Factures impayées : Le Gabon et la mauvaise image de mauvais payeur

Factures impayées : Le Gabon et la mauvaise image de mauvais payeur

582
0
PARTAGER
DR.

Les créanciers du Gabon frappent à la porte : après l’homme d’affaires italien, c’est maintenant Richard Attias qui se rappelle au bon souvenir d’Ali Bongo. Il exige, avant d’intenter un éventuel procès, qu’on lui règle une ardoise datant de 2015… Depuis avril 2017, les promesses qu’on lui a faites sont demeurées vaines. Vincent Bolloré, homme d’affaires français, aurait décidé de porter plainte contre le Gouvernement gabonais qui, au mépris du contrat qui les liait au sujet de la gestion portuaire, a signé une convention avec l’entreprise Olam pour la gestion d’un port commercial. La piteuse image du Gabon à l’international n’est pas prête de s’estomper…

Les mauvaises nouvelles s’accumulent pour le Gabon et son Gouvernement dont on ne saurait dire s’il est composé de  »m’enfoutistes », de  »bras cassés » ou d »’amateurs ». Après avoir accordé une sorte de monopole à Vincent Bolloré et à son entreprise STCG pour la gestion du port d’Owendo, le Gouvernement gabonais a trouvé une parade pour accorder à la multinationale et multisecteurOlam la gestion d’une partie de la zone portuaire d’Owendo, principal port du pays. Comme il fallait s’y attendre, Vincent Bolloré qui a confiance à la justice française (et non à la justice gabonaise -ce qui est le signe d’un environnement juridique des affaires à revoir complètement) aurait décidé d’ester en justice.

Peu avant lui, c’est Richard Attias, l’organisateur des New York Forum Africa de 2012 à 2015 (quatre éditions) qui a fait connaître sa mauvaise humeur aux autorités de Libreville. Après avoir pris soin d’envoyer son avocate, Me Emmanuelle Hoffmann, à Libreville pour un règlement à l’amiable d’une ardoise de près de 420 millions CFA liée à la tenue de l’édition 2015 du New York Forum Africa, et malgré diverses correspondances adressées aux ministres Mathias OtoungaOssibadjouo (Budget et Comptes Publics) et Régis Immongault (Economie, Prospective et Programmation du Développement), ainsi qu’au directeur de Cabinet d’Ali Bongo, le bimensuel français La Lettre du Continent qui a révélé cette information indique que, devant le manque de réaction des autorités gabonaises, Richard Attias serait prêt lui aussi à porter plainte contre la présidence de la République gabonaise.

Des plaintes ici et là contre le Gabon. Des menaces de saisie des biens du Gabon à l’extérieur. L’entrée en scène de Richard Attias est présentée, par ses proches, comme un acte fondateur destiné à avilir définitivement l’image du Gabon à l’extérieur. Si les thuriféraires du régime affirment que Guido Santullo ne doit pas être payé  »parce qu’il a mouillé toute l’administration financière gabonaise », que va-t-on dire de Richard Attias ? Le mari de Cécilia Sarkozy-Attias a-t-il lui aussi  »graissé la patte » aux ministres et hauts fonctionnaires gabonais ? A-t-on, en fait, affaire à un Gouvernement de  »voyous » ?

Santullo, Bolloré, Attias. Comment en est-on arrivé là ? Il s’agit assurément, pour le moins, d’un manque de considération pour les investisseurs étrangers venus réaliser des affaires au Gabon. Tout au plus, il s’agit d’une volonté de noircir et de ternir l’image d’un pays que les tenants actuels du pouvoir semblent ne pas tenir en estime. C’est la question que l’on se pose dans l’opinion : les Emergents aiment-ils le Gabon ? Ils ont en tout cas un comportement vis-à-vis de ceux qui viennent investir dans le pays que rien ne justifie. Il n’est pas si banal que des dirigeants d’un Etat invitent des investisseurs et ne veuillent pas les payer après investissement. Avec quels yeux voudraient-ils que le monde de l’entreprise regarde le Gabon ?

Alors, quand ils parlent d’avoir payé la dette, de quelle dette s’agit-il ? Les instituts de notation, tel que Moody’s ne cessent de dégrader la note du Gabon, et cela ne semble pas les détourner de l’option qu’ils ont choisie : vendre le Gabon à l’étranger et refuser de payer les investisseurs qui acceptent d’y venir. Année après année, le monde de l’entreprise ne cesse de trouver, au Gabon, de nouvelles sources de mécontentement et d’insatisfactions.

N.T

 

 

 

 

 

Facebook Comments

AUCUN COMMENTAIRE