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Enseignement supérieur et technique: Une aberration scientifique à l’ ENSET

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Avec la soutenance de deux thèses de doctorat, le 5 juin 2017, par deux enseignants du second degré technique (Lycées), à l’Ecole doctorale des grandes écoles, Nganga-Kouya Donatien (Maître de conférences) vient de compléter son élévation au grade de professeur titulaire. A ce titre, Kibouka Richard et Mandatsy Jean Brice, deux enseignants de second degré technique (enseignant de lycées techniques), sont devenus sa voie de sortie.

En effet, en 2010, Donatien Nganga-Kouya montait parallèlement, aux formations internes à l’ENSET, un Master 2 professionnel. Pour Kibouka Richard et Mandatsy Jean Brice, deux enseignants de Lycées techniques affectés à l’ENSET, ce Master 2 sera pour eux le sésame pour les inscrire comme doctorants à l’Ecole Technique Supérieure (ETS) de Montréal au Canada où lui-même Nganga-Kouya était étudiant. Ce qui semble curieux, c’est qu’au bout de 4 ans, les deux compères reviennent bredouilles et font partie des premiers étudiants inscrits en 2016, à l’école doctorale des grandes écoles. 2016 est l’année d’ouverture de l’Ecole doctorale des grandes écoles. Nganga-Kouya Donatien est aussi désigné cumulativement Directeur scientifique et Pr. Nguema Endamane de l’ENS est désigné Directeur de ladite école.
Mieux, avec près de douze filières à l’ENSET, la seule discipline à obtenir cinq (5) doctorants est la productique mécanique contre un (1) en génie électrique et un (1) pour toute la spécialité Sciences et Techniques du tertiaire (STT). Soulignons toutefois que parmi les sept (7) doctorants de l’ENSET, figurent deux nouveaux rescapés qui ont comme les deux premiers, brillamment échoué à l’Ecole Technique Supérieure (ETS) de Montréal au Canada.
Ainsi, en 2016, année d’ouverture de l’école doctorale de « l’ENSET », Kibouka Richard et Mandatsy Jean Brice comme par enchantement s’inscrivent en 1ère année de thèse avec pour diplômes de base, un Master 2 professionnel. Ils deviennent ainsi, les premiers étudiants de cette école à s’inscrire en 1ère année de thèse. Le mercredi 5 juin 2017, Kibouka et Mandatsy sont les seuls étudiants à soutenir au sein de cette école.
Tout cela se faisant en interne pendant qu’ils enseignent à l’ENSET et couvert par le budget de l’ENSET et sans que la Fonction publique, ne soit informée et ne donne quitus à leur formation. Pourtant, les textes sont clairs : « Tout fonctionnaire qui veut suivre une formation verticale ou pas et reconnue administrativement devra officiellement constituer un dossier de mise en stage qui lui donne le droit de suivre un stage dans le cas où sa sollicitation est agréée. Cet accord lui donne droit à une attestation de mise en stage. Pour son reclassement ou pour un éventuel changement de corps dans les normes, l’intéressé devra fournir à la fin de sa formation, son attestation de fin de stage et le diplôme pour lequel il a été mis en stage ». Les deux compères n’ont jamais suivi cette procédure ou rempli aucune de ses conditions.
Comment comprendre alors qu’une année après sa création, cette école doctorale ait délivré des parchemins à deux de ces étudiants qui n’étaient inscrits pourtant qu’une année avant ? Ont-ils capitalisé sans qu’il n’ait eu de cotutelle, les années passées comme doctorants au Canada ? Si oui, comment comprendre qu’ils se soient inscrits comme étudiants en 1ère année de thèse au sein de la nouvelle école ? Pourquoi ne les a-t-on pas officiellement inscrits en 2ème ou en 3ème année ? Autant d’incohérences qui méritent qu’on se pose autant de questions. Le directeur général aurait simplement précipité les choses et la communauté universitaire est restée muette face à cette aberration scientifique.

Mieux, lors du cinquième (5ème) conseil d’administration de l’ENSET le 15 décembre 2017, Donatien Nganga-Kouya annonçait déjà aux participants dont le Ministre d’Etat Mapangou, son ambition : « … de présenter les deux nouveaux docteurs pour une inscription sur les listes d’aptitudes au grade de Maitre-Assistant au Comité Technique Spécialisé (CTS) Sciences et Techniques de l’Ingénieur (STI)». Depuis lors, il s’active pour les présenter cette année. On comprend aisément que le CAMES est devenu un département de l’ENSET qui, au mépris des principes universitaires, propose la graduation à un personnel au profil administratif et universitaire inadaptés quand on sait que cette école possède près d’une dizaine de docteurs et autant de professeurs d’écoles normales.
Soulignons aussi que les universités et grandes écoles reçoivent du CAMES, une subvention pour permettre à chaque enseignant d’être accompagné et donc de postuler sereinement. Or, à l’ENSET, en dépit de cette subvention, il n’existe pas officiellement une cellule interne du CAMES et les enseignants de cette école n’ont que leurs yeux pour pleurer.
Aux deux tutelles de l’enseignement supérieur et à l’éducation nationale de voir comment l’institution a perdu sa vision d’école de formation des formateurs telle que l’ENS l’a compris. L’actuel Directeur a, déjà, dix (10) ans à la tête de cette institution et sa vision nous rappelle désormais le principe de l’asymptote en mathématiques.

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