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Sacrée jeunesse ! Ne te fais pas entuber !

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Au moment où les noyades de jeunes adolescents sur nos plages non sécurisées viennent choquer la nation entière, la lumière est mise sur la jeunesse et ses conditions de vie, de scolarité, et de sécurité. Et, surtout, l’irresponsabilité de l’Etat. Chacun de nous a pu le constater : nos villes se vident systématiquement à l’approche des vacances scolaires et ne retrouvent leur vitalité qu’à la rentrée des classes.

C’est la preuve indubitable que les jeunes représentent désormais les ¾ des habitants de nos cités. L’Etat-Bongo, n’en n’ayant pas pris conscience, aucune politique véritable de la jeunesse n’a été mise en place, hormis quelques concerts de rappeurs, les déplacements de ‘’bœufs votants’’. Et, bien évidemment, le racolage politique actuel activement réalisé par l’Ajev à l’endroit des jeunes, en promettant monts et merveilles à ceux qui, naïfs, les écoutent.  En 50 ans de bongoïsme, l’Etat-Bongo n’a ni fait les bons choix pour une Ecole performante, ni réaménagé nos cités peuplées de jeunes, ni amélioré les conditions de travail et d’études dans nos établissements primaires, secondaires, et universitaires. Est-ce maintenant qu’il va s’en préoccuper ? A quelques encablures d’une nouvelle parodie électorale, la réponse sera, à coup sûr, oui. Faut-il continuer de se faire entuber ?

Faire les bons choix.

Parce que le Gabon est un pays jeune, une politique de la jeunesse doit passer par une grande révolution scolaire du Gabon. Son but : insérer la Jeunesse et l’école dans un environnement Bantu et Africain en réservant le préscolaire et la maternelle aux langues et cultures nationales. En faisant suivre cette jeunesse par des services médicaux et d’hygiène scolaire, en lui donnant la formation du corps et de l’esprit par des exercices sur terre, en mer et de self-défense pour être autonome dans la cité. Il est nécessaire, par ailleurs, d’organiser des séjours obligatoires lors de grandes vacances dans les villages en vue de l’apprentissage, par immersion, des langues et traditions nationales et, aussi, pour une meilleure environnementale. Notre jeunesse doit se panafricaniser, notamment par l’organisation de loisirs sains et des sorties linguistiques dans les pays africains voisins ; par la multiplication des universités nationales et en privilégiant les choix des universités africaines en cas de nécessaires sorties du territoire ainsi que par l’organisation d’échanges interrégionaux des jeunes universitaires pour sortir des préjugés en apprenant à nous connaitre.

Quelle école ?

L’Ecole gabonaise doit s’insérer l’école dans l’environnement géoéconomique. Le Gabon est un pays minier dans un corps fait de forêts, de mer et d’immenses terres. La mise en valeur de notre sol et de notre sous-sol passe par des formations techniques et de gestion et non par la multiplication des enseignements littéraires et de formations doctorantes qui doivent rester des exceptions.

La révolution scolaire passe donc par :

  • La généralisation du système des internats et des prytanées pour favoriser une meilleure alimentation, une discipline éprouvée et un meilleur suivi des adolescents ;
    • L’organisation d’un encadrement spécial pour les élèves en difficulté ;
  • La construction des infrastructures d’accueil universitaires (salles de cours, logements, restaurants, médiathèques) ;
  • La mobilisation d’encadreurs et d’équipements les plus modernes pour un renouvellement pédagogique et l’intensification de l’enseignement des mathématiques et des sciences fondamentales afin d’inverser la courbe de 80% en faveur des techniciens ;
  • La multiplication des formations d’ingénierie de 3 à 4 ans pour sortir des techniciens et des gestionnaires dans tous les domaines ;
  • La création dans toutes les capitales provinciales des Instituts des Sciences et Techniques (IST) dans les mines, l’agriculture, la forêt, le pétrole, le bois, l’écologie tropicale, l’économie et le commerce, la mer et le fleuve, les communications et les télécommunications, l’énergie (l’eau et l’électricité), etc… ;
  • La création de 2 ou 3 grandes écoles de mathématiques pour développer la recherche mathématique au Gabon.

Le Gabon ne peut rester cantonné dans des activités à faible valeur ajoutée et laisser aux pays industrialisés une longueur d’avance difficilement rattrapable. Il faut bien se faire à l’idée qu’un gouvernement qui investit plus qu’un autre dans la recherche accroit sensiblement la probabilité pour ses entrepreneurs d’être les premiers sur le marché d’un produit nouveau.

C’est, après la population, l’atout no2 de la Corée du Sud par rapport au Gabon.  Ce pays a bénéficié d’un leadership supérieur en tous points de vue à celui du Gabon. En effet, ce sont les politiques publiques qui conditionnent largement l’attractivité d’un territoire (infrastructures, fiscalité, formation de la main d’œuvre, qualité de la vie, sécurité, santé publique) qui, à son tour détermine la localisation des activités.

La stratégie volontariste adoptée par la Corée du Sud a orchestré la remontée progressive des filières, du montage des pièces détachées importées à la production des biens d’équipements informatisés, de la couture des tissus importés à la chimie de synthèse. L’avantage politique de la Corée du Sud est sa capacité à mettre en œuvre des politiques industrielles pertinentes et des politiques économiques volontaristes et efficaces, soutenir la recherche et garantir la stabilité politique et à protéger les industries naissantes.

A contrario, un avantage naturel évident s’est avéré un handicap  pour un pays mal gouverné comme le Gabon où un Etat prédateur dilapide  la rente au lieu de servir une stratégie collective visant le bien commun.

Réaménagement de la ville en fonction de l’impératif ‘’Jeune’’. En appliquant déjà une nouvelle politique sportive. Parce que, à la différence de l’éducation physique, le sport fait référence à la compétition et nos ancêtres cultivaient cet esprit chez les jeunes lors des joutes (in et out) villageoises, notamment par la lutte, le lancer des sagaies sur des rondelles de bois ou de bananiers, l’adresse à l’arc ou à l’arbalète. Cet état d’esprit favorisait l’envie de se surpasser et de vaincre l’adversité. Un constat permet de juger de la politique de l’Etat-Bongo : Le Gabon est dernier en tout. Nous devons retrouver l’esprit ‘’d’oser gagner, oser vaincre’’.

Une politique sportive digne de ce nom devrait viser à :

  • La généralisation du sport de masse dans le pays par la multiplication des aires de jeux, dans les quartiers et les départements ;
  • L’extension, chaque année, d’infrastructures sportives nombreuses et diversifiées, obéissant aux normes internationales ;
  • L’élévation du niveau du sport d’élite par la détection de jeunes gens talentueux, leur sélection et leur formation aux différentes disciplines sportives.
  • La formation, au préalable, d’un encadrement de haut niveau dans les pays les plus avancés dans ces domaines ;
  • Le développement des équipements sportifs de proximité ;
  • La multiplication les rencontres sportives inter régionales à l’intérieur et à l’extérieur de la CEMAC. A partir de nos qualités physiques propres, nous apprendrons des autres pays frères les méthodes qui ont favorisé leurs succès et apporteront aux autres nations le modèle de notre expérience en excellant dans nos sports traditionnels ;
  • Le développement des sports-études

Conditions de travail et d’études.

Il faut régler la question du logement des formateurs du primaire, du secondaire et du supérieur par la multiplication des appartements. Les salles pléthoriques d’élèves doivent disparaître, notamment par la construction massive de salles de classes pour atteindre le ratio moderne : 20 élèves par classe. Les équipements des laboratoires d’application et de recherches doivent être augmentés. Sans oublier la création de grands complexes universitaires, avec leurs salles d’enseignements adéquates, leurs laboratoires équipés, les cités–logements pour étudiants, et leurs restaurants universitaires.

Tout un programme dont on n’a jamais vu le commencement du début de réalisation ni par celui pour qui la jeunesse était sacrée, Omar Bongo Ondimba, ni par les émergents, conduits par Ali Bongo Ondimba, qui appâtent la jeunesse avec un mât de cocagne social, véritable mirage où l’on fait miroiter à la jeunesse gabonaise des monts et merveilles qu’elle ne décrochera jamais. Parce ce que, comme dans ce jeu traditionnel populaire qui consiste à grimper en haut d’un poteau enduit de graisse ou de savon, l’ascension sociale est, elle également, un parcours glissant où seuls ceux, une minorité, qui ont des atomes crochus avec le clan Bongo ont des chances de s’agripper pour ne pas se retrouver le cul parterre comme la majorité.

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