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Trans’urb : Entre espoir et scepticisme 

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Un bus de Trans'urb/ ©DR

Le vendredi 7 février dernier, à la faveur d’une réunion consacrée au suivi des dossiers relatifs au secteur des transports, Joel Lehman Sandougoult, le directeur général de Trans’urb, la future compagnie de transport urbain, a présenté au Premier Ministre, Julien Nkoghe Bekale, les modalités devant permettre le lancement de la nouvelle entreprise.

Cette présentation était surtout caractérisée par la mise en place d’un chronogramme relatif au démarrage des activités de la compagnie. Le gouvernement espère que l’arrivée prochaine de Trans’urb permettra de répondre avec efficacité à la demande, toujours plus forte, en transport collectif due à l’explosion démographique de Libreville et ses environs. Elle devrait venir en appui à la Société gabonaise de transport (Sogatra), qui éprouve des difficultés à faire face à cette forte demande.

Entre espoir et scepticisme 

Initiée depuis plusieurs mois, pour donner corps à une instruction ferme du Chef de l’Etat, Ali Bongo Ondimba, reprise dans la priorité numéro 3 de déclaration de politique générale de l’actuel Chef du Gouvernement, Julien Nkoghe Bekale, officiellement annoncée en conseil des ministres, cette nouvelle société de transport urbain, à capitaux 100% gabonais, en partenariat public – privé, devait lancer ses activités depuis août de l’année dernière, avec un premier parc de 300 bus déjà acquis, et une première offre 500 postes – 300 directs et 200 indirects – occupés par des compatriotes. La Trans’urb s’inscrit dans la vision sociale du Gouvernement. Il s’agira de soutenir la mobilité des citoyens gabonais en soutenant la Sogatra. « La Trans’urb se veut plus dynamique, plus structurée, plus moderne, avec des offres de transport et un service de qualité dans le respect des Gabonais. C’est une société à capitaux mixte privés et publics, ce qui fait que la gestion sera plus rigoureuse que celle qu’ont connu d’autres sociétés pour lesquelles l’Etat était actionnaire à 100% », avait déclaré le ministre des transports de l’époque, Justin Ndoundangoye.

La future entreprise présente trois types de bus : gros porteur, moyen et coaster. Trans’urb doit desservir Libreville, Akanda, Owendo et Ntoum. Si l’offre en bus varie, le prix du trajet, d’une destination à une autre, reste à définir. L’on a, bien entendu, envie de pousser un ouf de soulagement mais l’on est très vite rattrapé par la réalité et le spectacle qu’offre la précédente compagnie de transport : des bus en panne ou carrément abandonnés sur la voie publique ou au siège de la société, aux airs de garage spécialisé en gros porteur.

La partie visible de l’iceberg qui traduit d’une gestion jugée peu orthodoxe de la comptabilité de l’entreprise publique – en 2018, l’on parlait de plusieurs milliards de FCFA qui manquait dans les caisses -. C’est donc dans des conditions de dernier espoir pour la Sogatra que Trans’urb naît. Une solution souhaitée à l’épineuse problématique des transports urbains au Gabon, même si au regard du parcours de son prédécesseur, l’on pourrait être un peu sceptique, surtout en ce qui concerne sa gestion matérielle et financière.

Yohan Freddy NGUEMA ZUE

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