Accueil Société Enseignement Supérieur: Quid de la réouverture du ‘’Restau U’’?

Enseignement Supérieur: Quid de la réouverture du ‘’Restau U’’?

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Le restaurant universitaire.

La question mérite d’être posée, si l’on s’en tient à l’attente jugée longue par les étudiants qui ne savaient plus à quel saint se vouer. Toutefois, il y a à redire sur ces repas indigestes servis aux nombreux enfants des prolétaires au temple du savoir.

Le restaurant de l’Université Omar Bongo a rouvert ses portes à Libreville, le jeudi 15 février dernier, apparemment à la grande satisfaction de ses usagers. Ainsi, près de 800 repas ont été servis ce jour-là. Et depuis lors, ce nombre va crescendo atteignant près de 1000 repas jour. Mais là ou le bât blesse, c’est que ces repas manquent de consistance, selon les principaux consommateurs que sont les étudiants.

En effet, plusieurs langues se délient à l’UOB pour stigmatiser la qualité des repas actuellement servis et dont l’actuel Ministre de l’enseignement supérieur Guy Bertrand Mapangou, s’est pompeusement déplacé pour en faire une communication politique. Pas d’entrée, ni même de jus de fruits, encore moins, toutes les commodités qui jadis, entouraient un bon plat au ‘’RESTO U’’.

Il faut dire que depuis un peu plus d’un an et demi, les restaurants des Universités et grandes écoles gabonaises étaient fermés. Les étudiants et tout le personnel universitaire devaient chercher où trouver de la pitance. Beaucoup étaient obligés de se rabattre vers les cafétérias des quartiers avoisinants leur univers.

Les conséquences étaient nombreuses et auraient pu être fâcheuses tant on sait parfois dans quelles conditions les repas sont faits et servis dans ces ‘’prêts à manger’’. Il faut surtout dire qu’en période de crise généralisée, fragilisant davantage les moins nantis, et Dieu seul sait combien on en compte parmi les étudiants, les prix de nos restaurants de proximité des ‘’mapanes’’ ne sont pas pour permettre de manger tous les jours, encore moins trois fois par jour.

Puisque le prix le plus bas d’un repas y est de 1500 FCFA. Aussi, nombre d’étudiants sont issus des familles économiquement faibles et n’ont pas de parents à Libreville. Ils sont alors très peu nombreux ceux qui peuvent se permettre le luxe de manger à 1500 FCFA pour un repas et à raison de trois repas jour.

Il faut rappeler que le Centre National des Œuvres Universitaires (CNOU) avait cédé ce service capital pour la vie des étudiants et enseignants à l’entreprise SODEXO en 2012. Jusqu’en 2016, le service était fonctionnel.

L’Etat gabonais ayant décidé depuis un certain temps, de semer la zizanie aux entreprises qui ne roulent pas selon sa ligne dictatoriale, avait jeté l’opprobre  sur ladite entreprise en 2016, l’obligeant systématiquement à arrêter ses services dans les grandes écoles et universités gabonaises.

Mais, il faut reconnaitre que SODEXO, entreprise privée, avait une expertise en la matière, en vue d’améliorer la qualité de service des restaurants universitaires. Elle a, par exemple, procédé à des formations et au recyclage du personnel pour une productivité plus efficiente. Et elle a acheté une batterie de cuisine pour une amélioration considérable dans la capacité du nombre de repas à servir par jour.

Rouvrir ces restaurants universitaires n’a pas été chose aisée, si on considère le niveau d’exigence que cela requiert aujourd’hui, en termes de main-d’œuvre, de financements, de remobilisation de l’administration et du personnel, etc. pour garder, sinon relever la qualité de ce service ô combien important pour le monde universitaire.

   Sur ces points précis, il faut dire que le personnel rencontre d’énormes problèmes qui auraient pu empêcher la réouverture de ces restaurants. Le personnel est par exemple en sous-effectif, vieillissant, et parfois non-qualifié, pour certaines tâches bien spécifiques au bon fonctionnement de la cuisine.

D’après le Directeur Général du CNOU, la cuisine du restaurant de l’U.O.B. par exemple emploie actuellement 130 personnes au lieu de 160. Sur le plan financier, l’Etat n’a pu acheter qu’une nouvelle batterie de cuisine, qui permet désormais de colmater les brèches pour répondre de manière efficace à la demande. Car le nombre d’usagers du restaurant est toujours croissant.

C’est dans ce contexte qu’un effort de 500 FCFA pour un repas est demandé  aux usagers qui en payaient le plat hier à 150 frs avec entrée, accessoires de résistance et dessert.

Certes, le restaurant moderne comporte maintenant une salle V.I.P pour accueillir les enseignants-chercheurs, là-bas aussi, un peu comme les étudiants, les cadres de l’UOB conjuguent le souffre à 1000 FCFA le repas.

Néanmoins, la tutelle dit revoir ses ambitions à la hausse, en servant près de 3000 repas par jour au premier semestre, et au finish, aller crescendo pour atteindre 8000 repas par jour jusqu’au mois de juillet prochain.

Rappelons que le Centre national des œuvres universitaire déploie ses compétences et son utilité à travers deux missions principales : le logement et la restauration des étudiants. Ces deux missions étaient jusqu’au 15 février 2018 quasi-inexistantes au sein des universités gabonaises depuis un an et demi.

Six mois après son arrivée à la tête du Ministère de l’Enseignement Supérieur, Ministère réputé difficile du fait de la récurrence des grèves et des difficultés présentes, Guy-Bertrand MAPANGOU, est appelé à travailler d’arrache pieds afin de donner une véritable lisibilité dans l’action concrète du Gouvernement concernant cet univers que de jouer au saupoudrage et au tape à l’œil.

La réouverture des restaurants pourrait devenir un signe d’espoir dans un avenir lointain, et le pragmatisme tant souhaité par les usagers ne sera  plus exhaustif que si le campus offre des conditions optimales.

LMA

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