Accueil Société Caistab : deux ‘’retraitables’’ sauvent leurs têtes

Caistab : deux ‘’retraitables’’ sauvent leurs têtes

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La subjectivité des nominations prononcées à la Caisse de Stabilisation et de Péréquation (CSP, plus  connue sous l’abréviation Caistab) est manifeste. En effet, alors que le Conseiller Pierre Gnambi a été poussé à la retraite, et que les Conseillers Laurent Skitt et Yves Obissa ont été remis à la disposition de leurs administrations d’origine, deux autres Conseillers, pourtant atteints par la limite d’âge dans ce pays qui dit  prôner la justice sociale et  l’égalité des chances, ont été maintenus dans leurs fonctions, à savoir Jean Engandji et Louis-Philippe Mvé Nkoghé…

La justice sociale et l’égalité des chances n’ont pas encore pris rendez-vous avec les us et coutumes de notre administration publique. A preuve, pourtant atteints par la limite d’âge comme leur collègue Pierre Gnambi, les Conseillers du directeur général de la Caistab que sont Jean Engandji et Louis-Philippe Mvé Nkoghé, ont été épargnés par ces mesures prises lors du Conseil des ministres du 23 février dernier !

Jean Engandji, 62 ans, est l’oncle d’Arnaud Engandji (donc, chez les Bantous, c’est son père), le directeur général de la Gabonese Oil Company (GOC, Société nationale des Hydrocarbures). Cet absentéiste notoire, ce collaborateur du directeur général, qui n’a que très  rarement été vu à son lieu de travail, a bénéficié de la grâce du Saint-Esprit. Il a été maintenu à son poste ! Dans la vie, le directeur général de la GOC et le directeur général de la Caistab, Ismaël Ondias Souna, qui est en même temps, le vice-président de l’AJEV, sont de grands amis. Ils ont  donc décidé que, même si Jean Engandji est  »retraitable »  et surtout même s’il ne vient pas  »au boulot », il reste à son poste. Absent du travail  »tous les jours (ouvrables) que Dieu fait », Jean Engandji sera toujours payé   »au trentième »…

Ces dirigeants d’un type nouveau aiment-ils leur pays ? Beaucoup dans l’opinion en doutent.

Pour ce qui concerne Louis-Philippe Mvé Nkoghé, maintenu lui aussi à son poste, il se susurre qu’il est lié à la famille d’un des responsables de l’AJEV. Ceci expliquerait donc cela. En fait, les jeunes (35-40 ans) qui dirigent les entreprises publiques aujourd’hui ont un esprit de  »m’enfoutisme » que n’avaient pas leurs grands aînés sous Omar Bongo, et jouissent allègrement de l’impunité ambiante. Ainsi, un directeur général d’entreprise publique peut  »piocher » à volonté dans les caisses d’une société d’Etat. Au mépris des textes relatifs à la mise à la retraite des agents publics, il peut maintenir et continuer à verser un salaire mensuel de 3 millions CFA à un retraitable, sans être présent à son lieu de travail, ils s’en foutent.

 Même pas gênés. Jamais embarrassés. Ils narguent les collaborateurs, ils n’ont que faire de l’opinion des autres compatriotes. Ils se savent à l’abri de mésaventures judiciaires. Leur parapluie est suffisamment grand pour les protéger d’éventuelles intempéries ! Leur soutien au cabinet du président de la République les absout de tout. Ils ne se rendent pas compte qu’ils font beaucoup de tort au pays.

Ils se savent à l’abri de mésaventures judiciaires, même si le procès Wada est  en train de révéler des malversations souterraines de fonds publics

En fait, ils ne semblent pas avoir le sentiment patriotique. Certaines fois, nous recevons des lettres à notre Rédaction dans lesquelles des compatriotes se demandent si ces jeunes aiment vraiment leur pays, le Gabon. Ils aiment certainement leur pays, mais à leur manière… Si nous avons un conseil à leur donner, c’est de leur demander amicalement de suivre les procès Mamba. un jour, un certain Demba est venu à la barre pour le procès de Blaise Wada, et il a vendu la mèche :  »oui, j’ai donné beaucoup d’argent à M. Wada. Pour m’avoir donné de gré à gré un marché de 2 milliards de francs, je lui ai reversé 260 millions de francs et je lui ai donné des matériaux de construction pour la construction de sa villa » (que les enquêteurs estiment à plus  de 200 millions de francs). Même s’il a précisé que ce n’étaient pas des rétro-commissions, Demba a décrit le  »système de captation » des ressources financières de l’Etat par les jeunes qui dirigent les administrations ou sociétés d’Etat.

L’opinion sait que ces responsables de sociétés d’Etat piochent sans sourciller dans les caisses de ces entreprises. Ils amassent indûment beaucoup pour se constituer des trésors. Ils sont devenus des spécialistes des passe-droits, rejettent toutes les dispositions réglementaires ou légales qui paraissent contraignantes à leurs yeux pour se servir à loisir. Le cas de Jean Engandji à la Caistab est patent : ce retraitable a été maintenu à son poste au mépris de la loi !

 

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