Accueil Société COSYGA : une confédération prise en otage !!!

COSYGA : une confédération prise en otage !!!

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Martin Alini; le président à vie de la Cosyga/(c)DR.

 Le vieux leader syndical,  pour le maintien au pouvoir ad vitam aeternam clan, ne sait plus où donner de  la tête, depuis que ses affidés l’ont menacé,  samedi 7 juillet 2018, à Batavéa dans le 4ème arrondissement de Libreville, pour céder son fauteuil officiellement par voie démocratique, en convoquant un congrès extraordinaire électif, et non discrètement comme il a tenté de  le faire avec un de ses protégés.

Le syndicat nourrit bien son homme. Du moins, son leader. C’est certainement pour cette raison que certains s’accrochent à la tête des structures syndicales. Mais encore faut-il maintes magouilles pour y arriver. C’est le cas de la Cosyga. Sentant ses intérêts menacés, Martin Allini, l’éternel Secrétaire général de la Cosyga et ses affidés ont  minutieusement concocté un joli plan  pour désigner contre la volonté du grand nombre, son successeur à la tête de la plus vieille centrale syndicale du Gabon. Selon des sources concordantes, une liste du nouveau Bureau exécutif avait déjà été préparée par le patriarche, pour être présentée uniquement  aux promus par le Secrétaire Général de la COSYGA, le samedi 7 juillet 2018, et par la suite, convoquer les autres membres absents pour leur imposer, contre leur gré, cet imbroglio juridico-syndical, tout en s’assurant dorénavant d’avoir eu  l’onction et la caution morale du Bureau International du Travail. Mais hélas ! C’était sans compter avec ténacité de certains. Car le pot-aux-roses  a été vite découvert par un des prétendants au trône, qui sentant les choses tourner en sa défaveur. Ce dernier a vite alerté les autres leaders syndicaux membres de la COSYGA mis à l’écart de ce complot. Et   au moment de l’exécution du putsch au siège social de la COSYGA, le vieux syndicaliste sera surpris de voir  la salle d’attente de son bureau inondée par  les responsables syndicaux qui n’avaient pas été conviés à cette messe basse. Il faut dire que d’entre eux  répondaient, depuis quelques mois, aux abonnés absents de ses réunions. Car, étant découragés par la léthargie dans laquelle se trouve leur centrale depuis quelques temps .

 Mais ses syndicats gazelle  ont quand même su peser de leur poids pour déjouer le coup de force électoral de Martin Allini, en lui demandant séance tenante le bien fondé de la réunion secrète du jour. Eberlué, le vieux lutteur,  pour se défendre, se tournera gêné vers un de ses complices, en faisant semblant de  lui demander,  pourquoi tout le monde n’avait pas été convoqué à cette réunion ? Où seuls six membres syndicaux complices auraient reçu des invitations contre la quarantaine présente dans la salle.

 Une mise en scène qui ne convaincra personne et se transformera en débats houleux entre les antis et pro-Allini. Au regard de la tournure prise par la polémique,  le collège des syndicats lésés par les méthodes Machiavéliques de Martin Allini,  désignera par acclamation  un porte-parole circonstanciel pour acculer le vieux syndicaliste  dont le poids de l’âge commence à avoir des effets néfastes sur le fonctionnement de la Cosyga. En effet, le Porte-parole de circonstance, issu d’un syndicat fantomatique qui a disparu des radars d’Allini depuis quelques temps, ira droit au but en demandant  à son interlocuteur de communiquer à l’assistance,   la date exacte du congrès électif du futur Secrétaire Général de la COSYGA. Après quelques moments d’atermoiement le fameux porte-parole,  proposera lui-même la date du 12 juillet 2018, pour la préparation du congrès suivi du Conseil National. Des propositions retenues par la majorité  des syndicalistes présents.

A la tête de la COSYGA depuis près de quarante ans, Martin Allini est accusé de ne pas vouloir céder son poste à quelqu’un d’autre depuis la fin de son mandat, il y a plusieurs années, au motif qu’il ne voudrait pas perdre les avantages y afférents. Entre autres : loyers de la COSYGA qui avoisinent 3 millions mensuellement ; le salaire de Secrétaire Général et la subvention annuelle destinée aux centrales syndicales sur le plan national et international, sans oublier les cotisations des membres. Autant d’avantages qui poussent le patriarche à s’accrocher coûte que coûte à son fauteuil, même si la COSYGA donne aujourd’hui l’impression aux yeux de l’opinion d’avoir cessé d’exister. La COSYGA se meurt, les rares syndiqués qui lui restent fidèles sont désemparés parce qu’ils ne reçoivent plus le mot d’ordre du leader surtout en cette période de crise économique avec son corollaire de mesures d’austérité. Seule la centrale Dynamique Unitaire de Jean Remy Yama, est visible sur le terrain avec les travailleurs. En revanche, depuis cinq ans, voire plus, La COSYGA n’organise, ni congrès, ni séminaire, ni conférence de presse, les cours de formation ouvrière sont devenus rares,  et ses hiérarques en dehors du Secrétaire Général, ne sont plus connus. On ne sait pas ce que la COSYGA pense de la situation politique, économique et sociale actuelle du pays, encore moins comment son dirigeant dessine les contours de son avenir. Si Martin Allini, actuel Secrétaire Général ne cède pas son fauteuil par voie démocratique, à Djoula Philippe, à TondaMikiela ou à Ngoma, candidats déjà déclarés au poste de Secrétariat Général, ou à son Adjoint, Wenceslas MbaNguema,  la COSYGA va inexorablement vers une mort certaine, quand bien même cette centrale a connu une période de gloire pendant le parti unique et au début des années 1990. Mais aujourd’hui, la COSYGA est devenue l’ombre d’elle-même à cause de l’obstination d’un dirigeant lessivé et sonné par le poids  l’âge qui ne refuse pas passer le témoin à une nouvelle génération.                                                                                                          N.O

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