Accueil Société Enseignement supérieur: Un grand malade appelé ‘’Université Omar Bongo’’.

Enseignement supérieur: Un grand malade appelé ‘’Université Omar Bongo’’.

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L'entrée principale de l'UOB©DR

Au lendemain du mouvement de grève des étudiants de l’UOB qui réclament le paiement des sommes prélevées dans leurs bourses d’études de 754.000FCFA à 500.000FCFA soit 254.000FCFA. Et quelques semaines après  la tenue  du Conseil de l’Université Omar Bongo de Libreville, beaucoup s’interrogent à quel moment l’UOB retrouvera ses lettres de noblesse ?

Si à l’Université des Sciences et Techniques de Masuku (USTM),  le budget est exécuté à 85% et à l’Université des Sciences de la Santé d’Owendo à 90%, déplore un enseignant d’économie sous couvert d’anonymat. A l’université Omar Bongo de Libreville, ses budgets ne sont exécutés qu’à hauteur  de 30 % depuis 2015. « Qu’à cela ne tienne, pour fonctionner normalement sur une année, nous avons besoin de revenir au niveau du budget 2013, qui se situait de 5 milliards de francs CFA. Une enveloppe qui était intégralement versée par la subvention de l’Etat. Nous avons donc besoin de remonter à ce niveau, d’autant que 2019 est une année spéciale. Cette année prépare en effet 2020, date à laquelle sera célébrée le cinquantenaire de l’UOB » a déploré récemment son  Recteur, Marc Ropivia, lors de la tenue de son Conseil Budgétaire à Libreville.

Créée en 1970,  et avec un effectif  de 28.000 étudiants en 2019, l’Université Omar Bongo apparait aujourd’hui, du point de vue physique, comme un grand ‘’malade  cloué au lit et abandonné à lui-même’’ en somme,   un champ de ruines. Le réseau routier du campus est comme éventré par des obus. Et comme cela ne suffisait pas,  Les 28000 étudiants, issus pour l’essentiel des familles modestes, sont contraints de louer les chambres de fortune dans les quartiers sous intégrés. Les 600 chambres que comptent le campus universitaire avec ses 1200 lits étant toujours fermées. «  Dans les normes modernes, il est préférable d’avoir 600 lits. Avec un effectif de 28000 étudiants à l’université à qui attribuer une chambre aujourd’hui ?, s’est interrogé le Recteur de l’UOB, apparemment dépassé par l’état de déliquescence de son institution ‘’laissée pour compte’’. 

 Pourquoi faire de l’UOB le parent pauvre du système universitaire du Gabon surtout à l’ère du système LMD qui nécessite un cadre adéquat de travail pour l’ensemble des personnels enseignant-administratif et étudiants ? Et pour couronner le tout, les structures d’accueil ayant seulement une capacité de contenir 7000 étudiants,  ne répondent plus aux normes actuelles. Même s’il est vrai que les autorités rectorales annoncent la construction de trois amphithéâtres dans un proche avenir. Mais la situation est alarmante.

On se souviendra qu’en Août 2015, le président de la République, Ali Bongo, certainement obnubilé par la fièvre pré-électorale de la présidentielle 2016,  avait annoncé avec fracas et à coups de tapage médiatique qu’il cédait une partie de son héritage et trois demeures du patrimoine paternel à l’Etat. « Pour la jeunesse du Gabon, une université sera fondée, et pour le rayonnement du pays, Paris accueillera deux nouveaux bâtiments culturels et diplomatiques Gabonais. Près de 4 ans plus tard, rien n’a bougé d’un iota, ce n’était qu’un coup de communication visant à séduire les jeunes à la veuille de la présidentielle d’Aout 2016.

En dépit de ce triste constat, la première université gabonaise, a besoin urgemment d’une véritable cure de jouvence pour permettre à la jeunesse gabonaise de se former dans des conditions adéquates et dignes d’un état qui se dit moderne. Ce n’est qu’à ce prix que l’UOB recouvra certainement sa ‘’guérison académique’’.

Rufin Oke Nzé

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