Accueil Société Lutte contre le braconnage à Minkébé : Les militaires gabonais humiliés

Lutte contre le braconnage à Minkébé : Les militaires gabonais humiliés

PARTAGER
DR.

Malgré d’importants moyens financiers dégagés par l’Etat gabonais pour la lutte contre le braconnage ; ajouter à cela les apports financiers non négligeables de certains organismes internationaux, pendant leur mission dans la forêt de Minkébé, les militaires gabonais manquent du minimum, même une boîte à pharmacie leur ferait énormément défaut pour soigner une fièvre légère. Conséquence, ces derniers seraient contraints de recourir à l’armée camerounaise pour obtenir aide et secours.

Par la volonté des plus hautes autorités de l’Etat, des contingents des forces armées gabonaises sont régulièrement déployés de manière rotative dans la zone de Minkébé, province de l’Ogooué Ivindo, nord- ouest du Gabon, pour prévenir et lutter contre le phénomène du braconnage des éléphants par des bandes armées se réclamant des pays limitrophes. Les dix (10) dernières années, la population des éléphants a baissé substantiellement, conséquence d’un vaste réseau de trafic international d’ivoire. Parmi les pays cités pour leur implication dans le génocide écologique qui cause du tort à notre écosystème faunique, la Chine vient en tête du peloton. Ainsi donc, les autorités gabonaises, avec le concours de certains organismes internationaux, allouent des moyens énormes pour lutter contre le braconnage dans la forêt gabonaise. Une action qui se veut coordonnée avec les Etats de la sous-région, à l’exemple du Cameroun voisin. Dit-on, que lorsqu’ils sentent la présence des militaires gabonais, les braconniers n’attendent pas midi à quatorze heures pour ouvrir le feu sur ces derniers.

Seulement, là où la lutte contre le braconnage semble gagner du plomb dans l’aile, c’est au regard des plaintes incessantes des militaires qui se disent maltraités par leur hiérarchie. Les moyens dégagés pour la circonstance ne profiteraient pas vraiment aux soldats des différents régiments réquisitionnés pour ces bivouacs à haut risque. Des sources dignes de foi, seuls les officiers tireraient largement profit de cet argent. Comme frais de mission, seule la modique somme de deux mille (2000) francs leur est souvent remise au départ de Libreville. Le comble c’est que pour une mission aussi délicate, la hiérarchie militaire prend à peine des dispositions pour que les militaires soient dotés d’une boîte à pharmacie digne de ce nom. Conséquence, ces compatriotes qui servent sous le drapeau sont contraints de faire la courte échelle chez leurs frères d’armes camerounais pour soulager une simple fièvre.

Il se dit en effet que pour trouver du paracétamol ou un antipaludéen, c’est auprès de l’armée camerounaise qu’il leur faut aller mendier. Lors d’une mission il y’a bientôt deux (2) ans, un soldat tombé sous les rafales des braconniers avait presque été abandonné à son triste sort à l’hôpital militaire. Sans soins médicaux, il aura fallu que la famille de l’intéressé monte au créneau pour que les services compétents de l’armée prennent la mesure de la gravité de ce cas désespéré.

Pourtant, Dieu seul sait d’énormes moyens que l’Etat décaisse pour les besoins de la cause. Des moyens auxquels s’ajoutent les apports financiers colossaux qualques organismes internationaux. Des fonds qui, en définitive, servent à enrichir les officiers de l’armée. Et, pour ces jouisseurs en treillis, tant pis si les militaires vont penser que c’est l’Etat qui leur refuse le minimum nécessaire pour effectuer à peu près dignement leur mission à Minkébé.
A leur retour de mission, nombreux militaires ne manquent pas d’étaler la misère qu’ils endurent une fois en forêt. « Qui voit l’autre en premier ouvre le feu », peut-on lire sur une pancarte hissée en pleine forêt par les braconniers zélés défiant l’armée gabonaise. Et dire que la hiérarchie militaire reste indifférente à la difficulté de ses soldats… Mieux, certains officiers, après perception de leurs frais de mission, n’éprouveraient aucune gêne à rester assis chez eux à Libreville avec dans leurs poches les millions destinés à la lutte contre le braconnage. La mission n’étant bonne que pour les subalternes dépourvus.

Les premières informations sur cette situation d’une gravité avérée mais tenue sous silence par les auteurs nous parviennent pour la première fois il y’a plusieurs mois du côté de Lalara, sur la route du Woleu-Ntem. Les plaintes des tenanciers d’épiceries, des sujets mauritaniens, vont réveiller l’attention de la rédaction. Pour ces commerçants, les soldats, privés de moyens, feraient intrusion dans leurs commerces emportant au passage matelas, boissons, boîtes de conserve etc. La scène se déroule sous le regard impuissant des villageois établis dans la zone. Plus d’une fois la même scène s’est reproduite jusqu’à ce que interdiction est faite aux contingents de marquer escale à Lalara.

Aux dernières nouvelles, compte tenu de la récurrence des plaintes des militaires, la prime perçue par chaque soldat au départ de Libreville aurait été revue à la hausse de 150.000 FCFA, soit une augmentation de 148.000 FCFA. Fini donc les 2000 francs d’antan.

PARTAGER