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Ultime hommage à la mère de ‘’Hommages’’; Maman Dédé, une vie, une histoire

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Maman Dédé de son vivant/©DR

Née à Akok, le 17 janvier 1942, dans la province de l’Estuaire, de Moïse Oyeghe Ndong du clan oyeck et d’Atsame Nzue Thérèse, du clan effack, Delphine Assongzogh Oyeghe a cumulé à la fois autant d’activités  que de succès.

Une enfance marquée par une farouche volonté de réussir. Mais à l’époque, la parité homme-femme n’était pas encore vu d’un bon oeil. Du coup, à quelques mois de passer l’examen du Certificat d’études primaires, la brave jeune fille est contrainte de quitter l’école. Elle tiendra cependant sa revanche, à la suite de la rencontre avec « Chouchou », l’homme de sa vie, le jeune instituteur Frédéric Meyo Bibang, un fang comme elle, de tribu yemendzim.

La charmante  » Eyuimane Atsame » de son nom familier que d’autres appelaient également affectueusement « Nan’éyess » préférera accompagner son époux, tour à  tour, à Makokou, Mékambo, Oyem, Brazzaville et Abidjan qui, nantit de son certificat d’aptitude, option histoire, regagnera le Gabon au milieu des années soixante. Entre temps, Delphine l’épouse a collectionné les parchemins en éducation ménagère et en stylisme.

C’est fort de ses connaissances et de son doigté qu’elle accueillera, au début des années 70, la majorité des femmes huppées du pays dans son premier atelier de couture légendaire par le vert-olive des ouvertures au quartier la campagne. L’époux est devenu, entre temps, le secrétaire général de la Primature, la maîtresse de couture adhèrera, à son tour, au Parti démocratique gabonais, plus précisément au groupe d’animation Nkol-Engong. Elle y rejoint, notamment son aînée Philomène Angone Oyeghe (rappelée récemment à Dieu). La présidente de Nkol-Engong marque de son empreinte, le nouveau style vestimentaire ainsi que certaines compositions des chants. C’est de là principalement que vint en fait le déclic dans la chanson. Nous venions de boucler l’année 1982. L’annexe de la residence familial, non-loin de l’avenue Édouard Miemey, toujours à la campagne, réunit autour de Jeannot,  le premier de ses neuf garçons, Hilarion Nguema,  Fontaine Nseme, Moustik Ambassa, Jeff,Georges Kamgoua, Mba Wa Mba, Dorance Essonne et biens d’autres…

La suite on la connaît, et nul ne saurait oublier les succès de Sida, Tsougha, Me mane y’éning, Hommages, Atsam’enam, pour ne citer que ces titres qui ont traversé les frontières et bercé plusieurs générations, essentiellement en Guinée Équatoriale et au sud du Cameroun. Maman Dédé qui a également siégé à l’Assemblée nationale en 1986. Elle a aussi, à son actif, la mode « Créachi » qui mêle une certaine insoumission de la race canine à un savant dosage de couleurs.

C’était cela aussi Maman Dédé qui, au-delà de nombreux voyages effectués dans les quatre coins du monde, vient de quitter définitivement la scène sans un dernier pas d’Akpwa, une danse  de la contrée, dont elle avait le secret, au terme d’un mois de coma consécutif à un second accident vasculaire cérébrale ce funeste vendredi  29 novembre 2019, seule dans ses appartements privés à N’koltang (PK 32). Elle succombera finalement le samedi 28 décembre, près de sept années après un premier AVC à l’hôpital d’instructions des armées d’Akanda.

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