Accueil Société Protection de la Veuve et de l’Orphelin au Gabon: Encore des étapes...

Protection de la Veuve et de l’Orphelin au Gabon: Encore des étapes à franchir

PARTAGER
Malgré les efforts fournis par la fondation Sylvia Bongo, beaucoup restent à faire pour mettre fin à fléau/©DR

Malgré des avancées significatives sur la question, il semble que le phénomène de spoliation des veuves ait encore de beaux jours devant lui en terre gabonaise.

En effet, le samedi 3 janvier dernier, selon de multiples sources, des membres la famille du regretté Commandant Aymard Mboumba Mbina, ayant trouvé la mort dans des conditions non encore élucidées, auraient décidé de s’approprier les biens du défunt, au détriment de son épouse avec qui il était uni dans le cadre du mariage coutumier. Bien que d’aucuns aient soutenu la thèse du malentendu, arguant le fait que l’on aurait demandé à la veuve de s’installer chez sa belle – mère, afin de suivre son veuvage, des documents, notamment audio, soutiennent plutôt la thèse selon laquelle la dénommée Caprice serait tout simplement expulsée du domicile qu’elle occupait, avec son défunt conjoint, un peu comme on a vu dans la production cinématographique « Le cœur des femmes », du cinéaste gabonais Melchy Obiang.

Cette situation a provoqué une vive émotion et indignation dans l’opinion, notamment sur les réseaux sociaux, où plusieurs personnes qualifient ce geste de particulièrement « scandaleux » car il surgit, en plus, quelques heures seulement après l’inhumation du Commandant Mboumba Mbina. Au – delà de l’émotion qui a prévalu, et sans vouloir justifier quoi que ce soit, cette sombre affaire a eu au moins le mérite de mettre en lumière une réalité sur laquelle peu de gens se sont penchés : en République Gabonaise, le mariage coutumier n’a aucune reconnaissance légale. Les évolutions du code civil, telle que le conseil successoral qui ne donne voix au chapitre qu’au conjoint survivant, les enfants et ascendants du défunt – s’ils vivent encore – ne sont prises en compte que dans le cadre du mariage à l’état civil.

A partir de ce moment – là, n’étant pas encadré de la même manière, le mariage coutumier, bien qu’important car en accord avec nos us et coutumes, nos rites et traditions, ne constitue pas une réelle garantie de sécurité. D’autant plus que la spoliation intervient souvent dans des familles où quelques membres, comme on dit en langage familier, « ont réussi », au point de devenir les piliers de celles – ci ; et alors, leur décès constitue, pour ceux qui ont eu « moins de chance » de s’offrir des conditions de vie plus décentes, en pénalisant ceux qui partageaient la vie du disparu – veuf/veuve et orphelin (s) – .

Légalisation et sensibilisation comme solutions

Dans certains cas, l’on pourrait comprendre la réaction des parents, surtout lorsque les rapports avec la belle – fille sont conflictuels, mais cela ne peut nullement servir de raison. Ce projet funeste de précariser la veuve du Commandant Mboumba Mbina est difficilement acceptable car voilà quelqu’un qui était habitué à un certain niveau de vie mais va perdre son autonomie par la faute de quelques – uns. Il serait intéressant que le Parlement débatte sur la question et donne force de loi au mariage coutumier. En attendant, les familles, notamment celles des futures épouses, doivent comprendre que dans le cadre du mariage, il vaut mieux ne pas s’arrêter au coutumier et aller devant l’officier d’état – civil (le maire) : célébrer les deux mariages dans la même période, en l’espace de quelques heures, est dans l’intérêt de leur fille. Enfin, rien à voir avec ce qui précède, que les femmes en couple retiennent que vivre avec un homme ne signifie pas être en mariage : au regard de la loi, c’est du concubinage qui, en droit civil, est une union de fait, caractérisée par une vie commune présentant un caractère de stabilité et de continuité entre deux personnes, qui vivent ensemble, alors que l’union conjugale n’a pas été célébrée. Il faudrait donc lui demander de régulariser leur situation. Qu’elles méditent sur les paroles de l’artiste ivoirienne Josey, dans sa chanson Diplôme : « C’est quelle étude qui ne finit pas ? Si tu ne veux pas, il faut me libérer ». Que celles qui ont des oreilles entendent !!!!!!!!!!!!

Yohan Freddy NGUEMA ZUE        

PARTAGER