Le réseau ‘’Femme Lève-toi’’ sur les fonts baptismaux

Le réseau ‘’Femme Lève-toi’’ sur les fonts baptismaux

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Nathalie Zemo Efoua, coordinatrice générale de ce réseau

Ce nouveau mouvement, à caractère politique, regroupe des femmes issues d’une dizaine d’associations et syndicats, veut faire de la lutte pour l’alternance politique au Gabon, son cheval de batail.

Une dizaine d’organisations associatives et syndicales, dont Club 90, ça suffit comme ça, Conasysed, Dynamique gabonaise des femmes, Synatrassme, Forum des indignés, Hippocrate, Synaperdouane, Collectif citoyen, et bien d’autres, réunie au sein du réseau appelé : « Femme Lève-toi », vient d’être porté sur les fonds baptismaux. Le réseau a tenu sa première assemblée générale ordinaire à Libreville le 1er juillet 2016 dernier, au cours de laquelle plusieurs femmes leaders ont exprimé leur ras-le-bol, quant au quotidien auquel elles sont confrontées. Comme l’a exprimé Annie Léa Meye, président de Dynamique gabonaise des femmes, « l’objectif de cette première rencontre avec nos sœurs gabonaises consistait à les conscientiser dans la lutte pour le changement et combattre pour l’alternance politique au Gabon et les souffrances auxquelles est soumis le peuple gabonais.»

De son côté, Nathalie Zemo Efoua, coordinatrice générale de ce réseau, a indiqué leur positionnement dans la société gabonaise. « Nous faisons partie de l’écrasante majorité de celles et ceux qui désespèrent de leur avenir et celui de leurs enfants. Nous faisons partie de la cohorte de ceux qui souffrent en silence de la mauvaise redistribution des richesses et du règne de l’injustice. Nous faisons partie de celles et ceux qui ont perdu leur emploi ou leur entreprise à cause d’une gouvernance d’amateurs et de pillards. Nous faisons partie de la multitude qui a été victime d’expropriations sauvages et mafieuses. Nous faisons partie de la majorité des entrepreneurs et commerçants spoliés, rackettés au quotidien. Bref, la liste n’est pas  exhaustive. »

S’agissant de la vie politique, ces femmes, une centaine environ, s’insurgent contre les propos jugés démagogiques du président sortant Ali Bongo, lors de sa récente sortie devant le Parlement réuni en congrès. « Comment le régime au pouvoir, en tête duquel le Chef de l’Etat, peut-il dire que le Gabon se porte bien et que la crise est légère et passagère ? Comment peut-il encore fermer les yeux et les oreilles à la fracture sociale, aux cris de colère, de révolte et de désespoir du peuple, sans y apporter de  vraies réponses ? La question du bilan de M. Ali Bongo n’est pas celle de la construction de sept échangeurs, ni de la Marina, ni même de la baie des rois. La vraie question du bilan des sept dernières années est : qu’est ce qui s’est amélioré dans la vie du citoyen gabonais lambda ? », s’est interrogée Nathalie Zemo Efoua, coordinatrice générale du réseau.

Autre point abordé au cours de cette rencontre, la paix. Pour Nathalie Zemo Efoua et les siennes, la paix au Gabon est devenue un vain mot. D’autant plus que tout en prônant ce vocable, les droits et principes des citoyens honnêtes sont bafoués. « Sommes-nous en paix lorsque nos domiciles peuvent à tout moment être violés sans ordre de perquisition, simplement pour faire taire nos cris de gueule et dénonciations ? Pouvons-nous être en paix lorsque nos enfants et leurs enseignants sont violentés dans les établissements scolaires ?», s’est-elle encore demandée.  Pour ces dernières, la paix ne se décrète pas. Elle se construit.

Enfin, les femmes « engagées politiquement » ont abordé le problème lié à l’Etat civil du président Ali Bongo et des violations des articles 10, 12 et 14 de la constitution gabonaise. Le réseau « Femme Lève-toi » s’insurge à nouveau contre le refus du Chef de l’Etat  de se soumettre à la loi et d’inverser le débat sur l’article 10 qui a été galvaudé et présenté comme un acte de racisme.

A cet effet, le réseau interpelle solennellement le président de la République sortant à faire preuve d’élévation et ouvrir instamment un dialogue national souverain. Unique solution pacifique pour sortir le pays de la crispation sociale et politique actuelles et prévenir le risque de crise post électorale qui plane. Aussi, à René Aboghe Ella, Marie Madeleine Mborantsouo et Pacôme Moubelet Boubeya, respectivement, président de la Cenap, présidente de la Cour constitutionnelle et ministre de l’Intérieur, responsables de tous débordements qui pourraient survenir suite à une élection organisée en violation des dispositions constitutionnelles. Non sans omettre à cette interpellation la communauté internationale, notamment la France.

Tar’Engongha

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17 COMMENTAIRES

  1. There’s a good deal of truth in this, but many British people in Europe and many Europeans in the UK will be left high and dry. I for one would prefer to remain in Italy where I have worked and lived for 26 years, as, the UK has indeed become a shitty place, but working as I have done for a UNIDO subsidiary, I have never had the requirement to take up residency and consequently my status, when I retire and when my EU citizenship is stripped from me, will be uncertain.