Entrée en 6è : Ali rattrapé par le temps

Entrée en 6è : Ali rattrapé par le temps

106
0
PARTAGER

Au moment où il a décidé d’entreprendre sa campagne électorale maquillée en tournée républicaine, les élèves admis en sixième ne connaissent pas leurs établissements d’accueil. Un fait sans précédent.

Les résultats du concours d’entrée en sixième sont officiellement connus depuis le 11 juillet dernier. Et depuis ce jour, parents d’élèves et responsables d’établissement se perdent en conjecture : les élèves admis en classe de sixième pour l’année scolaire 2016-2017 n’ont pas été orientés. Quoique admis, ils ne savent pas dans quel établissement ils seront reçus dès septembre prochain. Les raisons de cet imbroglio ? Le manque criard des établissements secondaires au Gabon.

Jusqu’en cette fin d’année scolaire, les effectifs pléthoriques dans les collèges et lycées publics constituent le talon d’Achille des différents des gouvernements qui se sont succédé depuis 2009. Ce, malgré les budgets colossaux officiellement votés par le Parlement gabonais. Mieux, en 2010, pour pallier, entre autres, à la carence des salles de classes dans le secondaire, les Etats généraux de l’Education se sont tenus. Au cours de ce conclave qui a vu la participation de plusieurs experts et autres partenaires sociaux du secteur, plusieurs résolutions ont été prises à court, moyen et long terme. Six ans après, le désastre est patent. Avec des salles de classes étroites qui reçoivent, 80, voire 120 élèves. Là où la norme est à plus de 40 élèves par classe.

«les derniers établissements secondaires construits au Gabon, datent de Michel Menga» du nom du dernier ministre de l’Education d’Omar Bongo, indique un responsable d’un syndicat de l’Education nationale. Depuis là, aucun autre établissement n’a vu le jour. Question : où sont passés tous les budgets alloués pour la bonne cause ? Pourtant, une soixantaine d’établissements avaient été budgétés pour leur construction, en regardant bien les lois de finances de 2010 à 2015.

Pour sauver les meubles, on apprend que les élèves admis en sixième pourraient être orientés dans les mêmes établissements secondaires aujourd’hui très saturés, vu qu’on ne peut construire un collège à deux mois de la rentrée des classes. Ici, le gouvernement aurait misé sur le fameux turn-over qui avait déjà connu un fiasco au Gabon. Une rumeur ( ?) qui commence déjà à faire grincer les dents auprès des partenaires sociaux et des parents d’élèves dans un contexte où le transport en commun est lui aussi en lambeaux.

Voilà qui pourrait doucher la campagne d’un Ali Bongo qui, en sept ans de magistère, a eu les budgets d’investissements les plus  colossaux de ces 25 dernières années, sans que les secteurs vitaux d’une nation, à l’instar de l’Education, ne connaisse un véritable essor.

Melchior Ndabeyene

Facebook Comments

AUCUN COMMENTAIRE