 et le tournoi de montée en deuxième division professionnelle. Conséquence : le championnat de D2 se dispute cette année avec 9 clubs au lieu de 12, une première dans l’histoire de la FEGAFOOT et du football gabonais dans son ensemble.

De l’argent en circulation

 Mais contre toute attente, alors qu’on devrait parler d’austérité à la FEGAFOOT, il est surprenant de constater que le président sortant et les siens optent plutôt pour des dépenses ostentatoires. Où Pierre Alain Mounguengui a t-il trouvé tout d’un coup autant d’argent pour aller organiser ce congrès électif à Lambaréné, en lieu et place  de Libreville qui aurait été un choix plus économique ?  Si tout se passait à Libreville, la FEGAFOOT n’aurait pas à dépenser des millions et des millions pour le déplacement (aller-retour) et l’hébergement (2 nuitées) des 8 membres de la commission électorale, 8 membres de la commission de recours, environs 25 personnes représentant certains agents de la fédération, les anciens membres du comité exécutif et les invités de la FEGAFOOT, les 2 délégués de la ligue de l’Estuaire et ceux des 4 clubs de Libreville et environs 10 hommes et femmes de la presse, soit un total de 57 personnes. Des dépenses supplémentaires que ces budgétivores auraient pu éviter. Si en plus, on ajoute les autres rubriques habituelles pour ce genre de rencontre (restauration, hôtesses, per diem, etc.…) et les autres membres du congrès qui sont pris en charge, que se soit à Libreville ou ailleurs, portant l’ensemble des membres à prendre en charge à 86 personnes environ, l’on peut imaginer l’enveloppe globale à dégager !

Le choix des dépenses à flot  n’est pas fortuit chez Pierre Alain Mounguengui. Au Gabon, pour certains comme ce dernier, une fois à la tête d’une institution et donc ordonnateur de crédits, ils se comportent comme si l’argent qui est mis à la disposition des différentes structures était le leur. Et salut les dégâts par  la suite !

En délocalisant les élections à Lambaréné, le président sortant tente-t-il de mieux appâter l’électorat ? Déjà de sources sûres, pour le congrès extraordinaire du 10 mars dernier, les délégués n’ont pas reçu moins de 500.000F CFA chacun, afin de soutenir la mascarade orchestrée dans la mise en place des commissions électorales et commissions de recours. Combien proposera t-il aux délégués le 21 avril à Lambaréné pour espérer être réélu ?

Pour une certaine opinion, la délocalisation constitue aussi un bon prétexte pour son initiateur, celui  de fermer les trous occasionnés par sa mauvaise gestion financière pendant son mandat. A défaut de profiter de ce moment pour vider volontairement les caisses de sorte qu’en cas de défaite au terme du processus électoral, son successeur, à son arrivée, ne trouve aucun franc de disponible.

Le bon sens

En dépit de toutes les stratégies mises en place par ce dernier pour tenter de s’accrocher à la présidence de la Fagafoot, il existe tout de même dans ce pays des citoyens honnêtes, intègres et imperturbables face à ce genre de machination. Il est donc question de faire appel au bon sens de tous ceux qui se laissent facilement manipuler : le football n’a plus besoin des amateurs, des apprentis sorciers, mais des véritables professionnels. Désormais au creux de la vague, il est plus qu’important de redorer le blason de notre football.

Melchior Ndabeyene

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