Accueil Société Front social: HYPPOCRATE à la rescousse  des retraités de la CNSS.

Front social: HYPPOCRATE à la rescousse  des retraités de la CNSS.

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Des mouvements de grève à la CNSS/DR.

Depuis le mois d’avril 2019, les retraités de la Caisse Nationale de Sécurité Sociale sont en colère contre la mesure de suspension du mode de  paiement mensuel de leurs pensions retraites. Ces derniers ont décidé ces derniers jours d’assiéger quotidiennement  la Direction Générale de la CNSS pour mieux se faire entendre sous le regard inquisiteur des forces de l’ordre. Mais aussi du syndicat HYPPOCRATE de Dr Sylvie Mbote.

La mensualisation de la pension retraite a été mise en place en 2014,  par le Directeur Général sortant, Dr Désiré Lassegue,  lors de la liquidation des hôpitaux de la CNSS en septembre 2013 et sous la pression des retraités qui exigeaient également la mensualisation de leur pension retraite.

Pour le syndicat HIPPOCRATE qui condamne la mesure boudée par les retraités dans sa déclaration du 14 juin 2019 dernier à Libreville : « la mensualisation  de la pension retraite devient un droit acquis, lorsque Nicole Assele a été nommée Directeur Général de la CNSS en Août 2017, les pensions retraites ont continué d’être payées par mois jusqu’en  Mai 2019, où elle décide unilatéralement et sans concertation préalable de revenir au paiement trimestriel sous prétexte de respecter la loi ; article 100 alinéa 2 du code de sécurité sociale. La pension retraite est un droit et non une aumône. C’est l’épargne de leurs cotisations dues par la CNSS ».

Par courrier no 0318/DOP/SPFS/127 du 26 avril 2019, la Banque de Développement des Etats de l’Afrique Centrale (BDEAC) a octroyé à la CNSS un prêt de 45 milliards de FCFA pour la construction de 1000 logements et d’équipements collectifs à OKOLASSI. Comment comprendre que la CNSS ne paie pas les droits des déflatés de 2013, ne paie pas les pensions retraites mais emprunte de l’argent pour construire des logements, mission non régalienne de la CNSS ? Selon l’article 100 du code se sécurité sociale qui stipule que : « 1-les rentes et les pensions sont liquidées en montant mensuel. Le droit à une mensualité est déterminé d’après la situation du bénéficiaire au premier jour du mois civil correspondant.

2-le paiement des pensions et des rentes est effectué trimestriellement à terme échu. Toutefois, lorsque le taux d’incapacité permanente atteint ou dépasse 75%, le titulaire de la rente peut demander que les arrérages lui soient réglés mensuellement. Le paiement de la rente est obligatoirement mensuel lorsque l’incapacité permanente atteint 100% ».

Et l’article 28 alinéa2 de ce même code précise que : «  l’employeur est débiteur vis-à-vis de la caisse de l’ensemble de ses cotisations dues. Il est responsable de leur versement, y compris la part mise à la charge du travailleur qui est précomptée sur la rémunération de celui-ci lors de chaque paie ». Donc, la CNSS, au lieu d’humilier les personnes retraitées et les enfoncer davantage dans la précarité devrait : saisir son ministère de tutelle qui saisira à son tour le parlement en vue d’un projet de loi à même de corriger et d’adapter les échéances de paiement des pensions aux échéances de versements des cotisations par les employeurs. Ainsi, chaque employeur reverserait ses cotisations à la CNSS chaque mois étant donné qu’il opère les retenues des cotisations.

Les retraités doivent être honorés et respectés. Ils aspirent à un repos bien mérité après des décennies de bons et loyaux services. C’est certainement pour ces raisons, que le syndicat HYPPOCRATE soutient avec détermination le SYNARET (Syndicat National des Retraités des Secteurs Privé et ¨Parapublic) pour le maintien de la mensualisation de la pension retraite, que le gouvernement devra arrimer au coût de la vie comme le stipule l’article 102 du code de sécurité sociale au Gabon.

Pour rappel, la CNSS a été créée par la loi 6/75 du 25 novembre 1975 portant code de sécurité sociale pour fournir les prestations sociales aux employeurs et travailleurs des secteurs privé et parapublic, de la main d’œuvre non permanente et des collectivités locales.

Par prestations sociales, on entend : les prestations familiales et celles de maternité ; les risques professionnels, accident de travail et maladies professionnelles ; les pensions  de vieillesse (pensions retraites), d’invalidité et de décès ; les prestations de santé au bénéfice des travailleurs salariés faisant l’objet d’une évacuation sanitaire à l’étranger.

Rufin Martial Ok Nzé 

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