Accueil Société Front social : CGC : Nouvelle montée d’adrénaline

Front social : CGC : Nouvelle montée d’adrénaline

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L'affiche annonçant la grève au CGC/(c)internet.

Début d’année mouvementée au Conseil Gabonais des Chargeurs (CGC). Les agents réclament le paiement de trois mois de salaire, ainsi que de meilleures conditions de travail. Comme nous l’avions annoncé il y a quelques semaines, l’entreprise dirigée par Liliane Ngari fait face à d’immenses difficultés financières.

L’année 2018 a débuté au Conseil Gabonais des Chargeurs (CGC) par un mouvement d’humeur. Ce malaise sera-t-il rapidement circonscris ou est-il annonciateur d’une plongée de longue durée ? En tout cas, pour de nombreux employés, notamment ceux qui ont connu le passage dans l’entreprise d’Albert Joseph Ntoutoume Emane, la crainte de lendemains douloureux est de retour. En 2003-2004 en effet, ces agents pouvaient passer quatre à cinq mois sans leurs émoluments. Les responsables de l’entreprise, eux, n’hésitaient pas pour se faire plaisir. Insouciants et peu portés à préparer un avenir serein à la société, ils dépensaient sans compter et effectuaient régulièrement des missions onéreuses à l’étranger, sans tenir compte de l’état des finances de la  »maison ». Un peu comme aujourd’hui…

Accumulation des salaires impayés et siège de l’entreprise toujours inoccupé…

Aujourd’hui en effet, après avoir connu quelques années de sérénité, les agents du Conseil Gabonais des Chargeurs (CGC) connaissent, depuis peu, de nouvelles montées d’adrénaline. Motif : les arriérés de salaire s’accumulent et la direction générale ne donne pas l’impression de bouger… La semaine dernière, les agents ont barricadé l’accès de leur entreprise et posé des banderoles pour sensibiliser leur hiérarchie et informer l’opinion. Ils ont, ces dernières semaines, alerté les responsables de l’entreprise de l’imminence d’un mouvement d’humeur, mais ceux-ci sont restés sans réaction. Insouciance ? Indifférence ? Pourtant, le Conseil Gabonais des Chargeurs est une entreprise jouissant de l’autonomie de gestion administrative et financière. Il y a quelques années, les députés s’étaient même interrogés sur le fait qu’une telle entreprise ait des recettes conséquentes, mais ne paie aucun impôt.

Il y a nécessité d’un nouveau management :  »Le CGC ne doit pas être la vache à lait de certains »…

Les agents, eux, se disent surpris de la situation dans laquelle s’est englué le Conseil Gabonais des Chargeurs. Les entreprises  »voisines », à savoir la Caisse de stabilisation et de péréquation (Caistab) et la Caisse nationale de Sécurité sociale (CNSS) parviennent à payer les salaires de leurs agents, ainsi que diverses charges. Or, le CGC a rompu la chaîne de la confiance. Après des salaires payés après quarante-cinq jours d’abord, puis après soixante jours, cette entreprise publique n’arrive plus à tenir ses obligations salariales. Dans le même temps, les agents demandent de meilleures conditions de travail, mais le siège de l’entreprise construit sous Alfred Nguia Banda attend toujours ses occupants… Qu’on ne désigne pas des raisons exogènes pour expliquer ces dysfonctionnements et nombreux manquements, car cette entreprise a tout simplement besoin d’un nouveau management !  »Le CGC ne doit plus être la vache à lait de certains », a crié un manifestant devant le CGC la semaine dernière.

Melchior Ndabeyne

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