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Gabon : Quid des valeurs de la société?

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Les parents peuvent t-ils accepter un travail effectué par les enfants à l'école? ©DR

Depuis quelques temps, l’on entend parler de faits divers qui choquent la conscience collective. Des choses que l’on ne voyait pas auparavant : des jeunes femmes qui organisent le braquage et l’assassinat de leurs amants, des lycéens qui tuent leurs camarades de classe, avec une arme blanche dissimulée dans leurs sacs d’école ou un matériel de géométrie, pour des raisons futiles ; des enfants qui planifient le cambriolage de leur domicile familial, en complicité, parfois, avec des personnes insoupçonnées du commun des mortels, et, le dernier fait en date, un réseau de prostitution démantelé dans un lycée de la place, avec pour principales cibles de très jeunes filles dont la virginité, contre un appareil électronique de dernière génération et une forte somme d’argent, est offerte à des individus, probablement très influents et très fortunés, mais aux tendances pédophiles.

Tant de méfaits qui traduisent une seule vérité : la généralisation de la perte des valeurs au sein de la société gabonaise, observée aussi bien chez les jeunes, les moins jeunes que les personnes matures. Et cela est très inquiétant, car c’est l’avenir de notre pays qui est en jeu : chaque génération reproduit les mêmes actes que la précédente. Ceci implique les comportements, la posture et les principes de vie. Or, selon l’expression consacrée, « les Aînés » doivent accompagner la descendance dans son développement personnel, afin d’en faire des modèles et participer à l’évolution de la société.

L’éducation d’un enfant se déroule, dans un premier temps, au sein du cercle familial, généralement dans une famille biparentale, meilleure garantie pour son équilibre psychologique et mental. A côté de cette forme « classique » existent des éducations « parallèles » issues des fréquentations de l’enfant. Elles sont transmises en milieu scolaire, dans la rue, par des amis et des influences diverses (télévisions, internet…) qui font découvrir des mœurs et coutumes en vigueur sous d’autres cieux, témoignant de principes que certains peuples sont prêts à défendre, même au péril de leurs vies. Et c’est là où le bât blesse, parce que les citoyens, notamment la jeunesse, qui croit évoluer au rythme de la société – prenant appui sur celle occidentale – donne l’impression d’être en manque de repères, s’illustrant beaucoup plus par des actes blâmables, plutôt que ceux valorisant l’homme, tels que l’alcool, la drogue, le sexe précoce, le manque de civisme, l’irrespect qui ont pour principales conséquences le vol, le viol, le gangstérisme et la délinquance juvénile. L’une des causes de cette situation, où l’enfant est amené à s’éduquer tout seul, est la démission des parents, pour quelque raison que ce soit – priorité accordée à leur carrière professionnelle, manque de moyens pour subvenir aux besoins de la famille… –  phénomène de plus en plus grandissant au Gabon. Il serait la cause du déclin moral observé dans le pays, impactant sur toutes les générations. La dépravation des mœurs a affecté tous les domaines de la société, entraînant d’autres phénomènes tels que la corruption, les détournements de fonds, la prostitution, etc. Au moment où les Etats sont en compétition, à travers leur jeunesse qu’ils s’emploient à instruire et moraliser du mieux qu’ils peuvent, pour en faire des cadres animés de patriotisme qui sauront se servir de l’expérience de leurs aînés et perpétuer le statut reconnu à leur pays sur l’échelle internationale, une société présentant autant de tares ne peut garantir de meilleurs auspices pour l’avenir, mais plutôt des lendemains moroses enclins à toute sorte d’excès et d’égarements.

Une chose est d’élever un enfant, une autre est de l’éduquer. Il a certes besoin d’être nourri, logé, soigné, vêtu, instruit, mais aussi qu’on lui serve de modèle afin de lui inculquer des valeurs issues de notre culture, nos mœurs et coutumes, nos rites et traditions. Si c’est nécessaire, il faut mettre en place des sortes de « garde-fous », car tout ce qui vient de l’extérieur ne sera pas forcément en adéquation avec notre conception des choses. Comme dit le proverbe : « La plus belle femme au monde ne peut donner que ce qu’elle a ».  Il incombe aux parents, mais aussi aux pouvoirs publics de participer activement à l’éducation des jeunes générations, loin de la démission qui leur est préjudiciable, afin de relever le niveau des mentalités et faire disparaître le genre de cas énumérés plus haut.

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