Accueil Société Attribution des titres de transport aux boursiers gabonais : Quand l’ANBG étale ses limites 

Attribution des titres de transport aux boursiers gabonais : Quand l’ANBG étale ses limites 

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Image d'illustration/ ©DR

Les étudiants gabonais ayant bénéficié d’une attribution de bourse par l’ANBG, attendent indéfiniment de rallier les pays d’accueil, faute des titres de transports. Contraignant ainsi, les parents à s’en occuper.

L’Agence nationale des bourses du Gabon (ANBG) présente, à l’occasion de la rentrée académique 2019-2020, les signes d’un service public essoufflé et manifestement en difficulté. Du moins, c’est le sentiment qui se dégage, plusieurs semaines après que de nombreux étudiants censés être pris en charge par l’Etat gabonais pour leur scolarité dans les universités et grandes écoles de l’extérieur, soient toujours, contre toute attente, bloquée à Libreville, par manque de titres de transport.

A Oloumi, siège de l’ANBG, aucune explication n’est donnée aux parents et apprenants sur les causes de ce retard. Pour de nombreux parents, c’est le désarroi et la désolation. Une dame, rencontrée sur place à l’ANBG mardi dernier, n’a pas caché son sentiment, à l’égard de l’administration des bourses : « Finalement que se passe-t-il dans cette administration ? Depuis que j’ai communiqué la date de départ de mon fils qui va poursuivre ses études au Maroc, il y’à bientôt deux semaines, on me fait tourner en rond et personne ici ne veut donner la moindre explication sur le retard constaté. C’est un préjudice pour nos enfants qui n’auront pas la possibilité de débuter les cours dans les délais requis. Ici à l’ANBG, les parents que nous sommes, passons pour des enfants, nous sommes traités comme nos enfants, étudiants». Et de s’interroger: « Jusqu’à quand nos enfants devront-ils encore attendre pour commencer l’école » ?

De sources concordantes, après l’attribution des bourses, par la commission de l’ANBG, il avait été demandé aux parents des étudiants devant se rendre à l’étranger pour la suite de leur scolarité, de communiquer au service-voyage les dates de départ de leurs progénitures. C’est chose faite depuis des semaines. Seulement voilà, ces   étudiants n’ont toujours pas rejoint leurs universités et écoles d’accueil. Conséquence : plusieurs écoles ont débuté les cours sans les étudiants gabonais. Un retard préjudiciable pour ces derniers. Question : le gouvernement gabonais, via l’ANBG, n’est-il plus en capacité d’assurer la formation des jeunes gabonais ?

Cette question vaut son pesant d’or. Car, s’il est vrai qu’un nécessaire toilettage s’impose au niveau de l’Université Omar Bongo, où il est signalé des pratiques condamnables de certains étudiants, ce qui n’est pas le cas de ceux devant poursuivre leurs études à l’étranger. Il apparait impérieux, pour les pouvoirs publics, de s’atteler aux commodités de départ de ces derniers, dans les délais raisonnables. Ce, pour leur permettre de disposer du même niveau d’enseignement que les étudiants des mêmes universités venus d’autres horizons. Est-ce véritablement un problème de moyens qui se poserait à l’ANBG ? Pas si sûr.

 Il n’est plus un secret pour personne, ces derniers temps, que le gouvernement Julien Nkoghe Bekale se félicite d’une embellie financière appréciable qui devrait contribuer à mettre le Gabon à l’abri des difficultés de tout ordre. Ne pas être capable aujourd’hui de permettre aux étudiants gabonais qui manifestent la volonté de poursuivre leurs études, amènerait à croire que le gouvernement a ses priorités que même les priorités elles-mêmes ignorent. On peut également y lire le peu d’intérêt accordé à la formation de l’élite du pays de demain, voire un frein total de l’esprit d’égalité des chances, pourtant prônée par le pouvoir.

Aujourd’hui, à cause de l’incapacité de l’ANBG à permettre aux étudiants ayant obtenu des bourses d’études à se rendre à l’étranger, certains parents qui le peuvent encore, sont contraints de se lancer dans les prêts par intérêts, pour permettre à leur enfants, de rallier leurs écoles à l’extérieur du Gabon.

Triste réalité dans un pays comme le Gabon, où les tournées politiques passent avant tout.

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