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Gabon/Fermeture des débits de boissons aux abords des établissements : un non évènement pour les gérants

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Image d'illustration/©DR

La délocalisation des débits de boissons aux alentours des établissements scolaires exigée par les pouvoirs publics est loin de trouver  une suite favorable auprès des tenanciers de ces commerces. Un bras de fer qui pourrait durer plus longtemps que prévu et tant pis pour les élèves dont les conditions d’apprentissage sont, une fois de plus, compromises.

Les gérants et autres tenanciers de bars et débits de boissons établis aux abords des établissements scolaires doivent délocaliser leur commerce à défaut de le fermer. Cette  décision gouvernementale court jusqu’au 30 octobre 2019, date à laquelle  ces opérateurs économiques n’auront plus d’excuses; c’est la mise en application de la phase de répression.

Or il se trouve qu’à une semaine de la date butoir, c’est toujours le statut quo sur le terrain. Les bars restent ouverts aux mêmes endroits et rien d’ailleurs ne montre la volonté de leurs gérants ou propriétaires à vouloir quitter les lieux. Attitude qui annoncerait implicitement un éventuel bras de fer entre pouvoir public et tenanciers de bars.

La nuisance sonore produite par ces centres de divertissement est indéniable,  tout comme les trafics qui s’y font à quelques exceptions près. Ces bars proches des lycées et collèges  imposent des comportements peu recommandables aux élèves qui s’adonnent à la consommation d’alcool et des stupéfiants; l’usage anarchique du sexe et parfois lorsque la musique assourdissante arrive aux oreilles des élèves en classe, certains fredonnent et esquissent quelques pas de dance alors qu’ils sont supposés s’adonner aux activités scolaires : conséquence, l’échec ou l’abandon scolaire.

Si le délai donné aux tenanciers de bars est court comme  nous a confié Théo un gérant, « nous ne sommes pas contre la décision des autorités ; mais le temps qu’ils nous donnent pour déménager est court, car vous savez que trouver un local commercial n’est pas chose facile et il faut une caution et un, voire plusieurs mois d’avance. Où vais-je trouver cet argent ? »,   Il n’en demeure pas moins que la quiétude de ces apprenants dépend de la délocalisation de ces commerces nocifs pour eux.

 Certains parents s’inquiètent  et caressent le vœu de voir cette décision appliquée et les mesures de contrôle mises sur pied, pour dissuader les contrevenants.  Mais au rythme où vont les choses, c’est un féroce bras de fer qui commence et les tenanciers de bars se sentent vainqueurs car la fermeture des bars exigée par les mêmes pouvoirs publics dès 22h30 n’a presque jamais été respectée et rien ni personne pour inquiéter les récidivistes. Les mêmes causes produisant les mêmes effets…

La population ne perd rien pour  attendre ce qui se passera le 30 octobre prochain.

JB

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