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Décès d’un sous-préfet, problème de galons à la Police, grand banditisme, insécurité grandissante: Début d’année très difficile pour Lambert Matha

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Lambert Noel Matha; le ministre de l'intérieur/DR.

Nommé il y a tout juste quinze mois à l’Avenue Léon Mébiame, dans la commune d’Akanda, Lambert Matha semble déjà montrer quelques signes d’essoufflement. Le quatrième ministre de l’Intérieur d’Ali Bongo, qui vient d’annoncer le lancement prochain d’une opération  »Libérez les trottoirs » à Libreville, connaît un début d’année plutôt compliqué.

Lambert Matha a annoncé, dans un communiqué publié le 3 février dernier, qu’il allait lancer une opération  »Libérez les trottoirs », un peu comme Léandre Nzué, du temps où il était à l’Hôtel de Ville de Libreville. Bien à lui si cette opération venait à réussir, elle lui permettrait de reprendre la main? car elle a mal démarré pour lui l’année 2018.

L’année 2018 a en effet démarré sous de mauvais auspices pour le ministre de l’Intérieur, de la Sécurité et de l’Hygiène publique. Les services de son département ministériel ont mal géré le malaise accidentel du sous-préfet d’Akam Essatouk (dans le département du Woleu), Sylvain Evouna Ovono. Celui-ci avait eu, le 2 janvier, un malaise dans son véhicule de commandement alors qu’il se rendait à son lieu de travail. Conduit au Centre hospitalier régional d’Oyem (CHRO), il avait été rapidement pris en charge par l’équipe médicale. Celle-ci estima qu’il valait mieux que le sous-préfet soit évacué dans un hôpital plus approprié, c’est-à-dire à Libreville ou Owendo.

Si des moyens avaient été dégagés à temps par le ministère de l’Intérieur

Saisi par la sous-préfecture concernée, les services du ministère répondirent qu’ils enverraient un hélicoptère médicalisé  »dans les trois jours, en tout cas avant la fin de la semaine » pour permettre au sous-préfet de venir se faire soigner à Libreville, comme l’avait souhaité l’équipe médicale du CHRO. Mais, le vendredi 5 janvier, retournement (regrettable) de situation : ces services ont fait savoir que cela n’était plus possible, car le coût de l’hélicoptère médicalisé, 5 millions CFA, s’est révélé trop cher pour le ministère de l’Intérieur. Puis, ils ont coupé toute liaison téléphonique avec Akam Essatouk et Oyem. Délaissée et abandonnée, la famille a alors choisi de le faire partir par l’ambulance du CHRO. A son arrivée tôt le samedi matin devant le CHU d’Owendo où il avait été décidé de l’évacuer, le sous-préfet a rendu l’âme. Cette évacuation tardive lui aura été fatale.  »La vie de Sylvain Evouna Ovono aurait pu être sauvée si des moyens avaient été dégagés à temps ». Un haut fonctionnaire, représentant de l’Etat dans un district, est ainsi décédé…

Une année qui s’annonçait sous de mauvais auspices, disions-nous plus haut. Effectivement, puisque quelques jours seulement après le décès du sous-préfet, est arrivé le problème de la gestion et de l’attribution des galons aux officiers généraux et supérieurs des Forces de Police nationale. Un problème visiblement mal dégoupillé par le premier flic du Gabon. Sur celui-ci en effet, on a senti un flottement du ministre de l’Intérieur. Pour quelqu’un qui a géré l’administration du ministère des policiers pendant 21 ans et quatre mois, cela a paru surprenant. Il a fallu qu’une grogne sourde commence à …se faire entendre pour que le nouveau membre du Bureau politique du Parti démocratique gabonais (PDG) pour le département de la Mpassa se magne un peu. Rendant compte de cette situation, un confrère avait écrit :  »après des mois d’attente, le tableau d’avancement au sein des Forces de Police nationale (FPN) a finalement été affiché, et les promus (ont été) décorés par le ministre de l’Intérieur, ce 16 janvier ». Il avait ajouté :  »l’attente devenait insupportable, au point que certains avaient évoqué « un sérieux problème de management » imputable en premier au Commandant en chef des FPN, puis au ministre de l’Intérieur ».

L’avenue Léon-Mébiame donne le sentiment d’être dépassée par les événements…

Dans le même temps, l’insécurité revenait à grands pas, le grand banditisme reprenait de l’ampleur. Agressions, vols à main armée, bris de vitre de voiture en plein jour, tout y passe. A l’Avenue Léon-Mébiame, on donne l’impression d’être dépassé par les événements.  »La troupe n’obéit plus au chef, semble-t-il ». En revanche,  »il y a, selon un journaliste indépendant, un domaine dans lequel les forces de l’ordre ne lâchent rien : la répression des manifestations… pacifiques, la filature des personnalités politiques et l’interdiction de sortie du territoire de certains leaders de l’opposition. Mais en ce qui concerne la lutte contre le grand banditisme et contre l’insécurité grandissante, on en est à peu près au ras des pâquerettes. Il y a des failles, trop de failles, dans la mission de l’Etat de protéger les personnes et les biens. Pour beaucoup d’observateurs, quinze mois après son arrivée à la tête du ministère de l’Intérieur et de la Sécurité, Lambert Matha commence à montrer des signes d’essoufflement…

En tout cas, le ministre de l’Intérieur a indiqué que ses instructions et conseils à l’endroit des promus interviendraient quelques jours plus tard à l’occasion d’un prochain rassemblement général. Ce  »discours-programme » est très attendu.

Nelson Tchimbakala

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