Accueil Société Détention humaine: ‘’Sans famille’’, un véritable ‘’mouroir’’ ? 

Détention humaine: ‘’Sans famille’’, un véritable ‘’mouroir’’ ? 

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La prison centrale de Libreville/©DR.

Bon nombre de détenus n’ont de cesse de décrire les conditions de détention inhumaine à la prison centrale de Libreville.  Des mauvaises conditions qui sont surtout réservées à ceux qui ont fait du tort au pouvoir en place. Un informaticien de nationalité ivoirienne, celui-là même dont- on accuse être venu au Gabon, pour aider Jean Ping à truquer le fichier électoral, Yeo Sihifowa en paie les frais. « Je suis devenu l’esclave de toute la prison centrale », a-t-il fait rapporter par son avocat.

Sous d’autres cieux, même les véritables criminels de grand chemin ne peuvent subir de tels traitements, à fortiori ceux qui ne sont là que pour des dénis politiques, contre le pouvoir. Au Gabon, en plus du fait que les délais de détentions dépassent largement les temps requis, s’ajoutent à ces faits, les mauvaises conditions de détention. Démontrant bien que les prisons du Gabon sont aux antipodes du respect des droits de l’Homme.

Faut-il le rappeler, aujourd’hui, la prison centrale de Libreville, la plus grande du pays, ne répond plus aux normes d’une prison digne de ce nom. Au départ, prévue pour accueillir moins de 1000 détenus, elle compte aujourd’hui, bien plus. Le conseil de Ballack Obame, jeune militant de l’opposition, en détention à la prison centrale de Libreville, indiquait, lors d’une conférence de presse, que son client était détenu dans une pièce isolée, accompagné des rats, des cafards et bien d’autres insectes. Bertrand Zibi Abeghe, dont le seul crime est d’avoir démissionné devant Ali Bongo, subit aussi les frais. Plus récemment, c’est   Yeo Sihifowa, informaticien, de nationalité ivoirienne.  Son crime, dit-on, c’est d’être venu aider Jean Ping à truquer le fichier électoral, lors de la dernière présidentielle de 2016. Le présumé innocent, (trois ans de détention, aucun procès jusqu’à ce jour), dit être devenu l’esclave de toute la prison centrale de Libreville, « je suis soumis aux corvées les plus inhumaines. Je n’ai aucun soutien, depuis trois ans. Pas de parents pas d’amis pour manger ici. Je dois travailler pour d’autres détenus qui reçoivent au quotidien le soutien de leurs parents», s’est-il lamenté.

Ce n’est pas tout, Jean Rémy Yama, leader syndical, avait lors d’un séjour à ‘’sans famille’’, choppé une maladie. Depuis lors, il est obligé de passer ses nuits à l’aide d’un appareil respiratoire. Il s’agit là, des personnes connues, pour leur combat, mais qu’en est-il des autres détenus, surtout ceux de la Chine populaire, qui sont détenus entassés dans une cellule hors norme ? C’est dire. Questions : sachant que la prison centrale de Libreville est surpeuplée, pourquoi s’obstiner à garder hors de délais de détention préventive un détenu, sans un procès, devant statuer sur le sort de ce dernier ? A quand débute la construction de la future prison centrale, dont le lieu de la construction est prévu à Nkoltang sur la nationale 1 ? A moins de penser que les détenus, méritent le sort qui leur est réservé à l’actuel ‘’sans famille’’.

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