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Ministère des Transports: Trans’Urb bloqué au Parlement ?

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Les bus de Trans urb se font toujours attendre à Libreville/ ©DR

Attendue dans les rues de la capitale gabonaise, la société Trans’Urb serait bloquée au niveau du Parlement, pour incohérence.

17 août 2019, 17 octobre 2019, il y’a deux mois jour pour jour, que la tutelle ministérielle des transports annonçait le démarrage imminent des activités de la nouvelle société de transport urbain, Trans’Urb. Deux mois après, rien de bien concret n’est visible dans les rues de la capitale gabonaise, où la société ‘’fantôme’’ devenue reste invisible, au grand désarroi des populations. Désarroi encore plus poignant en cette période de rentrée scolaire où la demande de moyens de transport devient de plus en plus fort, du fait de la rentrée scolaire. Désarroi également du fait de la situation de la Société gabonaise de transport (Sogatra) qui peine toujours à assurer un service public digne de ce nom, afin de répondre aux attentes légitimes des gabonaises et des gabonais. Ce malgré les directeurs généraux qui se succèdent à sa tête.

Où est donc passée Trans’Urb ? S’interrogent les gabonais. Des sources dignes de foi, le projet Trans’Urb, visiblement en difficulté, figurerait parmi les projets gouvernementaux souvent mal ficelés. Ceci justifierait le retard chronique accusé à l’allumage quant au le démarrage effectif des activités de cette société censée venir combler les insuffisances observées dans ce domaine au pays. Il ressort, en effet, que le projet Trans’Urb aurait été monté par la tutelle ministérielle, sans que celle-ci mène des études de faisabilité, notamment les sources de financement. Pour le ministère des Transports, de l’Equipement et des Travaux publics devenu, l’Etat devrait apporter une allocation annuelle, au même titre que la Sogatra. Et tant pis, même si les centaines de millions supplémentaires décaissés des caisses de l’Etat doivent prendre la même direction que celles déjà éjectées à la Sogatra, sans résultat probant. Une bourde jugée trop grosse pour les Députés saisis du dossier.

Résultat des courses, les Parlementaires n’ont pas cherché midi à quatorze heure pour opposer une fin de non-recevoir à l’idée d’imposer à l’Etat de dégager une deuxième subvention pour le transport public des populations. Les élus nationaux accorderaient leurs voix sur l’impossibilité pour l’Etat gabonais, déjà en difficulté financièrement, de supporter une charge non productive. Les mêmes sources indiquent que les députés inviteraient le ministre des Transports à la mesure et la rationalité dans la gestion des ressources de l’Etat allouées à son département ministériel. Pour le Parlement, les mécanismes ayant concouru à la mise en place de Trans’Urb l’auraient été de manière fantaisiste et dans l’incohérence. Car, comment expliquer la création d’une nouvelle société étatique prévue de fonctionner avec la subvention de l’Etat, alors que celle qui bénéficie déjà de cette subvention et placée sous la tutelle du même département ministériel, demeure dans l’incapacité à garantir un service public digne aux populations. Elle se complait à gérer, tel l’argent de la popote, les recettes non négligeables qui découlent du trafic journalier de cette société. Le Trésor public se trouvant ainsi privé des centaines de millions de recettes engrangés mensuellement par la Sogatra. Autant dire que si Sogatra n’avait pas existé avec son lot de tares, surement que le Parlement n’y verrait aucun inconvénient à marquer son accord pour l’octroi d’une subvention à Trans’Urb. Une société presque mort-née, dont les lendemains se dessinent déjà en pointillées avant même d’avoir  effectué son premier voyage.

Du coup, pour nombre de Gabonais, la situation, ainsi décrite, est imputable au ministre Justin Ndoundangoye, qui vient justement de voir ses attributs de membre du gouvernement renforcés. En faisant le tour des dossiers, il y’a très peu de lisibilité dans l’action qui pourrait justifier le renforcement des attributions gouvernementales au secteur.

Comme quoi, la non mise en route de Trans’Urb marque cette réalité implacable et manifestement rétrograde du manque de sérieux dans la gestion des transports publics au Gabon.

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