Accueil Société Voie ferroviaire: Engerail et le délit d’initié

Voie ferroviaire: Engerail et le délit d’initié

PARTAGER
Déraillement d'un train minéralier/©DR

Dans notre précédente publication, nous traitons de la question du cabinet d’études privé Engerail, spécialisé, dit-on, dans l’expertise ferroviaire, notamment sur les questions entourant l’entretien de la voie ferrée. Nonobstant l’existence d’une structure de l’Etat, chargé des mêmes questions, l’Autorité de régulation du transport ferroviaire (ARTF) en l’occurrence. Nos investigations ont permis de lever le voile sur l’identité du promoteur du cabinet d’études privé Engerail. 

Ainsi, apprenons-nous, que l’ancien ministre des Transports, Justin Ndoundangonye, aurait mis en place Engerail pour sous-traiter avec le concessionnaire Sétrag. Les choses se passent alors que ce dernier était encore en fonction.  Du coup,  pour une large opinion, l’on est là face à un cas de flagrant délit de délit d’initié. Cette situation est plus que floue du fait que l’actuel directeur général d’Engerail avait déjà occupé le poste de secrétaire Exécutif de L’ARTF.  Qui a donc joué le rôle de démarcheur entre Engerail et Sétrag pour l’octroi de la réhabilitation de 24 zones instables sur le linéaire ferroviaire allant de la gare principale d’Owendo à celle de Ndjolé ? Là gît le lièvre

L’instabilité de la voie ferrée est relevée précisément entre les gares de Mbel (Estuaire) à celle de Ndjolé (Moyen-Ogooué). L’ARTF devrait avoir un droit de regard sur cette zone rouge, afin de dresser des rapports de contrôle sur ce qui se fait par le concessionnaire. Mais hélas, la réalité sur cette zone échapperait à L’ARTF. A ce qu’il semble, le contrat attribué à Engerail stipule que l’ARTF n’a pas de droit de contrôle sur les fameuses zones instables.  Inutile de dire qu’une telle situation ne garantit nullement le sérieux sur les travaux de réhabilitation de la voie.  Surtout que, selon nos sources, le concessionnaire financerait lourdement la prestation  »exceptionnelle » d’Engerail.

A la base de la Setrag, des cheminots émettent des réserves, quant à la fiabilité des inspections et autres études qui seraient entrepris par Engerail. D’aucuns vont même jusqu’à soupçonner les rapports biaisés qui pourraient s’avérer fatales pour la voie ferrée. Dans la mesure où, plus rien n’oblige le concessionnaire à prendre les dispositions qui s’imposent pour régler la problématique de l’instabilité de la voie dans la zone à risques.  Car, quoi qu’on dise, avec la présence d’Engerail, l’Etat aura toujours de la peine à contrôler le travail d’un cabinet privé.

Maintenant qu’il semble se confirmer que l’ancien ministre des transports, Justin Ndoundangonye est quasiment le propriétaire d’Engerail, la question qui pend sur toutes les lèvres est celle de savoir si l’ancien ministre ce dernier était en droit, étant en fonction, de mettre en place une structure parallèles a l’ARTF ? Là est toute la question.

PARTAGER