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Ebola : Une urgence mondiale

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Ebolo toujours l'alerte/©DR

Le 1er août dernier, cela faisait un an, jour pour jour, que la République Démocratique du Congo (RDC) est confrontée à sa dixième épidémie d’Ebola, récemment qualifiée, le 18 juillet dernier, d’urgence de santé publique de portée internationale par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS). Un an après le retour du virus dans le pays, la situation épidémiologique semble incontrôlable, malgré l’importante mobilisation de la communauté internationale.

Les épicentres se sont déplacés du Nord-Kivu vers l’Ituri, puis se sont multipliés, comme par scissiparité, dessinant plusieurs fronts dans une « guerre » partie pour durer de longues années. D’après le magazine Le Monde Afrique, la capitale du Nord-Kivu, Goma, à l’est de la RDC, ne se sentait pas vraiment concernée par le virus Ebola. Il semblait lointain, confiné aux zones septentrionales de la province et à l’Ituri, plus au nord. Là, selon les chiffres officiels, plus de 1.800 personnes infectées par la maladie ont perdu la vie depuis le déclenchement de cette nouvelle épidémie sur le territoire congolais, la plus grave et la plus difficile à combattre.

Depuis le 14 juillet dernier, et le diagnostic positif d’un premier malade, l’angoisse est montée d’un cran dans cette ville frontalière du Rwanda. A ce jour, l’on décompte quatre cas contrôlés positifs. Plus grave, le risque que l’épidémie pourrait s’étendre dans d’autres régions et même dans les pays voisins, est élevé. Le Rwanda, le Burundi, l’Ouganda et même la Tanzanie, plus au sud, sont exposés. Des appréhensions nourries par les déficits structurels et conjoncturels auxquels sont confrontées les équipes et les mécanismes chargés d’organiser et mener la riposte. En premier lieu, l’on évoque la pauvreté du pays qui oblige à une grande promiscuité dans les ménages et la vie de tous les jours, permettant ainsi au virus de se propager très rapidement. Ensuite, l’insécurité qui règne en maître dans la partie est du pays ne favorise pas non plus une intervention optimale. Enfin, la méfiance des populations vis-à-vis de l’Etat est telle que de nombreux Congolais ne croient pas encore que la maladie soit effective.

En gros, la riposte contre Ebola est surtout confrontée à ces problèmes rencontrés dans plusieurs pays africains : insuffisance de structures sanitaires et de personnel préparé à faire face à un tel défi. Quoi qu’il en soit, les autorités congolaises ont pris le problème à bras le corps, assurant que « Le Chef de l’Etat a confié la direction de la riposte à un comité d’experts mené par le professeur Jean Jacques Muyembe Tamfum. Ce scientifique congolais de réputation mondiale qui a co – découvert le virus Ebola en 1976, a pris le risque de déclarer son ambition de venir à bout de cette épidémie en trois à quatre mois ».

Quelles sont les mesures prises au Gabon ?           

 Au cours d’un point-presse, animé le vendredi 26 juillet dernier, le ministre de la Santé, Max Limoukou, a longuement exposé sur les dispositions prises par notre pays au sujet de cette situation. Si à ce jour, au Gabon, « Aucun cas de maladie à virus Ebola n’a été notifié sur l’ensemble du territoire national, toutefois le gouvernement a pris les dispositions nécessaires pour faire face à une éventuelle épidémie », a soutenu le patron de la Santé. Parmi les mesures prises, on distingue : « l’activation du comité opérationnel de riposte aux épidémies, le renforcement de la surveillance aux portes d’entrée aux frontières et dans toutes les formations sanitaires, le renforcement des capacités des personnels impliqués dans la surveillance et la riposte des épidémies, la mobilisation des partenaires techniques multisectoriels, la mobilisation des partenaires au développement, notamment l’Organisation mondiale de la santé ». On se souvient que notre pays a été touché à quatre reprises par le virus, lors de la période 1994-1995, en 1996, 1998 et en 2002. Autant dire que le Gabon a eu le temps d’affûter son dispositif et s’y connaît très bien.

Yohan Freddy NGUEMA ZUE   

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