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Mesures d’austérité/ Bons de caisse au sein des corps armés : le pouvoir reconnaissant !

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Les militaires gabonais (c)DR.

Epargnés par l’exécutif dans l’une des mesures prises pour la maîtrise des effectifs dans la fonction publique, les corps armés viennent sont bien remerciés des services rendus.

Au sein de l’opinion, on se demandait bien comment allait-on procéder à la distribution des bons de caisse aux corps habillés ? Dans leur opération de communication, les membres du gouvernement concernés, ont vite fait d’éclairer les choses. Tout le monde se fera payer sur bons de caisse sauf les agents forces de sécurité et de défense ainsi que les agents de la sécurité pénitentiaire. Sans aucune autre forme de procès.

Même les magistrats n’auront pas cette chance, eux qui sont les chefs des officiers de police judiciaire, forment les rangs, depuis lundi dernier pour remplir la procédure de perception des bons de caisse. « L’opération concerne tous les agents de l’Etat » a répondu le ministre garde des sceaux au syndicat des magistrats qui a menacé de faire grève, si les magistrats sont payés sur bons de caisse. L’opération concerne tous les agents de l’Etat, selon Edgar Mboumbou Miyakou. Mais quid des agents des forces de l’ordre et de défense ainsi que les agents de la sécurité pénitentiaire ? N’émargent-ils pas dans la fonction publique ? Ne sont-ils pas les agents de l’Etat ? Les contradictions qui étalent au grand jour, la grande reconnaissante du pouvoir cinquantenaire Bongo/PDG.

C’est un secret de polichinelle. La longévité du pouvoir du Gabon est aussi en bonne partie grâce au bon traitement qu’il a toujours su réserver aux hommes en treillis. Ainsi donc, les personnels de santé, de l’Education,  secteurs basiques du pays, peuvent continuer à s’égosiller sur les bonnes conditions de travail pour mieux soigner et éduquer, ils peuvent toujours attendre. Les autres pans de l’administration aussi importants peuvent aussi attendre. De toutes les façons, leurs différents mouvements de grève peuvent toujours être interdits, voire réprimés par des agents de forces de l’ordre et de défense, si ces derniers ont un traitement particulier parmi tous les agents de l’Etat.

Pour preuve, depuis 2010, les recrutements ont été plus significatifs dans les corps habillés qu’ailleurs au sein de la fonction publique, au point qu’on a atteint aujourd’hui, dans les corps habillés, près de 30% de la masse salariale des agents de l’Etat. Quitte à sacrifier les secteurs primordiaux de la santé et de l’éducation. Ici, cet investissement aurait au moins sa justification si la sécurité des biens et des personnes et des biens était en bonne place. Que nenni ! L’insécurité est plutôt grandissante au point que le Gabon est considéré aujourd’hui par les organismes internationaux spécialisés parmi les 4 premiers pays les plus dangereux au monde.

Autant penser davantage que le trop plein enregistré au sein des forces de sécurité et de défense, est beaucoup plus pour assurer le maintien du clan au pouvoir qu’assurer véritablement la sécurité des populations qui vivent dans l’angoisse permanente due à l’insécurité.

Il est de notoriété publique que les pouvoirs dictatoriaux  qui n’arrivent pas à s’appuyer sur la légitimité du peuple pour gouverner, n’a d’autre choix que de s’appuyer sur un pilier qui peut au moins lui assurer la longévité au trône. L’armée, dans les régimes dictatoriaux, a toujours été phagocytée pour effectuer cette mission.

Mais gare à l’effet boomerang !

 

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