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Agence Nationale des Bourses du Gabon: Les étudiantes dénoncent le harcèlement sexuel

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  En contrepartie de la délivrance de la « fiche jaune » qui donne droit au virement de la bourse à l’étudiant, les interlocuteurs du service compétent exigeraient des jeunes étudiantes de passer par le canapé. Il faut à ces victimes innocentes payer en nature, avant d’être servies…

 Le sujet du harcèlement sexuel au niveau de l’agence nationale des bourses et dont les victimes sont les étudiantes alimente l’essentiel des conversations à l’Université Omar Bongo (UOB). Au point de susciter l’indignation de la communauté estudiantine informée de ce type de pratiques déviantes et condamnables.

 Il nous revient que depuis quelques semaines, l’agence nationale des bourses du Gabon procède à la régularisation de la situation des bourses des étudiants gabonais. Cette régularisation passe par la délivrance d’un document attestant de la légitimité de l’étudiant ou de l’étudiante à bénéficier d’une bourse de l’Etat. Communément appelée « fiche jaune », le fameux document dont il faut préalablement se procurer est celui qui donne droit au virement de la bourse dans le compte bancaire. Puisque ce n’est qu’après obtention dudit document que l’étudiant peut envisager l’ouverture de son compte auprès d’un établissement bancaire.

 Si les anciens étudiants sont plus ou moins outillés sur les mobiles de délivrance de la fiche jaune de tous les dangers devenue, ce n’est nullement le cas pour de nombreux autres nouveaux bacheliers. C’est cette catégorie d’étudiant qui soufflerait le chaud et froid une fois dans les bureaux feutrés de leurs interlocuteurs des services des bourses du Gabon. Les victimes patentées sont surtout les filles, ces dernières seraient âprement sollicitées par certains de ces responsables qui, par les positions qu’ils occupent au sein de l’agence, pensent avoir un droit incessible de cuissage sur de jeunes usagers innocentes qui ne demandent que de rentrer dans leurs droits.

 Est-il besoin de rappeler qu’elles ont usé le fond de leurs culottes pour être admises à l’université, et que c’est cet effort qui leur est récompensé par l’Etat qui, au travers de la bourse, leur apporte le soutien nécessaire à la poursuite de leurs études supérieures ? Des sources concordantes, depuis que cette opération de délivrance des fiches a démarrée, nombreux étudiantes ne sont toujours pas rentrées en possession de leur document, donc toujours privées de leurs bourses.

 L’une d’elles a bienvoulue se prêté à nos questions, non sans rester dans l’anonymat, au risque d’essuyer les représailles des bureaucrates à la libido achetée qui grouillent dans les services de l’agence nationale des bourses. « Depuis que je fais des vas-et-viens à l’agence pour ma fiche jaune, on me demande toujours d’attendre alors que mon nom figure bien sur la liste des étudiants bénéficiaires », avance cette étudiante visiblement désemparée. Et de s’interroger : « que faut-il que je fasse, il faut peut-être que j’accepte de me livrer à ce monsieur là qui ne cesse de me demander de sortir avec lui pour qu’il me sorte ma fiche ? Beaucoup de mes collègues touchent déjà leur argent, ils ont déjà ouvert leurs comptes. Or moi, je continue de faire face à certains petits besoins de femme faute de moyens. J’ai besoin de disposer du minimum pour ne pas être obligée de faire la courte échelle ». Saisissant, peut-on dire de ce témoignage plutôt poignant. La situation que vit cette étudiante en provenance de l’intérieur du pays, comme bien d’autres qui ont certainement préférée subir le dicta des agents des bourses, mérite que les pouvoirs publics s’y intéressent.

 A noter que cette étudiante désormais vulnérable, s’est installée chez des parents qui  lui offre uniquement le toit et la restauration. Quant au reste, l’infortunée doit apprendre à voler de ses propres ailes. Elle est majeure et peut se débrouiller comme une femme, doit certainement penser sa parentèle un peu démissionnaire par les bords.

Face    donc au dilemme que lui oppose ce cadre de l’agence des bourses, la gamine est tentée de se jeter dans la gueule du lion pour espérer enfin rentrer de son droit. Triste !

 Autrement dit, face à ce qui précède, l’on peut aisément imaginer de nombreuses autres étudiantes faisant face à la même réalité, mais qui ont certainement opté de demeurer dans un mutisme préjudiciable. Ou qu’elles ont préféré se jeter dans les bras de leur interlocuteur de l’agence des bourses qui ne fait plus mystère de son enthousiasme sexuel à l’égard de ses victimes pleines de douceur. Le dandy veut toutes les sauter en contrepartie de la délivrance de la fiche jeune qui confère une certaine autonomie financière à ces jeunes apprenantes. Comme si ce document officiel relevait de la propriété privée de cet individu mal intentionné.

Comme quoi, il y’a encore dans l’administration publique, des compatriotes qui peinent toujours à se défaire de leurs logiciels d’antan qui ont, des décennies durant, gravement terni la qualité du service public offert aux usagers au Gabon. Voici une situation qui interpelle la tutelle ministérielle.

 

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