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CESE : le feu couve

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Le bâtiment abritant les services du CESE/©DR.

La colère est montée d’un cran au Conseil économique social et environnemental où, le personnel, visiblement désabusé, a décidé de briser le silence. Exclu de la gestion de cette institution, la plus ancienne du pays, le personnel, qui enregistre 13 mois d’impayés de primes, a décidé d’entamer un mouvement de grève pour exprimer son ras-le-bol.

Crée en 1959, le Conseil économique social, aujourd’hui environnemental, est certes, la plus vieille institution du pays, mais ne joue convenablement pas son rôle. Celui, notamment, d’accompagner le gouvernement dans la mise en place des politiques sociales. Pourtant, ce ne sont pas les moyens qui ont manqué ou qui manquent pour le faire, mais le manque de volonté des dirigeants en est la principale cause.  Du coup, les populations ont du mal à reconnaître les véritables missions de cette institution

L’un des points qui fâchent, en ce moment au CESE, est celui des moyens financiers et des conditions de vie et de travail des agents grévistes. Ces derniers réclament 13 mois d’arriérés de primes. Malgré les appels et autres démarches introduits auprès de la hiérarchie. Rien n’a bougé ! Pourtant, à la demande du président Ndemezo’o Obiang, le syndicat des agents du Conseil économique social et environnemental avait été reçu par le vice-président et premier questeur pour définir ensemble la marche à tenir. Au bout du compte, tout n’a été que promesses. Seules les primes de la session de février ont été intégralement soldées. « Ils ont payé des sommes faramineuses à certains absents, alors que les présents n’ont reçu que des miettes », a déclaré, le Secrétaire général du syndicat, Noel  Robespierre Eva. .

Ce n’est pas tout. Il y a également le dossier sur les conditions de vie et de travail. Ces derniers ne comprennent pas que pour un budget de plus de 2 milliards de FCFA de fonctionnement, il est quasi difficile de trouver une rame de papier, encore mois de l’encre pour imprimer un document. Ils se plaignent également de la couverture sanitaire. Cet aspect important de la vie sociale du personnel a été supprimé, sans aucune autre forme de procès. Conséquence ; une des leurs vient de perdre la vie pour faute de moyens et de couverture sociale. Il y a aussi les problèmes liés au transport. Sur trois bus existant à l’arrivée de l’actuelle équipe, seul un répond à l’appel, les deux autres ont, tout simplement, disparu dans la nature.

Sans omettre la forme d’exclusion du personnel de l’institution en faveur de celui du cabinet. « Aucun agent du personnel de l‘administration du CESE n’est associé au fonctionnement de ladite institution. Nous sommes marginalisés et mis de côté comme des pestiférés », s’est lamenté le SG.

La preuve : dernièrement, le Gabon a abrité les Assises de l’Union des Conseils Economiques Sociaux et Environnementaux d’Afrique. Le personnel qui devait être utilisé pour la circonstance, a été tout simplement mis à l’écart, sans qu’une raison valable soit donnée. Le président préférant les organiser ailleurs. Une situation qui a provoqué des charges supplémentaires, alors que l’institution pouvait en faire l’économie.  « Quand le personnel réclame les primes, on parle de problèmes d’argent, alors qu’on le jette par les fenêtres en organisant les évènements hors de l’institution ». Une situation qui a occasionné des lapsus de la part du Président qui, lors de son discours de circonstance a indiqué à l’assistance que : « C’était la première fois que le Gabon abritait ces assises, alors que c’était la deuxième fois. La première étant sous l’ère Louis Gaston Mayila », a rigolé Noel Robespierre Eva.

C’est autant de problèmes qui ont emmené le personnel à déposer un préavis de grève qui prend fin dans quelques jours. Et si rien n’est fait, le personnel promet d’interrompre les deux sessions de l’année 2019 prochains. Ça promet !

 

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