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Gabon : la  HAC dans l’œil du cyclone de l’UE

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/(c)DR.

La liberté de la presse au Gabon est visiblement menacée par la Haute Autorité de la Communication, le régulateur des médias. Annonce faite le 15 décembre 2019 dernier, à Libreville, par l’Ambassadrice de l’Union Européenne, Rosario Bento Pais, au terme de son  dialogue avec les autorités gabonaises. Une accusation faite par la Communauté internationale qui sonne comme un désaveu notoire, sur le mode de gestion actuel du « rejeton de feu  CNC ».

Les conclusions du récent rapport final de cette rencontre hautement  stratégique de coopération internationale entre le Gabon et l’Union Européenne, tenue plusieurs jours durant à Libreville, accablent de fond en comble l’organe de régulation des médias au Gabon sur la liberté de la presse. «  Les deux parties ont constaté que les suspensions récurrentes d’organes de presse écrite ou audiovisuelle constituaient un mode de régulation, trop souvent disproportionnée et préjudiciable ». Avant de conclure que : «  Le Gabon et l’Union Européenne sont convenus d’échanger les bonnes pratiques, en matière de régulation des médias ».

 Cette accusation de la communauté internationale contre la HAC vient confirmer tout le mal que l’on dit d’elle, depuis sa naissance des cendres du Conseil National de la Communication. Malgré les  différents rappels à l’ordre de l’Organisation des Patrons des Médias (OPAM)  et de Reporters Sans Frontières (RSF), sur son mode de fonctionnement, depuis sa mise en service, il  y a plus d’un an à l’issue des accords politiques d’Angondjé de 2017. L’institution dirigée par l’ancien patron de le l’hebdomadaire satirique ‘’la Griffe’’ est restée droite dans ses bottes. Au grand dam des pauvres communicateurs, déjà asphyxiés par des conditions de vies précaires d’une corporation qui ne nourrit pas encore dignement son homme au Gabon. Au contraire, ces mises en gardes et rappels à l’ordre ont sonné aux oreilles des dirigeants de la HAC  comme des « déclarations de guerre et des rapports de force. A en juger par le nombre de sanctions infligées, à l’emporte-pièce, par les neuf conseillers membres à l’issue de chacune de leurs «  messes noires », pour ne pas dire plénière, contre la presse.

Selon notre confrère en ligne Gabonreview, une des principales cible de la HAC, pour avoir  déjà écopée de deux sanctions en une année, et dont la plus lourde de trois mois, vientt d’expirer sans être levée officiellement. La HAC  a sanctionné plus de médias en moins de deux ans que durant les 27 ans d’existence du Conseil National de la Communication. En témoigne la suspension d’une trentaine de sites d’informations, le 24 juillet dernier, pour des raisons qui méritaient une simple mise en garde.

Des critiques et récriminations qui devraient permettre à la HAC  de  se remettre en cause ou de revenir sur terre en faisant profil bas devant les confrères indignés. Ces derniers ne comprennent pas que certains conseillers membres nourris, il n’y a pas si longtemps, au pain sec, mais  aujourd’hui  embourgeoisés par les avantages que procure leur nouveau standing social, s’emploient à dénier leurs bienfaiteurs qui les ont élu à ces postes.

Un organe de régulation qui cautionne la liberté de la presse  pourtant obtenue de haute lutte dans le pays, ne peut plus avoir sa place au Gabon.

                                                                       NO

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