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Corps national de volontariat : Le défi de transformer la jeunesse par le volontariat

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Les corps de volontaires ont démontré une véritable efficacité depuis la création de la Croix Rouge en 1884 par le Suisse Henry Dunant pour répondre aux besoins d’assistance humanitaire en temps de guerre. Ils ont prouvé que l’engagement des citoyens pouvait effectivement servir à la construction de la vie publique et a l’expression d’une solidarité sociale porteuse de valeurs.

 Le volontariat est de ce fait entré dans les mœurs. Tout le monde a souvenance des Peace Corps Américains ou encore des volontaires japonais. Mais la réalité est que ce n’est pas seulement au-delà des océans que cette formalisation structurante du volontariat prend forme et présence.

Au Burkina Faso depuis 2006, un corps national de volontaires a été mis en place par le gouvernement avec l’appui de quelques partenaires dont principalement le PNUD et le programme des Volontaires des Nations Unies. Près de 10 ans après, ce sont près de 27 000 volontaires qui ont été déployés sur l’ensemble du territoire, bien souvent dans les régions les plus reculées pour aider à prendre en main quelques enjeux sociaux comme la santé ou l’éducation. Et si à l’époque, l’Objectif du Millénaire pour le Développement numéro 2 sur l’éducation a connu des progrès significatifs au Burkina Faso, il ne serait pas exagéré de dire que le rôle du volontariat y a été déterminant.

Le Burkina Faso n’est pas une exception. Loin de là. Depuis 2001, Année internationale du volontariat déclaré par l’Assemblée générale des Nations Unies, qui recommandait aux Etats de faciliter la reconnaissance et la promotion du volontariat, plusieurs pays se sont attelés à mettre en place leur propre outil national de volontariat. Résultat des courses, le volontariat se révèle un excellent instrument d’engagement, notamment des jeunes qui y trouvent un moyen d’exprimer leur engagement et de construire une expérience pertinente qui pourrait être valorisé dans le monde du travail.

C’est exactement sous ce double aspect citoyen et professionnel que le gouvernement du Gabon a construit sa réflexion d’un corps national de volontaires. Fondé sur la charte africaine de la jeunesse et sur la politique nationale de la jeunesse au Gabon, le corps national de volontaires du Gabon est un véritable saut en avant. Pour le mettre en place, le gouvernement du Gabon a sollicité un certain nombre de partenaires dont le programme des Volontaires des Nations Unies, l’Organisation Internationale de la Francophonie, le PNUD et l’UNFPA. Le document de projet a été signé en mai 2016 en présence du Chef de l’Etat. Les premières activités commencent à se mettre en place, mais les premiers défis commencent aussi à se dégager. D’abord le défi législatif dans un contexte où aucune loi spécifique au volontariat n’existe. Le Ministère de la Jeunesse a pris les taureaux par les cornes et un processus devant aboutir à un cadre légal est en cours. Engagement et coordination sont indispensables pour s’assurer que le cadre légal de démarrage soit effectif et  dans un deuxième temps qu’un cadre légal solide soit mis sur pied. Le second défi est le nerf de la guerre : l’argent. Ici aussi, des solutions commencent à se pointer qui devraient être renforcées. Les partenaires apportent une contribution financière modeste mais effective. Là aussi, comme dans les pays ou ce genre de processus a fonctionné, il va falloir un engagement plus radical du gouvernement qui devra en faire une priorité pour sa jeunesse. Une voie dans laquelle semble s’engager les autorités du Ministère de la Jeunesse. En attendant, le programme VNU comme d’ailleurs les autres partenaires continuent d’apporter leur soutien et leur appui technique. L’Organisation Internationale de la Francophonie a par exemple mis à disposition un volontaire international de la Francophonie pour accompagner le projet. La CONFEJES facilite les voyages d’échanges auprès des pays ou des expériences similaires sont en cours et le programme VNU a permis aux différents partenaires de se rencontrer et d’adopter une feuille de route pour 2017. Il a aussi commencé à  accompagner le déroulement de cette feuille de route notamment en créant des opportunités d’échanges avec d’autres pays et en finançant un voyage d’études.

De toute évidence, le Gabon est parti pour une démonstration de succès vis-à-vis de sa jeunesse au travers de ce corps national de volontariat. Alors que le monde évolue et se transforme, proposer un cadre de volontariat est plus qu’un pas en avant : Il s’agit d’une véritable révolution transformationnelle.

Paul Armand Menye

Paul Armand Menye est Responsable du portefeuille de l’Afrique de l’Ouest et du Centre au siège du programme des Volontaires des Nations Unies. Il a participé à la rédaction du projet de mise en place d’un corps de volontaires au Gabon et a facilité dernièrement la rencontre des partenaires du projet à Libreville.

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