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Gabon : Scènes incroyables aux Guichets de banques

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Non respect des mesures barrières aux guichets des banques le 25mars dernier/©DR

Scènes incroyables devant plusieurs guichets des banques, ce 25 mars. En pleine crise sanitaire liée à la pandémie du coronavirus qui fait des dégâts à travers le monde, les fonctionnaires gabonais, pourtant en confinement partiel et contraints aux respects des mesures barrières pour lutter contre la propagation de la pandémie, ont perdu la raison. Aidés, il est vrai, par une absence criarde et évidente des cordons de sécurité. Une désorganisation totale aux conséquences désastreuses.

Pourtant, le ministère des finances, dans le cadre des mesures à prendre pour lutter contre la propagation de la pandémie, avait rassuré l’opinion quant au travail de sensibilisation entrepris en amont avec les responsables des banques concernées par le paiement des salaires des agents publics, pour une affluence devant les guichets de banque ordonnée en rapport à la lutte contre la propagation de la pandémie. Sur le terrain, ce 25 mars, l’évidence a démontré le contraire. Les clients, tôt, ce mardi, se sont rassemblés en masse, comme en temps ordinaire. Pas d’organisation apparente. Aux antipodes de ce qui a été entrepris devant les guichets du trésor public où les tentes ont été installées et les chaises disposée à distance recommandée (1mètre). Mieux, des gels hydro-alcooliques ont été mis à disposition des usagers. Même respects des mesures de lutte contre la pandémie dans les agences Finam,  notamment, celles de Nzeng-Anyong et de l’UOB.

Face au danger exposé ce 25 mars, il est clair que les mesures prises par  l’OMS et les autorités gabonaises, dans le cadre de la lutte contre la propagation de la pandémie, ont été foulées au pied par les citoyens et les efforts consentis jusque-là, anéantis.

Quelles sont les mesures d’accompagnement ?

Et c’est à ce niveau que l’Etat doit agir. Non pas seulement dans le cadre de la prise des décisions drastiques, mais aussi sur le plan financier. Notamment, les mesures d’accompagnement qui, jusque-là, tardent à être prises et rendues publiques. Sinon, comment peuvent vivre les populations en plein confinement partiel si ces dernières ont déjà du mal à joindre les deux bouts ? Sur le plan des fournitures élémentaires qui aident au confinement à l’instar de l’eau et de l’électricité, quelles mesures ont été prises pour que les populations à qui on demande de se laver les mains et se laver régulièrement, soient approvisionnées en eau potable  et aient l’électricité dans un contexte où une simple averse est synonyme de coupure d’électricité chez nous ?

Quid de l’approvisionnement en denrées alimentaires ? Là aussi, il y a à redire. Certes, quelques salariés, peuvent s’offrir le luxe de s’approvisionner, mais il est clair qu’avec les salaires misérables  dans le contexte des familles africaines, aucun approvisionnement ne peut réellement tenir jusqu’à la prochaine paie. Que fait-on ? Quant aux sans emplois, il faut dire qu’en cas de confinement total, ils risquent la mort pour cause de famine et non du coronavirus.

Dans d’autres pays africains, à l’instar du Sénégal, les moyens mis en place pour lutter contre la propagation de l’épidémie avec un accent particulier sur la solidarité nationale, sont officiellement connus. Qu’attend le Gabon pour prendre, dans tous les sens du terme, la mesure du danger ? Quels sont les moyens financiers mis en place et combien revient à l’aide aux populations pour tenir le coup ? Et qu’est-ce qui est prévu pour compenser toutes les structures qui ont été fermées pour cause de coronavirus ?

Melchior Ndabeyene

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