Accueil Société Sogatra : la grande mafia

Sogatra : la grande mafia

PARTAGER
Le siège de la Sogatra présente plutôt un visage désolant/©DR

On ne sait pas trop pourquoi l’actuel ministre des transports Léon Armer Bounda Balonzi ne se penche pas sur la situation financière de la société gabonaise de transport, dont un rapport a été pourtant mis à son appréciation par l’ancienne hiérarchie.

 Léon Armel Bounda Balonzi s’est –il assit sciemment sur le rapport  de l’audit qui lui a été remis par l’ancien directeur général de la Sogatra ? En tout cas, le silence de l’actuel ministre des transports laisserait  en liberté des anciens directeurs généraux de la Sogatra, qui au regard de cet audit dont notre rédaction a pu obtenir copie, devraient également s’expliquer sur leur gestion.

Bruno Minko Mi Ngoua, ancien directeur général de la Sogatra, a été mis aux arrêts au lendemain de son éviction en janvier dernier, pour malversation financière. Selon certaines sources proches du dossier, l’ancien DG serait accusé d’avoir mal utilisé près de 3 milliards. Une enveloppe dit-on qui devait servir au paiement de 7 mois d’arriéré de salaire du personnel.  Actuellement entre les mains de la justice, le concerné,  qui clamerait selon ses proches son innocence, attend d’être jugé.

Mais un sujet et pas de moindre semble être à l’origine de la situation moribonde de la Sogatra. Il s’agit d’une magouille orchestrée par les anciens DG. En effet, quelque temps avant son éviction de la Sogatra, Bruno Minko Mi Ngoua avait remis un rapport sur la situation financière de la Sogatra de 2013 à 2018. Les informations détaillées par celui-ci,  sont plutôt accablantes. « Entre 2013 et 2018, au moins trois DG se sont succédé à la Sogatra, le plus récent est Alphonse Oyabi Gnala, Alain Paul Ndjoubi Ossamy et le défunt Patrick Assélé ». Indique un membre du personnel à notre reporter.

Parmi les trois, l’on ne sait qui exactement a déclenché des dépenses au nom de la Sogatra. Mais le constat est plutôt à mer. A l’exemple de ce logiciel pourtant acheté au frais de la Sogatra: GMAO, (gestion de la maintenance assimilée par ordinateur) d’une valeur de 200millions de Fcfa. Seulement, au grand étonnement du personnel de la Sogatra, « ce matériel n’a jamais été livré, mais l’argent a été décaissé ». Il y a sans rire, le bitumage de la base Sogatra, c’est-à-dire au siège social de l’entité. « Pour les habitués de cette base, ils pourront se rendre compte qu’il n’y a pas eu de travaux de bitumage, mais dont la facture s’élève à 300millions ». L’aménagement de la base Sogatra d’Angondjé et sa clôture, total des travaux, 100millions. La conception, la construction et l’installation des abris-bus pour un montant de 950 millions de Fcfa. L’acquisition des bus et containers de pièces de rechanges auprès du fabriquant Marcopolo,  qui ont été livrée partiellement, alors que la Sogatra a pourtant épongé  la totalité de la facture, « soit plus 15 milliards, non sans oublier les crédits auprès d’Ecobank à hauteur d’un milliard, pour l’acquisition de matériel roulant, mais dont le remboursement n’a pas encore eu lieu ».

Selon nos informations, en principe un conseil d’administration devrait avoir lieu, pour étudier ces cas de malversations et de décider  de la poursuite ou pas en justice des auteurs de ces actes, mais on ne sait pour quelle raison, Léon Armel Bounda Balonzi aurait reporté à deux reprise de sa tenue. Et jusqu’à ce jour,  aucun conseil d’administration n’a eu lieu.

PARTAGER