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Gabon : Justin Ndoundangoye agressé à la prison centrale par des individus non identifiés

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Justin Ndoundangoye agressé à la prison centrale de Libreville selon ses avocats /©DR

La semaine dernière, c’est le conseil de Christian Patrichi Tanasa Mbandiga, Me Ange Kevin Nzigou qui faisait état de l’agression physique et sexuel dont-a été victime son client. Cette fois, c’est autour des conseils de Justin Ndoundangoye de constater les mêmes sur leur client. Dans un communiqué commun rendu public, dont notre rédaction a consulté la copie, les Maitres, Cédric Maguisset, Calvin Job et Rufin Nkoulou Ondo, font état de la maltraitance subit par leur client dans la nuit du 26 janvier derniers, soit un équivalent de un ou de deux jours, après l’agression de Patrichi Tanasa. Ici, l’intégralité du communiqué parvenu à notre rédaction.

Communiqué :

« Me Cédric MAGUISSET (Gabon), Me Calvin Job (Paris), Me NKOULOU ONDO Ruffin (Gabon), avocats de l’Honorable Justin NDOUNDANGOYE, détenu à la prison centrale de Libreville dans le cadre de l’affaire contre le ministère public, dénoncent les traitements inhumains et dégradants subis par leur client dans la nuit du 26 janvier.

Les circonstances en sont les suivantes : 

« Il a d’abord entendu des cris et hurlements provenant d’une autre cellule, puis des pas en sa direction. Trois individus cagoulés vêtus de la tenue de la sécurité pénitentiaire sont entrés dans sa cellule. 

Après lui avoir demandé si c’était bien lui Justin Ndoundangoye Alias Okoulou LA SOLUTION, ils lui ont demandé de ne pas bouger, de se déshabiller intégralement. En se levant il a reçu un coup de pied aux côtes. Ils l’ont ligoté, mains derrière le dos, bloqué la nuque avec leurs bottes de style « rangers ». Ils lui ont administré plus d’une quinzaine de coups de fouet tout en lui indiquant qu’il avait insulté le Président, lui demandant s’il connaissait le pouvoir. 

Ils lui ont demandé de se lever, l’ont pris en photo de dos, lui ont administrés 3 coups de fouet, l’ont remis au sol sur le dos en lui administrant des coups dans les parties intimes, puis l’ont remis sur le dos lui ont administré des coups dans les parties intimes et des coups de poing à l’épaule. 

Ils lui ont demandé où était l’argent volé, lui indiquant leur présence motivée par deux motifs : 

  • Savoir où il avait caché l’argent ; 
  • Lui apprendre à ne plus insulter le Président de la République. 

Ils l’ont remis à genoux les mains dans le dos, pris en photo en lui intimant de ne ni informer ses Avocats, ni ses amis sur facebook. S’il venait à désobéir, ils exécuteraient son grand frère policier, les dames qui lui rendent visite à la prison et sa fille ». 

Mes MAGUISSET, JOB et NKOULOU ONDO s’étonnent de la survenance de tels faits d’une extrême gravité, au sein d’une prison censée veiller à la sûreté et la sécurité des personnes placées en détention préventive. Ils indiquent solliciter la mise en liberté immédiate de leurs clients ainsi que l’annulation de la procédure le concernant car aucun procès ne peut être équitable quand des actes de torture sont pratiqués. Ils indexent la responsabilité du Président de l’Assemblée nationale, du Procureur de la République, de Mme le Juge d’Instruction en charge de ce dossier, de Mme le Ministre de la justice et de la Direction de la prison centrale de Libreville. 

Libreville le 4 février 2020 ».