Accueil Société Bourse : les 254000 FCFA qui manquent l’appel 

Bourse : les 254000 FCFA qui manquent l’appel 

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Scène à UOB hier/©DR

Les étudiants sont en colère depuis hier à Libreville. Ces derniers s’insurgent contre la ponction  injustifiée de leurs bourses par l’Agence Nationale de Bourse du Gabon de 750.000FCFA à  554.000FCFA soit un retrait de 254.000FCFA.

Non contents du nouveau mode de paiement des bourses, les étudiants ont décidé unanimement, à l’issue de leur assemblée générale  de vendredi 07 juin 2019 dernier, de réclamer le reste du montant prélevé,  en érigeant des barricades sur la voie publique à Libreville. Mais un mouvement  stoppé quelques heures après  par les forces de l’ordre.

Avec une population estimée à 2,7 millions d’habitants en 2025, la problématique de l’éducation et de l’enseignement supérieur au Gabon devrait constituer un enjeu politique majeur.

En effet, il ne se passe une année sans que les cours ne soient perturbés à l’Université Omar Bongo pour des problèmes identiques, voire mineurs à l’instar de celui du paiement des bourses qui a fait monter l’adrénaline aux étudiants ces derniers temps à Libreville.

L’Université Omar Bongo, se décline aujourd’hui comme un temple de « violences » par l’entremise d’une gestion scabreuse et calamiteuse qui discrimine, expulse, laisse sur le carreau la jeunesse, à la lisière de l’humanité. Cette jeunesse, qui au gré des intérêts, est sacrée ou sacrifiée sur l’autel des postures.

 En avril 2019 dernier, étudiants et lycéens manifestaient contre les nouveaux critères d’attribution des bourses dans l’enseignement général préconisés par le gouvernement. Finalement, devant l’ampleur du mécontentement, la réforme a été suspendue.

L’actuel ministre de l’Enseignement Supérieur, Jean De Dieu Moukagni Iwangou, est Président d’un parti politique dont la dénomination est ‘’Union et Solidarité’’, un parti qui se réclame de la grande famille socialiste, donc d’une école non discriminante. Paradoxe ! 

La bourse a toujours été perçue comme un acte de solidarité au Gabon, notamment pour soulager les parents à faibles revenus. En effet, les charges liées aux besoins primaires augmentent chez les adolescents et les moyens des parents ne sont pas suffisants pour y faire face. Or, l’avenir du Gabon repose sur sa jeunesse.

Selon un organisme spécialisé international  de l’enseignement supérieur, le Gabon est absent des cinquante meilleurs établissements du classement des universités africaines.

En 2016 par exemple, sur 1520 universités, le Gabon occupe le 897ème rang. Ces classements sont établis selon une série de critères, notamment la quantité et la qualité des publications ou encore la présence sur les moteurs de recherches, les grèves à répétition comme c’est le cas actuellement à l’UOB, et les soutenances qui n’ont jamais lieu au moment opportun, les enseignants dirigent sur une année plus d’une cinquantaine de mémoires  souvent pour des raisons pécuniaires qu’académiques. Or, l’enseignement supérieur au Gabon au  presqu’au rabais,  devrait être excellent et attractif.

La bourse universitaire au Gabon est de 84.000FCFA mensuel.

Selon le gouvernement gabonais, les bourses universitaires coûtent 57 milliards de FCFA par an à  l’Etat. Le Gabon subit une crise économique depuis la chute du prix du baril de pétrole en 2014. Si le cours de l’or noir est depuis remonté, il n’a toutefois pas retrouvé son niveau d’avant crise. Un plan d’aide financière du Fonds Monétaire International a été accordé en 2017 au Gabon en échange d’une diminution des dépenses publiques.

Rufin Martial Oke

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