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Gabon : Grogne des transporteurs contre le racket à Barracuda

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Un taxi à Libreville/Image d'illustration/©DR

L’activité de transports des matériaux de construction (gravier, sable, ferraille, briques), était paralysée mardi 7 janvier 2020 dernier, dans la commune d’Owendo, suite à une pause de protestation du SYLTTEG qui s’insurge contre la montée exponentielle du racket routier sur l’axe carrière Barracuda-carrefour gendarmerie.

Selon le Syndicat Libre des Transporteurs Terrestres, la montée vertigineuse du racket routier, ces dernières semaines dans la commune d’Owendo, est entretenue par les éléments de la police déployés sur le terrain et soutenus par le nouveau Commissaire. «  Comment comprendre que sur un linéaire d’à peine 150 mètres, on se retrouve avec quatre postes de contrôle, à savoir : 2 de la police, 1 de la gendarmerie et un de la mairie d’Owendo ? Et dans leurs contrôles respectifs, ils ne se préoccupent pas des papiers affairant à la circulation des camions, mais la quête journalière qui oscille entre 2000 à 5000FCFA par camion et par poste de contrôle. De l’argent qui va directement dans les poches de ces agents véreux, puisque dépourvu de reçus.

« C’est dommage que dans un pays où ceux qui sont censés lutter contre le racket ou la corruption en soient les principaux acteurs», a déploré Jean Robert Menie, Président du SYLTTEG. Des tracasseries policières quotidiennes  qui ont asphyxiés les transporteurs terrestres, notamment du secteur Camion. «  Nous ne gagnons plus rien, à cause de tous ces contrôles quotidiens, alors que nous sommes en règle vis-à-vis des pouvoirs publics (agrément, visite  technique et autres). Avant la crise économique de 2014, nous demandions entre 70.000 FCFA et  80.000 FCFA par course de transport du sable ou de gravier par camion. Or, aujourd’hui, la course oscille entre  25.000 et 40.000 FCFA en raison de la crise économique. Et si on enlève les tracasseries policières, estimées journalièrement à 15000FCFA, voire 20.000FCFA dans nos maigres ressources, ajoutée au carburant, nous tournons désormais à perte», s’est indigné une victime.

Le sommet de l’Etat, au courant de cette nouvelle forme de corruption pratiquée au quotidien par certains agents  des forces de l’ordre véreux  déployés sur le terrain, devrait réagir, pour châtier les principaux acteurs de ces pratiques blâmables par la loi et  qui n’honorent pas aujourd’hui l’image du pays. « On ne  peut pas continuer à laisser les gens s’enrichir illicitement, comme çà sur le dos des autres sans fournir un moindre effort », a précisé, Jean Robert Menie du SYLTTEG.

Les transporteurs ont demandé la suppression pure et simple de ces postes de contrôles «  mafieux » de la police et de la gendarmerie d’Owendo,  au risque d’entamer une grève générale illimitée dans un proche avenir.

                                                          N.O

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