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Construction des infrastructures au Gabon: Les Architectes, le couteau sous la gorge

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Lors du dernier  conseil des ministres qui s’est tenu le jeudi  8 mars dernier, le gouvernement a décidé de modifier le décret n°01071/PRMTPC du 03 novembre 1976, portant réglementation de la profession d’architecte. Ce nouveau décret emmène désormais  les architectes à  répondre des dommages des travaux  qui seront sous leur contrôle. 

Le ministre des infrastructures, des travaux publics et de l’aménagement du territoire,  Jean Pierre Oyiba, vient de faire adopter en conseil des ministres un décret qui risque de susciter des grincements de dents. Si dans la forme,  ce projet de décret est le bien bienvenu, mais dans le fond,  il pourrait poser quelques problèmes avec les investisseurs. 

En effet, dans la forme, ce projet place  les architectes devant leurs responsabilités. Il pourrait également, permettre d’éviter les travaux fantaisistes qui sont réalisés dans l’ensemble du pays. Est -il besoin de rappeler que  rien que pour le secteur des routes, l’Etat dépense des milliards de fcf pour la réfection de ces pistes d’éléphants chaque année, en dépit des assurances  des entreprises sur la durabilité des  travaux.  

En outre, dans le fond, il y a le problème de la responsabilité gouvernementale.  » Petit  argent, petits travaux  » a t -on coutume d’entendre dans les milieux de la construction des infrastructures.  En d’autres termes, si  les travaux réalisés au Gabon  ne sont pas fiables, c’est aussi parce que  les moyens consentis pour leurs réalisations sont souvent insuffisants. C’est pourquoi, les entreprises sont contraintes de construire les infrastructures avec les maigres moyens mis à leur disposition. Malheureusement, avec ce nouveau projet de décret, l’architecte qui est chargé  de surveiller les travaux, va devoir payer le lourd tribut. Surtout quand on sait que l’argent destiné aux travaux connait un saucissonnage avant d’arriver dans les caisses des entreprises. 

Jean Pierre Oyiba, qui est bien au fait des réalités du secteur, n’est pas allé avec le dos la cuillère, pour acculer les architectes, en faisant adopter ce décret qui vient compléter les dispositions de l’article 41 du décret susvisé, en consacrant  » le principe  de la responsabilité de l’architecte  dans les dommages et vices résultants des travaux dont il a assuré la direction, la surveillance et la maitrise d’œuvre », a indiqué le communiqué final du conseil des ministres.

C’est donc, un nouveau décret qui vient mettre les architectes devant leurs responsabilités, et pendant 10 ans, à compter de la réception définitive de l’ouvrage , ces derniers devront être très regardant sur l’état des infrastructures dont ils auront la charge.  

Ce sont les maisons d’assurance qui pourraient gagner gros avec cette nouvelle disposition. 

ADN

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