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Ministère de la Défense :Les soldats ruminent la colère

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Face à la maltraitance qu’ils disent subir de la part de la tutelle, les soldats de l’armée de terre ne font plus mystère de leur mécontentement.

 Les évènements qui ont émaillé le dernier stage des éléments des forces  armées nationales, au camp militaire de Melen, ont failli constituer la goutte d’eau qui a fait déborde le vase. Apprend-t-on, durant plusieurs mois, les militaires stagiaires auraient été contraints de mettre la main à la poche pour leur intendance, alors que ces derniers étaient en casernement sur ordre de leur hiérarchie et avec la bienveillance de la tutelle ministérielle.

De sources dignes de foi, l’époque du ministre Etienne Massard Kabinda Makaga à la tête du département ministériel de la défense nationale, n’est plus qu’un lointain souvenir. A cette époque, dit-on, on s’assurait des préalables inhérents à l’intendance des stagiaires. Les conditions étaient plus ou moins réunies pour que les militaires passent le stage avec moins de difficultés à se nourrir et se soigner. Depuis son départ, la réalité serait toute autre. La dernière expérience du camp du bataillon d’intervention de  Melen  est la preuve de l’urgence d’y ramener la sérénité. Ce stage a eu la particularité d’avoir épuisé financièrement et physiquement les soldats déjà dépourvus de ressources.

Pour s’alimenter, les soldats ont dû mettre à contribution leurs maigres salaires pour se nourrir. Ce n’est pas tout. Les ‘’bidas’’ ont été également pour contrainte, la contribution financière obligatoire pour l’achat du carburant du groupe électrogène du camp. La vétusté de cette caserne aurait occasionné un incendie, malgré tout maitrisé par les matons, créant ainsi d’importants dommages sur le circuit électrique. Pour s’alimenter en énergie, la caserne a fait recours au groupe électrogène, mais ne disposant pas de budget pour l’achat du  fuel, les soldats auraient cotisé pour ravitailler le groupe. Autant de tracasseries qui laissent penser à la maltraitance pour bon nombre de militaires.

Questions : comment expliquer que dans une caserne, les militaires en stage, parfois venus d’autres escadrons, sont contraints de se prendre en charge eux-mêmes pour leur intendance ?  Comment expliquer que pour les soins médicaux, les mêmes soldats stagiaires se voient dans l’obligation d’interpeller leurs familles pour leurs venir en aide ? L’armée en OR appelée de tous ses vœux par le président Ali Bongo Ondimba peut-elle se consolidée dans des conditions aussi rétrogrades ?

Des questionnements qui doivent interpellés les plus hautes autorités pour l’honneur de la patrie et éviter à nos soldats de ruminer leur colère fréquemment.

 

Serge du Palvier

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