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Gestion d’insalubrité à Libreville et ses environs: Sovog, Clean Africa, Averda, comme un marché de dupes?

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Averda a suspendu ses activités/©DR

Averda, principale gestionnaire de ramassage des ordures ménagères à Libreville et ses environs a cessé ses activités, depuis le début du mois d’août. L’entreprise libanaise réclame à l’Etat une enveloppe de plus de 24 milliards. Face à cette situation, l’Etat, actionnaire majorité de Clean Africa, a décidé de remettre cette entreprise, qui éprouve toutes les difficultés du monde, sur les rails dans le cadre du plan d’urgence. Mais pour combien de temps, ce d’autant plus que le personnel de cette entité est prêt à débrayer ? Tour d’horizon.

C’est depuis le 01 août dernier que la société Averda a décidé de suspendre ses activités, faute d’impayés de l’Etat. L’entreprise de sous-traitante des ordures ménagères et de curage de caniveaux, à Libreville et ses environs, réclame à l’Etat gabonais une enveloppe de plus de 20 milliards. L’affaire, à en croire certaines indiscrétions, serait loin de connaitre son épilogue. Nos sources indiquent qu’Averda aurait entamé une procédure judiciaire, afin de rentrer en possession de son dû.  Mais l’Etat, toujours selon nos sources, aurait mis en demeure Averda, dont il reproche d’avoir respecté le contrat qu’à hauteur de 40%. D’ailleurs, l’Etat s’étonne de la décision d’Averda d’interrompre ses services, ce d’autant plus qu’il y a trois mois, des indiscrétions indiquent que l‘Etat aurait fait une avance de 6milliards. Vrai ou faux, toujours est-il que selon les proches du dossier, l’Etat se serait lui-même mordu les doigts, et il y aurait trop de duperie dans cette affaire.

Retour en arrière

Lorsque l’Etat décide de rentrer dans le capital de Sovog, avec plus de 60% en 2012, il décide de changer de nom et de prendre en compte le passif et l’actif de l’entreprise. Ainsi, Clean Africa entame déjà une nouvelle aventure avec un horizon pas très rassurant. Face aux difficultés de l’entreprise d’assumer ses charges, malgré son nouvel actionnaire majoritaire qui est l’Etat, le syndicat du personnel  de Clean Africa envoie une correspondance au chef de l’Etat, où il indique la situation morose de l’entreprise, depuis la rentrée de l’Etat dans son capital. En réponse, Ali Bongo demande à ses collaborateurs de l’époque de renforcer Clean Africa. Si achat du matériel est avéré, le reste n’a pas suivi. Bien au contraire. Les anciens tout puissants de la présidence de la République, pour contourner la difficulté, ont fait venir Averda, tout en faisant croire au Chef de l’Etat, que cette entité était mieux outillée pour renforcer Clean Africa.

Selon le deal, au départ, il est question qu’Averda rachète Clean Africa. Mais face aux difficultés énormes que connait cette société, l’achat n’a plus lieu. Il est  décidé de faire d’Averda un sous-traitant de Clean Africa. Ainsi, Averda s’occuperait simplement des ramassages des ordures et du curage des caniveaux, dans Libreville et ses environs,  Clean Africa, elle de l’exploitation  et de la gestion de la  décharge de Mindoubé. Mais là où le bât blesse, c’est qu’Averda, dans ce deal, aurait encaissé beaucoup plus d’argent que son véritable employeur, Clean AFRICA. On parle de plus de 10 milliards par an pour Averda, contre seulement moins d’un milliards pour Clean Africa. Cette situation a perduré, Jusqu’au moment où l’Etat n’arrive plus à s’acquitter des payements d’Averda, et comme il fallait s’y attendre, les factures se sont élevées, au point d’emmener cette entreprise à interrompre ses activités.

Ici, la question est de savoir, comment l’Etat a préféré faire appelle à une expertise étrangère, alors qu’il suffisait simplement de remettre la société Clean Africa sur les rails ? Y avait-il une supercherie derrière ce deal ?

Face à la décision d’Averda de suspendre ses activités, l’Etat a décidé de remettre, de manière abracadabrante sur les rails, Clean Africa qui se retrouve aujourd’hui avec un parc vétuste. Toute chose qui attise beaucoup de dépense sur le plan d’urgence, mis en place depuis le début du mois d’août. Des dépenses qui sont effectuées, semble-t-il, au grand bonheur de certains. On parle de locations de 60 camions jour. Ce plan d’urgence est géré par le Haut-commissariat à l’environnement et au cadre vie. C’est cette entité sous tutelle de la Présidence de la République qui paie toutes les factures estampillées, au grand étonnement, Clean-Africa.  Selon certaines indiscrétions, rien ne profile à l’horizon pour ramener Clean AFRICA en bonne santé. Bien au contraire, il est plutôt annoncé l’arrivée d’une autre entreprise,  pour remplacer Averda, dont le contrat doit prendre fin en décembre prochain.

Autant dire que ce plan d’urgence qui pourrait prendre plus de temps que prévu, pourrait constituer d’énormes dépenses, pas évident qu’on soit sorti de l’auberge.

Triste réalité

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