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Gendarmerie : le galon de toutes les discriminations

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Une affaire de gel du galon de général cinq étoiles, au plus haut niveau de la hiérarchie de la gendarmerie nationale, alimente les supputations dans le pays. Si, à première vue, l’affaire ne semble pas avoir le moindre lien avec la politique, il n’en demeure pas moins vrai que la palabre à propos de l’attribution des galons au sommet de la gendarmerie est désormais un sujet qui intéresse le milieu politique dont certains acteurs ne s’en cachent plus.

De sources dignes de foi, l’actuel commandant en chef de la gendarmerie, du reste retraitable, compte tenu de son âge, serait le seul officier de gendarmerie autorisé à porter le grade de général cinq étoiles. Dans le même temps, bien des officiers méritants peinent à gravir les échelons à ce niveau de responsabilités au sein de la gendarmerie, voire au niveau du commandement en chef. Contraints donc de se contenter de galons inferieurs, nombreux officiers de gendarmerie aujourd’hui à la retraite ou simplement décédés ont cessé de servir sous le drapeau avec l’espoir qu’un jour, eux aussi parviennent à porter les cinq étoiles de toutes les convoitises. Que nenni !

Qu’est-ce qui, en l’état actuel des choses, peut donc expliquer une telle situation de gel de galon pour les autres officiers au point de devenir aujourd’hui un facteur de tensions internes au sein de ce corps des forces de défense ? La question mérite d’être posée.

Certains témoignages affirment que, depuis plusieurs années déjà, l’attribution du galon de général cinq étoile ne relève ni plus ni moins que de la discrimination pure au sein de la gendarmerie nationale. Il est vrai que, même si c’est moins visible, l’obtention des autres grades participe, elle également, de la même discrimination. Mais, en ce qui concerne les cinq étoiles de général, seul l’actuel commandant en chef de la gendarmerie les porte sur ses épaules. Sans compter son record de longévité à la tête de la gendarmerie : 8 ans sans discontinuité que ce compatriote totalise à ce jour.

La situation a impacté, à n’en point douter, sur les rapports visiblement refroidies aujourd’hui entre les plus hauts gradés du corps. Et les choses se passent au nez et à la barbe des différentes tutelles ministérielles qui se succèdent depuis les dix dernières années à la défense nationale.

Des indiscrétions laissent entendre qu’entre l’actuel ministre de la défense nationale et les chefs de corps, c’est plutôt à couteaux tirés. Ces derniers se plaindraient du manque d’égard à leur endroit exprimé par le ministre. Il est peu certain qu’un climat de sérénité soit retrouvé de sitôt au sein des forces de défense du pays, singulièrement de la gendarmerie.  Et, ce n’est pas tout. Il ressort, par ailleurs, que la mise à la retraite de certains officiers est toute aussi discriminatoire que l’est l’attribution du précieux galon de général cinq étoiles. Ainsi, il arrive que pour le même grade et le même âge, certains officiers soient priés d’aller faire valoir leurs droits à la retraite, tandis que d’autres collègues de même grade, eux, sont maintenus en poste et élevés à un grade supérieur. A l’exception près du grade de général cinq étoiles qui reste l’exclusivité du seul co-chef de gendarmerie du moment. Le système Bongo, comme dans chaque secteur du pays, n’a-t-il pas, en 50 ans, finalement gangréné ce corps au point d’y généraliser régionalismes et provincialismes ?

 

 

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