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Reformes: L’Excellence, vous avez dit ? !

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Une marche des élèves/©Gabonreview

Les nouveaux critères d’allocation de la bourse d’étude font jaser dans le pays depuis que le Conseil des ministres du 26 mars dernier les a adoptés. Pour manifester leur mécontentement, les élèves en vacances de fin du deuxième trimestre, ont effectué la reprise de cours en battant le bitume des rues et ruelles de différentes villes du pays. C’est dire si leur avenir scolaire est touché en plein cœur. Les élèves gabonais n’entendent pas être les victimes d’une gestion scabreuse des deniers publics de quelques fripouilles qui ont décidé de s’enrichir sur le dos du contribuable. Et ils le font savoir.

On le sait, le pays a connu de 2010 à 2013 ses plus belles et faramineuses plus-values pétrolières. Et pendant ce temps de vache grasse, le secteur éducation a été particulièrement abandonné à son triste sort, malgré les recommandations issues des états généraux de l’Education de 2010 : pas de construction de nouveaux collèges et lycées, de nouvelles écoles, encore moins des universités neuves. Bien au contraire.

Comme toujours, les gouvernants de cette époque, mais du même système, ont excellé dans ce que le système Bongo/PDG sait faire le plus : le pilotage à vue. Et la dilapidation des deniers publics. Création des agences bidon par-ci, organisation des forums sans résultats escomptés par-là… Gouverner, c’est prévoir. Or, ces gouvernants n’ont pas prévu une éventuelle chute d’un produit au prix inconstant. Ils ont donc  été rattrapés par leur piètre gestion.

Le Bac à 19 ans au plus, avec une moyenne de 12/20 minimum. Pas plus ni moins. Le gouvernement a corsé les conditions d’obtention de la bourse d’étude pour prôner l’excellence.  Quid des Gabonais économiquement faibles, dont la bourse d’étude a toujours constitué une bouffée d’oxygène pour leur progéniture? Que dire d’un jeune de 15 ou 16 ans qui a le Bac avec une note de 10 ou 11/20 ? Peut-il être considéré comme un cancre qui ne mérite pas une attention particulière des pouvoirs publics ?

L’excellence mise ici en exergue par le gouvernement ne devrait-elle commencer par le haut, en plaçant l’homme ou la femme qu’il faut à sa bonne place ? Cette excellence ne devrait-elle pas par montrer le bon exemple en punissant tous ceux qui ont participé à ce désordre financier? Car, rien n’indique que tous les 72 milliards annuels consacrés à la bourse d’étude servent cette noble cause, dans ce pays où les services financiers ont établi une sorte de mafia dans la chaîne de la dépense publique.

Et tant que l’imposture, le favoritisme, le clientélisme politique et autres considérations subjectives demeurent les critères essentiels de promotion dans ce pays, l’excellence recherchée ne serait qu’un vain mot.

Certes, les réformes sont généralement salvatrices dans un contexte économique et financier difficile, mais la jeunesse, qui est l’avenir d’un pays, ne doit pas être comptable de la gestion médiocre d’une caste à l’appétit gargantuesque de l’argent public.

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