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Gabon : Indispensables réformes de l’école

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©DR

Cette rentrée scolaire 2019-2020 a débuté sous une pluie de nominations dans l’enseignement général et technique. Ainsi, un grand chambardement a eu lieu dans l’Education Nationale. La question qu’il y a lieu de se poser est celle-ci : ces changements intervenus vont-ils améliorer le système éducatif gabonais ?

Depuis les années 90 – le constat s’impose – l’école gabonaise est malade, tant en amont qu’en aval. Les structures et les infrastructures scolaires actuelles ne répondent pas aux exigences de compétence d’un monde économique de plus en plus compétitif. Le problème de l’école gabonaise est incontestablement structurel. Le contenu de nos établissements primaires et secondaires est un pâle visage des politiques menées jusqu’ici. On veut inverser la tendance en faisant prédominer la formation scientifique, par un accroissement de l’apprentissage des mathématiques, des sciences et vie de la terre et des sciences physiques. Cela est une approche raisonnable et raisonnée, mais a-t-on mis les outils logistiques nécessaires pour atteindre cet objectif ?  Un lycée ou un collège d’enseignement général, technique qui n’a pas de laboratoire, de plateau sportif ou de centre de documentation peut-il être performant au niveau des résultats?

La majorité des lycées et collèges du Gabon n’ont plus ces structures. C’est le cas du Lycée Indjendjet Gondjout, de Georges Mabignath, de Jean-Baptiste Obiang Etoughe et bien d’autres établissements scolaires. Comment amener un enfant à s’intéresser à la science, si les lycées et les collèges ne sont pas dotés de laboratoires pour l’expérimentation.

 L’homme politique français Jean Zay, disait : » l’école d’un pays sera ce que voudront en faire les politiques. » Ainsi, ce sont les politiques qui décident de l’orientation que doit prendre le système éducatif. Au Gabon, nombre de ministres de l’Education Nationale, depuis 2009, disent que l’une des solutions à la déliquescence du système éducatif est la construction régulière de salles de classe. Cela semble être plutôt une solution « provisoire ». Tous les inspecteurs pédagogiques sont unanimes : la solution ultime c’est la construction de lycées et collèges sur toute l’étendue du territoire avec tous ses supports, c’est-à-dire, plateaux sportifs, bibliothèques, CDI, laboratoires et une réactivation des internats.

Les  internats, dans les années 50, 60 et 70 ont été des lieux formidables de mixité sociale et de valeurs civiques. Pourquoi a-t-on supprimé progressivement cela ? On nous dira que l’Etat n’a plus les moyens d’assurer cela, alors que l’on réfléchisse à cette pensée d’Abraham Lincoln : »si vous pensez que l’éducation coûte cher, osez donc l’ignorance. »

Sur un autre plan, il est temps qu’une  structure comme l’Institut Pédagogique National soit plus visible. Les inspecteurs et conseillers pédagogiques ne sont plus très en rapport avec les enseignants et chefs d’établissements. Il y a des cas où l’enseignant n’est pas inspecté pendant cinq ans, voire quinze ans. Comme le dit un pédagogue : « ce n’est pas le savoir qui tue, c’est la routine du savoir ».

L’exigence d’une école de qualité est un acte citoyen. Chaque rentrée scolaire devient le rocher de Sisyphe du peuple gabonais. Ce sont toujours les mêmes maux et problèmes auxquels sont confrontés les Gabonais.

L’insécurité n’est pas en reste dans l’état malade de l’école gabonaise. Cette insécurité est le reflet de l’état de la société dans laquelle nous vivons. La drogue a fait son apparition dans les cours de récréation et aux abords des établissements scolaires. L’année 2018 -2019 a vu plus d’une vingtaine d’actes de violences perpétrés dans des lycées et collèges. Il faut souligner en grande partie l’apathie de nos forces de sécurité.

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