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Administration :Le cumul des fonctions et des salaires revient en force

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Le cumul des fonctions est une règle d’or de la vie politique gabonaise. Il y a une quinzaine d’années, des personnalités politiques cumulaient postes de ministres ou de députés et présidents de Conseils d’administration (PCA) d’entreprises parapubliques. Il y a une huitaine d’années, sous le pouvoir qui dit prôner l’égalité des chances, on voyait des collaborateurs du chef de l’Etat cumuler deux, trois, quatre fonctions, tout en accumulant divers avantages. Cette pratique décriée avait presque disparu fin-2015 début-2016. Pacôme Moubelet Boubéya, déjà ministre, se voyait par exemple déchargé de son poste de directeur de cabinet du président du PDG et de Coordonnateur du Bureau du PSGE, tout comme on retirait à Etienne Massard Kabinda, alors Secrétaire général de la présidence de la République, le poste de président de la Commission technique de l’Agence nationale des Bourses du Gabon. Mais cette pratique tend à réapparaître.

Le cumul des fonctions et des salaires est de retour. Toutefois, si certaines fonctions cumulées amènent un cumul de salaires, d’avantages et d’indemnités bien sentis, d’autres se font sous le sceau du  »bénévolat ». C’est le cas de l’ancien Secrétaire général de la présidence de la République, Guy Rossatanga Rignault, qui cumulait cette fonction avec celle de président du Conseil national de la mer, sans que cet avantage accordé au chef de l’administration présidentielle ne donne à celui-ci un salaire supplémentaire. Il ne bénéficiait que de billets d’avion et de frais de mission. Cela est aussi le cas de Brice-Laurent Laccruche Alihanga tout à la fois directeur de cabinet du chef de l’Etat et directeur de cabinet du président du Parti démocratique gabonais. Si la première fonction est rémunérée, la seconde, par contre, serait   »bénévole », indiquent plusieurs sources qui avancent cependant que le directeur de cabinet et celui qui était encore, il n’y a pas longtemps, Secrétaire général de la présidence de la République sont par contre rémunérés lorsque, comme c’est le cas, ils représentent la présidence de la République, comme administrateurs dans des entreprises publiques ou dans des sociétés privées à participation publique, tel que Total Gabon, BGFI et Comilog par exemple. Le ministre de la Fonction publique, qui est aussi président du Conseil d’administration de l’Ecole nationale d’administration (ENA), et le ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, qui est en même temps PCA des universités publiques, eux, ne perçoivent pas d’avantages particuliers.

En revanche, selon diverses sources, ce n’est pas le cas pour plusieurs autres cas. Serge Thierry Mikoto par exemple est un as du cumul des fonctions et des salaires (faussement appelés indemnités). Le directeur général du Fonds gabonais d’investissements stratégiques (FGIS) qui occupe également le poste de président du Conseil d’administration de la Société nationale des Hydrocarbures (Gabon Oil Company, GOC/SNH) perçoit des émoluments sur ces deux fonctions. Ce qui en fait un des agents publics les mieux payés et les mieux servis en terme d’avantages liés à ces deux charges. Il est par ailleurs membres du conseil d’administration de diverses entreprises.

Fonctions, salaires, indemnités et avantages cumulés

Parmi les autres cumulards fonctions et salaires, se trouve Liban Soleman. Le Coordonnateur général du Plan stratégique Gabon Emergent (PSGE) est aussi le président du Conseil d’administration de l’Agence nationale de Promotion des Investissements (ANPI-Gabon). Il dispose, à ce titre, de divers avantages financiers et matériels. Serge Thierry Mikoto et Liban Soleman ne sont pas les seuls hélas ! D’autres cumulards jouissent de salaires surmultipliés. Et la pratique va revenir en force…

En effet, la prochaine étape arrive. Sous l’instigation de l’un des chefs de file de l’opposition modérée aux assises d’Angondjé, le dialogue politique a prévu le cumul des fonctions sans cumul de salaires. Il est pratiquement sûr que l’on va voir resurgir des fonctions telle que député-maire, sénateur-maire, député-président de conseil départemental… L’intention affichée est de placer des communes et départements sous la coupe d’une même personnalité, mais nombreux sont ceux qui doutent de la  »bien-pensance » de cette idée. Ce texte controversé, véritable ode à l’accumulation, doit encore être approuvé par l’Assemblée nationale. Les élus nationaux ont encore le temps de l’arrêter !

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