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Centre médical de Kango : entre le dur labeur des personnels soignant et les attentes des populations

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Le bâtiment abritant les service du centre médial/©MEZ

Un ras-le-bol généralisé se dégage au sein des personnels de santé du Centre médical de Kango qui ne savent plus à quelle administration se vouer pour voir leurs conditions de vie et de travail améliorées. Avec un budget riquiqui de seulement 21 millions de francs CFA, difficile pour le médecin-chef, le docteur N’tchoréré André, et son équipe de travailler avec toute la sérénité nécessaire. « Cet argent permet tout juste de couvrir quelques charges et assurer les salaires de la main d’œuvre non permanente », explique le médecin.

Le semblant de petite cure de jouvence qu’a connu la structure médicale, est le fait d’une compagnie pétrolière port-gentillaise qui, souhaitant se déployer également à Kango, a repeint les murs et réfectionner certains bâtiments. Le travail au Centre médical de Kango, situé sur une colline qui donne une vue panoramique à couper le souffle, est loin d’être de tout repos. Les consultations sont quasi quotidiennes, causés par un taux élevé d’accidentés de la circulation dont la moyenne hebdomadaire varierait, selon les

Une vue du personnel/©MEZ

statistiques du centre de santé, de 4 à 5 cas par jour. « Pour tout vous dire, la ville de Kango enregistre le plus grand tôt d’accidents de la route », explique le médecin-chef. Conséquences : l’excès de vitesse, la conduite en état d’ivresse, le non-respect du code de la route et de la limitation de la vitesse quand on traverse les villages. De fait, la plupart des victimes sont des villageois souvent fauchés en traversant la route. Des gens à qui les personnels du centre médical ne peuvent donner que des soins de premiers secours, faute de médicaments.

La maternité fonctionne, elle aussi, avec les moyens de bord. Or, le taux d’accouchements annuel est passé de 150 cas à 250 cas, en moins de dix ans. Les mamans et leurs nouveaux nés ne reçoivent que le strict minimum en termes de soins conséquents. Le confort à la maternité se résume à des lits, des matelas. Bien des femmes accouchent sur la route qui mène au centre médical : « Les clandos refusent généralement de risquer leurs véhicules sur la route qui mène à l’hôpital. Du fait que, celle-ci est une pente difficile à gravir pour des voitures déjà considérablement amorties. Du coup, les femmes dont le travail est très avancé, accouchent sur la voie publique », raconte une jeune dame. Pas de moustiquaires imprégnées. Les parturientes apportent elles-mêmes leurs paires de draps. Parmi les infirmières accoucheuses, se trouverait une femme aucunement formée pour ce travail. Certaines salles sont squattées par des agents, sans logement. En termes de chirurgie, ce sont quelques points de suture que les nécessiteux reçoivent. Chaque malade s’occupe lui-même d’aller acheter ses médicaments à la pharmacie. En cas d’évacuation sur Libreville, c’est le patient et /ou ses proches qui se chargent de mettre du carburant dans l’un des ambulances amputées de leurs rétroviseurs.

Pour tenter de renflouer, un tant soit peu, les caisses du centre médical, les consultations, encore gratuites jusqu’à un passé récent, sont désormais facturées 500 francs CFA. Les accouchements sont désormais facturés 20 000 FCFA quand la parturiente arrive avec tous ses médicaments ; auquel cas, c’est 25 000 FCFA qu’il faut payer à la sortie. Les enfants admis en pédiatrie sont renvoyés chez eux, une fois leur perfusion terminée et après que leurs parents aient réglé la note qui s’élève à 2500 FCFA. Idem pour les personnes adultes venus se faire soigner après une crise de paludisme, de maux d’estomac ou de toute autre maladie. Ce qui suscite la colère des kangolais qui s’expliquent mal qu’on leur fasse payer l’incompétence des pouvoirs publics.

MEZ

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