Accueil Société Evènement: La journée de l’enfant africain en question ?

Evènement: La journée de l’enfant africain en question ?

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L'an dernier, la journée a été célébrée en milieu carcéral/©DR

En mémoire du massacre de centaines d’enfants noirs  Sud-Africains lors d’une marche pacifique pour leurs droits à Soweto, le 16 juin 1976 par le régime de l’apartheid, la communauté internationale a célébré le 16 juin 2019 dernier la journée de l’enfant africain. Un évènement qui n’est pas passé sous silence à Libreville.

Instituée en 1991,  par l’Organisation de l’Unité Africaine, la date historique de ce massacre a été célébrée par solidarité à la jeunesse Sud-Africaine   à Libreville par le Gouvernement, l’UNICEF en partenariat avec la société civile.

A l’occasion de ladite journée, l’Association de Lutte Contre les Crimes Rituels, a saisi cette opportunité pour attirer davantage l’attention des décideurs sur les effets néfastes de cette nouvelle forme de barbarie humaine qui touche majoritairement les enfants au Gabon. «  Chaque fois que l’occasion lui en est donnée, l’ALCR  ne cesse de rappeler à tous, l’importance de défendre la vie sacrée de nos enfants par une lutte acharnée contre ce fléau. Le bilan de la mise en œuvre des recommandations issues de différentes négociations et actions est triste, il se caractérise non seulement par la persistance de l’impunité encourageant ainsi, la persistance des crimes rituels, mais aussi, par un abandon total des parents des victimes à leur triste sort face aux conséquences désastreuses de ces crimes sur leurs vies », a précisé Jean Elvis Ebang Ondo, Président de l’ALCR,  dans  son communiqué de presse parvenu à notre rédaction. Les différentes mesures et politiques nationales en faveur de l’enfance et de la jeunesse gabonaise se montrent inefficaces en raison de la mal gouvernance. Les bourses scolaires de l’enseignement public ne sont plus versées aux élèves du secondaire depuis quelques années, alors que cette mesure permettait aux parents économiquement faibles la prise en charge de certains besoins élémentaires de leurs enfants. Pire, la mesure impopulaire prise cette année et relative aux nouvelles conditions d’attributions des bourses d’études dans l’enseignement général après obtention du Baccalauréat  où l’élève de terminale devra avoir une moyenne supérieure ou égale à 12/20 ayant 19 ans au minimum,  pour espérer toucher la bourse.

La jeunesse gabonaise traverse aujourd’hui une période difficile. Elle est victime de la perte des valeurs faute de repères solides. Cette jeunesse à défaut d’avoir ‘’des perles se contente des merles’’ notamment à s’adonnant à cœur joie et de façon récurrente à des activités peu orthodoxes telles que : la consommation abusive de l’alcool et des stupéfiants au vu et au su de tous. Or, les pouvoirs publics détenant les leviers de commandes de l’économie nationale devraient lui créer des loisirs  appropriés (bibliothèques gratuites, aires de jeux….) pour qu’elle soit à l’abri de l’oisiveté mère de tous les vices (fréquentation permanente des bars et des lieux peu recommandables pour la jeunesse).

Pour le Président de l’ALCR : «  l’enfant reste et demeure un enfant, qu’il vive dans la rue ou chez ses parents, qu’il provienne d’une famille riche ou démunie, qu’il soit instruit ou pas ». L’association interpelle davantage l’Etat de garantir un environnement protecteur des droits de l’enfant pour bâtir un monde meilleur.

rY

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