Média L’hebdomadaire ‘’le Mbandja’’ dans le viseur du pouvoir

Média L’hebdomadaire ‘’le Mbandja’’ dans le viseur du pouvoir

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La chasse aux sorcières qui prévaut en ce moment au Gabon s’élargit à la presse. Notre confrère Le Mbandja vient de l’apprendre à ses dépens. Le canard vient d’être suspendu, sans aucune autre forme de procès.

Après l’attaque des médias privés TV+ et RTN, par les éléments des forces de sécurité, voilà que notre confrère Le Mbandja se trouve désormais dans le viseur de l’actuel pouvoir. Son crime : avoir publié une interview d’un officier de la Garde républicaine qui a requis l’anonymat.  Des révélations qui, à ce qu’il semble ne sont pas du goût des responsables de cette unité proche de la présidence de la Républque, encore moins du président fraichement réélu.

Dépuis la parution de ce numéro, Guy Pierre Beteghe, le Directeur de publication de ce bi-hebdo,  est menacé. Tout a commencé par ce coup de fil de la hiérarchie de la Garde républicaine à notre confrère, ordonnant le journaliste de se rendre immédiatement aux services de la GR, dans l’enceinte de la présidence de la République. Avant de lui demander l’identité de cet officier auteur de l’interview.

La pression s’est accentuée  mercredi dernier, lorsque des hommes cagoulés ont entouré son domicile. Manque de pot, le patron de presse n’était pas là, en raison du deuil qui frappe sa famille. C’est donc pendant des heures que ces hommes cagoulés sont restés autour de son domicile, a témoigné le voisinage.

Puis, c’est autour du conseil national de la communication, institution de régulation des médias au Gabon, de monter au créneau. Dans la journée du jeudi, le régulateur passe un coup de fil au Directeur du journal et lui demande d’aller récupérer une convocation auprès de ses services. Mais au regard de la situation d’insécurité qui prévaut, notre confrère prend soit d’appeler d’autres patrons de presse pour savoir s’ils ont été également appelés. Non, ont rétorqué certains éditeurs joints par leur confrère. C’est en activant ses  réseaux qu’il se rend compte  que le CNC a été associé au complot.

 Et comme il fallait s’y attendre, la sanction de l’hebdomadaire est tombée tel un couperet. Quant au numéro du vendredi dernier, pourtant imprimé, il n’a pu être distribué.

Boris Biyoghe   

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