Décès de Bifaye Nziengui : Quand une polyandrie vire au drame ?

Décès de Bifaye Nziengui : Quand une polyandrie vire au drame ?

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Le défunt Bifaye Nziengui

Vraisemblablement, Françoise Andeme, sociologue de formation à l’origine du drame, entretenait une double relation avec le conjoint officiel, Anatole Titus Bekale Obiang, opérateur pupitreur de formation, père de ses deux enfants. Mais aussi avec le défunt Bifaye Nziengui l’amant de l’ombre.

 Une situation qui vient hélas d’occasionner l’irréparable. A ce qui apparait, un tel drame était devenu quasi inévitable alors que le désordre ainsi entretenu par la polyandre avait atteint son paroxysme.

Des sources concordantes, Anatole Titus Bekale Obiang, le présumé meurtrier, vit avec Françoise Andeme depuis plusieurs années. Ils débutent leur relation chacun résidant chez soi, avant de décider de se mettre sous le même toit il y’a un peu plus de deux (2) ans. Une relation dont sont issues deux fillettes de 8 et 3 ans. Scolarisées, les gamines étaient déposées à la maternelle par leur père qui les reprenait à la sortie des classes. Bekale Obiang avait également la charge de la fille ainée de sa concubine issue d’une relation antérieure. Les deux tourtereaux ont fait leur connaissance alors que Françoise Andeme était encore étudiante. Son concubin débrouillard lui était d’un soutien déterminant pendant ses années d’études. N’ayant pas trouvé d’emploi correspondant à son profil, Anatole Titus Bekale Obiang est embauché comme agent de liaison à Tractafric. Il  cesse les activités au sein de cette structure à l’expiration de son contrat de travail, avant de se lancer dans la photographie. Les économies réalisées lui permettent de s’acheter un véhicule de marque Toyota Corolla Break de seconde main, qu’il exploite à usage de taxi. Ce qui lui permet de s’occuper de sa petite famille durant la scolarité de sa conjointe. Puis, Anatole revend son véhicule pour réinvestir dans une activité  lucrative, en plus d’un studio en planche de deux pièces, qu’il construit dans la concession familiale à Kango avec une partie de l’argent de la vente du véhicule.

Ce, jusqu’à ce que sa conjointe Françoise Andeme achève les études et trouve un emploi il y’a environs deux (2) ans. Des témoignages concordants, c’est à partir de cet instant que les brouilles commencent dans le couple. La femme ayant désormais acquise une situation de solvabilité change de comportement. Mais les revenus des deux apportent toutefois un mieux-être au couple et à leurs progénitures. Pour permettre à son conjoint de reprendre son activité de transport urbain, Françoise Andeme met à contribution une part importante de son rappel pour l’achat d’un véhicule de marque Toyota Carina 3. Titulaire d’un permis de catégorie CD, Titus Bekale Obiang renoue avec le transport. L’entretien du véhicule est assuré par l’utilisateur qui y met des moyens conséquents à cet effet. Puis, un (1) an après, le couple décide de revendre ce véhicule sur lequel ils ont investi et chacun empoche une partie d’argent. Anatole Titus Bekale va compléter sa part pour obtenir un montant lui permettant de s’acheter un autre véhicule d’occasion de marque Toyota Corolla Berline et poursuivre son activité, dans le souci de mieux s’occuper des charges du ménage. Sauf que, le climat dans la maison est quelque peu terni, puisque Françoise Andeme multiplie des sorties nocturnes prétextant qu’elle était très sollicitée à l’église. Les rappels au ressaisissement du conjoint ne changent rien au rythme des sorties de Françoise Andeme qui jouit désormais d’une indépendance financière. A pareille situation, Anatole Titus Bekale Obiang avait pris l’habitude de séjourner momentanément chez un frère, le temps du retour de l’accalmie. Période au cours de laquelle, il s’attelait toujours à ses devoirs conjugaux dans la maison qu’il occupe toujours avec sa conjointe et les enfants.

Les deux dernières années vont être particulièrement perturbées par ce nouveau mode de vie de Françoise,  justifié selon elle, par  son ‘’grand amour’’ pour les activités ecclésiastiques. Les veillées à n’en plus finiront pour conséquence les absences répétées, parfois pendant des jours. Absences pendant lesquelles, l’homme est contraint de muer en baby-sitter. Persuadé que l’insubordination de sa concubine proviendrait peut-être du fait qu’il n’avait pas encore fait un geste officiel à l’endroit de la famille de Françoise, Bekale Obiang décide, avec le concours de sa famille, d’organiser en février 2017, soit trois (3) mois jour pour jour, de faire les présentations (fiançailles). Etape de mariage qui précède la dote à proprement parler. L’intéressé et les siens sont reçus au domicile familial de la femme à Atong-Abè, dans le 2e arrondissement de Libreville. A cette occasion, comme chez les bantus, les pagnes, des liqueurs, des vivres frais, des produits champêtres et une somme d’argent sont fournis. La famille de l’homme en profite pour signifier à celle de la femme la projection de mariage entre leurs deux enfants pour la prochaine saison sèche.

Un geste plutôt salué par la famille de Françoise Andeme qui ne trouve pas d’objection. Un copieux repas est d’ailleurs servi à Bekale Obiang et sa famille. Les deux familles se séparent sur des dotes amicales emprunt de convivialité. Et, dit-on, depuis lors, la famille du présumer meurtrier multiplie des réunions pour honorer son engagement auprès de la famille de Françoise Andeme.

L’homme affiche de l’attachement à sa compagne, il garde espoir que les escapades nocturnes de cette dernière vont s’estomper. Il se confie chaque fois à sa famille qui l’invite à ne pas trop y accorder d’importance et considérer qu’il s’agit d’abord de la mère de ses enfants. Pour les parents en effet, il est peut-être question d’une situation passagère. Mais Anatole ne veut pas se laisser abattre par le comportement ‘’men-foutiste’’de sa concubine. Il décide à nouveau de se rendre pour quelques jours chez son frère.

Mais il passe régulièrement au domicile conjugal s’occuper, comme à son habitude, des charges quotidiennes. Il lui arrivait même pendant cette période sabbatique d’être obligé de passer la nuit avec les enfants abandonnés par leur mère.

Anatole Titus Bekale Obiang s’interroge sur l’attitude surprenante de sa compagne, des interrogations qui restent hélas sans réponse. Puis le jour du drame, pour l’anniversaire de l’une de deux enfants, Anatole Bekale Obiang se rend à leur domicile déposé de l’argent devant servir à l’achat du gâteau. Occasion également de s’assurer que sa compagne avait fini par accéder à l’invite au ressaisissement qu’il lui avait adressé. Une fois sur les lieux, le conjoint officiel est surpris par la présence dans la maison d’un homme en petite tenue, il s’agit d’un certain Bifaye Nziengui. Se rendant compte que c’est certainement l’homme à l’origine des troubles dans son ménage, Bekale Obiang perd la maitrise avant de commettre l’irréparable à l’aide d’un couteau ramassé dans sa cuisine. Tout en condamnant l’acte posé puisqu’il s’agit de mort d’homme, mais la question que l’on peut se poser est de savoir pourquoi Françoise Andeme a-t-elle préféré entretenir le flou autour de sa relation de l’ombre?

Et si l’intéressée avait voulu que l’homme découvre de lui-même, par le moyen des réseaux sociaux, qu’elle entretenait une double relation, pourquoi a-t-elle préalablement pris soin de bloquer l’accès au père de ses enfants sur sa page Facebook? Mieux, comment expliquer que la femme et sa famille aient accepté que la famille de Anatole Titus Bekale Obiang organise les présentations en février en vue de celer cette union avec Françoise Andeme, sachant qu’au mois de juillet de la même année, l’homme de l’ombre, le défunt Bifaye Nziengui envisageait avec la même Françoise Andeme de venir voir, pour la première fois, la même famille ? Ce drame n’aurait-il pas été évité si Françoise et sa famille s’étaient montrées honnêtes avec la famille d’Anatole Titus lors des présentations?

Bifaye Nziengui était-il également l’une des victimes du jeu de Andeme et sa famille ?

Autant de questions qui peuvent amener  à la conclusion selon laquelle Françoise Andeme et sa famille ne peuvent se soustraire de la responsabilité du décès.

 Serge Du Palvier

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