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Médias/ climat délétère dans les médias de service public La tête de Bilie-Bi-Nzé mise à prix

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Les agents des médias de services publics lors de la déclaration de presse/(c)internet.

Le climat est plus que délétère dans les médias de service public. Les agents de Gabon Télévision, Agence gabonaise de presse et d’Africa N°1, ont décidé de démasquer l’actuel ministre de la communication, Alain Claude Bilie-Bi- Nzé, qui à leurs yeux serait le véritable opposant à Ali Bongo.

Que se passe t-il dans les médias de service public ? En tout cas les nouvelles qui parviennent du côté de Gabon Télévision, AGP et Africa N° sont loin d’être enthousiastes. Et pour cause, une guerre entre le ministre de la communication Alain Claude Bilie Nzé et les agents de ces médias cités, est ouverte.  Raisons : la mise à disposition d’une quarantaine d’agents de Gabon TV au secrétariat général du ministère de la Communication ; le licenciement d’une cinquantaine d’agents de l’Agence gabonaise de presse  et la fameuse liquidation d’Africa N°1, qui fait toujours jaser.

C’est donc réunis au sein de l’Union gabonaise des professionnels de la communication que ces agents ont décidé de dénoncer certains agissements machiavéliques du ministre d’Etat en charge de la communication. Pour le Porte-parole de l’UGPC, Edgar Nziengui Doukaga, le gouvernement, via son ministre de la communication « ferait dans le saupoudrage et de la fuite en avant, au détriment des propositions objectives faites par les partenaires sociaux ». Il en veut pour preuve, la mauvaise gestion de leurs carrières ; les mauvaises conditions de rémunération ; la mauvaise qualité de l’insuffisance des équipements mis à leur disposition par des personnes non qualifiées désignées par le ministère.  Le véritable point qui fâche et qui a d’ailleurs fait monter nos confrères au créneau, est l’instruction permanente des responsables du ministère de la communication dans le fonctionnement quotidien des services des rédactions et des programmes. C’est le cas, notamment, du récent casting imposé aux agents. Qui de l’avis de l’UGPC serait ‘’en violation flagrante des textes réglementaires régissant le fonctionnement de ces entités’’.

Pour le cas de l’Agence gabonaise de presse, le gouvernement, au lieu d’augmenter le budget de cette agence de presse, a opté sous l’impulsion du ministre de la communication, de licencier une cinquantaine d’agents. Que dire de la radio panafricaine, Africa N°, dont la menace de liquidation est plus que flagrante, alors qu’il suffit d’une simple cession de 1/3 par appel d’offre, qui serait aux yeux des agents la meilleure voie de sortie du redressement judicaire. A en croire, l’UGPC, « ce tableau sombre résulte de la gestion chaotique de ces différents structures ».

L’occasion a donc été propice pour ces agents, qui sans gants, ont profité de traiter le ministre de la communication de tous les noms d’oiseau. «  Nous avons dans l’histoire, le plus incompétent des ministres de la communication ». Avant d’ajouter que « le véritable opposant à Ali Bongo, c’est bien Bilie-Bi-Nzé’ ». « Comment comprendre qu’un ministre veut à tout pris faire passer ses éléments, et non ceux de ses collègues du gouvernement »’. « Nous ne nous laisserons pas faire. Nous n’allons pas nous coucher face à ces injustices ».

Alain Claude Bilie Nzé, qui serait en disgrâce, selon certains, avec le pouvoir pour lequel il appartient, va-t-il s’en sortir dans cette bataille qui s’annonce rude ? Pas évident, car jamais dans l’histoire des médias de service public, les agents n’avaient traité leur ministre de la sorte.

Boris Biyoghe